Denis Balbir : “Aujourd’hui, qui va parler de Bordeaux, à part les supporters bordelais ? Personne. Bordeaux est rentré dans le rang”

(Photo Icon Sport)

Denis Balbir, à la question de savoir si les Girondins de Bordeaux restaient un grand club français, a répondu par la négation, tout en argumentant son avis.

“Non, ça ne reste pas un grand club français, parce que justement les choses se sont précipitées dans le mauvais sens, le club a été vendu et il y a eu des mauvais choix. Il y a eu une répétition d’erreurs, que ce soit avec les supporters ou au niveau sportif. Il y a eu des tentatives qui n’ont pas pris, des recrutements curieux, des choix bizarres. Il y a tout qui a été fait comme il ne fallait pas. Il reste quand même au club des fidèles, comme Eric Bédouet qui est toujours présent et il est important d’avoir toujours quelqu’un comme ça au club. Il a quelques fois joué les pompiers de service et fait ce qu’il pouvait. Mais quand on parle du championnat de France de Ligue 1 aujourd’hui, qui va parler de Bordeaux, à part les supporters bordelais ? Personne. Cette semaine, oui, puisque Hatem Ben Arfa a signé. C’est juste une réalité, ce n’est pas méchant ce que je dis. Aujourd’hui, quand on regarde le championnat, on dit que Rennes, c’est le futur Lyon parce qu’ils font un recrutement fou et que c’est un club structuré. On regarde ce qui se passe à Lyon, on dit que Marseille c’est toujours pareil, on dit que Paris va être champion, on dit Lille c’est super, on dit Monaco va revenir… Mais personne ne parle de Bordeaux. On sait tous que Bordeaux est rentré dans le rang et l’arrivée du nouvel entraîneur peut faire que sur le moyen terme, le club retrouve des couleurs et petit à petit, par paliers, retrouve des sensations avec ses supporters à ses côtés. Cette guerre qu’il y a entre la direction et les supporters qui empêche les supporters de s’exprimer dans les stades, qui empêche les joueurs d’être soutenus, ça fait beaucoup de choses qui sont pénibles pour tout le monde. On ne peut pas dire qu’aujourd’hui, Bordeaux est un grand club de la Ligue 1. Bordeaux est un club moyen et il faut justement que l’équipe en place fasse en sorte que Bordeaux redevienne un club dont on parle. Il faut qu’ils aient de l’ambition, qu’ils recrutent bien. Pour moi, pour qu’un club réussisse, il faut que chacun ait une place donnée et que chacun trouve sa place. Je pense que le problème fondamental des investisseurs étrangers, c’est qu’ils ne se renseignent pas, même s’il y a des anciens cadres, comme Alain Roche, Eric Bedouet, Jean-Louis Gasset. Il faut qu’ils lisent et s’imprègnent de l’histoire des clubs avant de se dire d’aller acheter Paulo Sousa ou tel joueur. Ce n’est pas du bricolage, c’est une vraie construction. On voit un club qui a perduré pendant 24 ans consécutivement en Coupe d’Europe, c’est Lyon. C’est énorme. Alors, on aime ou n’aime pas le président Aulas, il a toujours défendu et aimé son club. C’est forcément un exemple quelque part et cet exemple, il faudrait que les investisseurs étrangers l’intègrent. Il faut qu’ils se disent qu’il y a un club, une région, un nouveau stade que l’on aime ou pas, mais il est là. Il y a des choses à faire. Le Haillan est un formidable outil de travail comme cela peut exister à Lille, Saint-Etienne, Lyon… Il faut attirer des joueurs pour sa région, pour ses outils de travail et son ambition. On ne peut pas faire fi de l’attachement des supporters au club et dire que l’on va arriver avec nos millions, et changer le maillot bleu avec le scapulaire. En quoi c’est une priorité de faire ça ? A part se mettre les supporters à dos… La priorité est de revenir au premier plan et ce n’est pas en changeant de maillot que l’on revient au premier plan”.

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