René Girard : “Ce qui ressortait c’est que ceux qui me regardaient en culottes courtes, n’osaient pas me toucher de peur que je les morde”

Sur GirondinsAnalyse, René Girard est revenu sur sa réputation en tant que joueur, cette dureté et âpreté sur les terrains de première division, lorsqu’il jouait à Nîmes ou aux Girondins de Bordeaux.

« Je n’avais pas de mérite, jouer à côté de Gigi, Jeannot… On avait un milieu de terrain de rêve. Ça va peut-être paraitre prétentieux, mais un jour Aimé a dit une phrase qui m’a vraiment touché profondément. ‘C’est quand il n’est pas là qu’on s’aperçoit combien il nous manque’. C’est une chose qui m’a beaucoup touché, qui résumait un peu la vision d’un technicien. Mais c’est vrai que souvent l’étiquette qu’on m’a collée au départ était celle d’un joueur engagé, dur, méchant, j’ai même entendu casseur de jambes alors que je ne sais pas ce que c’est… C’est assez rigolo. Ce qui ressortait c’est que ceux qui me regardaient en culottes courtes, n’osaient pas me toucher de peur que je les morde. Je leur disais qu’ils ne risquaient rien (rires) ».

Est-ce que cette réputation l’a suivi en tant qu’entraineur ensuite ? L’ancien bordelais répond à la question.

« Il faut vivre avec les gens pour bien les connaitre, ne pas rester sur du superflu. Je crois que je suis rigoureux, j’aime bien le travail bien fait. Je suis exigeant aussi. On fait un métier qui demande beaucoup d’exigence et de rigueur. Quand on a la chance d’avoir une équipe avec pas mal de jeunes à l’intérieur, c’est très intéressant de transmettre et d’apprendre le métier comme il se doit. Je pense que ce sont quand même des choses qui vous suivent, surtout en France où on colle une étiquette, qu’on garde jusqu’au bout. Mais ça ne m’a jamais trop gêné, au contraire, ça me motivait et me donnait encore plus envie de montrer aux gens que bon, il n’y a pas que ça… »

Retranscription Girondins4Ever