Ludovic Obraniak : “Le club est invendable. Si demain ils doivent couler le club pour rentrer dans leurs frais, ils le feront…”

Ludovic Obraniak, sur GirondinsAnalyse, a été interrogé un éventuel futur repreneur des Girondins de Bordeaux à l’avenir. Devra t-il obligatoirement être un actionnaire français ? Toujours est-il dans que dans l’état actuel des choses, le FCGB ne représente pas grand-chose pour l’actuel propriétaire, King Street..

« Pas forcément. On ne peut pas dire que tous les Présidents de clubs qui ont réussi, c’étaient des mecs de la ville ou du cru à la base, sinon ça devient trop compliqué. Mais il faut déjà que ce soit des gens qui aiment le foot. Il faut que ce soit des passionnés, et pas des gens qui espèrent gagner de l’argent… Surtout dans le contexte actuel. Aujourd’hui, celui qui viendra, il va falloir qu’il perde un peu d’argent pour en gagner par la suite. Ça me parait compliqué aujourd’hui, parce que King Street ne te fera pas de cadeau… Là, le club est invendable. Ce qui peut se passer, le jour où ça n’ira plus, c’est que King Street joue son va-tout. Il faut bien comprendre que les Girondins de Bordeaux, c’est une goutte d’eau dans l’océan pour eux. Les fonds d’investissement ne se prennent pas la tête avec des trucs qui ne marchent pas et qui leur font mauvaise presse. Là, peut-être qu’ils ont remis un peu d’argent, et je ne pensais jamais qu’ils allaient le faire, mais là, avec le Covid, les prêts, plus ceci, cela… Ça va être à pertes pendant un moment. Si je suis repreneur, jamais je ne reprends au prix demandé. Ce qui me chagrine et qui m’inquiète, c’est que ces gens-là n’en ont rien à faire des supporters, des joueurs, de la ville… Si demain ils doivent couler le club pour rentrer dans leurs frais, ils le feront. C’est aussi simple que ça […] Si on peut s’imaginer être rétrogradé ? C’est arrivé à d’autres. Si tu arrives en cessation de paiement, s’ils ne remettent pas au capital, ça peut se passer. Ils ne vont pas s’emmerder la vie… S’ils veulent sortir, ils sortent. Je suis un peu dans l’après foot, et je peux vous dire que les fonds d’investissement ne se prennent pas la tête dix ans… On prend, on regarde, on peut prendre un peu de sous, non on ne peut pas, ça nous pose plus de problèmes que ça nous rapporte… Tout le monde en France sait aujourd’hui qui est King Street, et à cause des Girondins, ce n’est pas forcément positif… Donc ça leur rapporte une mauvaise image […] Pour King Street, les Girondins de Bordeaux, c’est rien. Ils ont d’autres trucs à gérer… Ils ont nommé Longuépée pour le faire, et je ne suis pas sûr qu’ils regardent la situation de très près. Je ne crois pas que toutes les semaines ils soient là pour savoir si ça se passe bien aux Girondins… ».

Retranscription Girondins4Ever