Luc Dayan : “Il suffit pour Bordeaux que King Street arrête, là ils sont mal…”

Luc Dayan, ancien président du RC Lens et du FC Nantes, mais surtout spécialiste en restructuration de clubs professionnels, a fait part de son inquiétude sur le sort de nombreux clubs de Ligue 1, comme les Girondins de Bordeaux.

« A priori, Marseille, Paris et Monaco, les actionnaires ont la trésorerie pour continuer à payer les fins de mois, à ne pas être en situation de dépôt de bilan. Lyon n’est pas en danger parce que l’actionnariat est solide, mais il n’empêche qu’ils ont fait deux PGE de 100M€, c’est beaucoup… Tu as des clubs qui sont endettés, et qui sont encore plus en déficit, qui déjà avaient des modèles déficitaires hors ventes de joueurs, c’est ce qu’il ne faut pas oublier. Quand tu vois les comptes publiés par la DNCG, tu vois la part que représentent les ventes de joueurs sur les recettes, c’est important […] Lille, ils viennent d’être repris, c’est un fonds solide. A priori ils ont mis 50M€ de cash […] Oui, je crains des faillites pour certains clubs d’ici la fin de la saison. En plus, il y en a beaucoup qui ont pris des PGE en prenant comme base 25% de leur chiffre d’affaires de l’année précédente, donc qui font augmenter leur endettement. Ils sont endettés à la fois vis-à-vis de leurs actionnaires qui ont mis du compte courant, de la tréso, mais aussi qui n’ont pas fait les ventes de joueurs qu’ils avaient imaginés, et qui ne les feront pas… Là, honnêtement, on peut critiquer les dirigeants pour un certain nombre de raisons, notamment de gestion collective du bien commun, mais c’est admirable pour certains de continuer à mettre du cash en ne sachant pas où ça va. Il suffit pour Bordeaux que King Street arrête, là ils sont mal… Comme c’était le cas au PSG quand le patron de Bazin a dit ‘on arrête’. A partir du moment où ceux qui sont concernés, les collectivités, les joueurs, les médias environnants, quelque chefs d’entreprises locaux, ont envie que leur club ne meurt pas, effectivement tu peux envisager de transformer les SASP en sociétés coopératives. Il faut que les mecs mettent la main un peu au portefeuille pour reconstituer des fonds propres, mais il faut regarder club par club. Si à un moment donné les actionnaires actuels ne peuvent plus, parce que c’est possible qu’ils ne peuvent plus… ».

RMC

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