Jean-Jacques Gresser : “GACP a détruit en partie la formation des Girondins en incorporant des éducateurs pour lesquels je n’emploierai pas de qualificatif par respect pour l’être humain”

Dans un long entretien accordé à MadeInFoot/Ouest-France, Jean-Jacques Gresser, l’ex-préparateur physique historique du centre de formation des Girondins de Bordeaux, s’est remémoré le passage de GACP.

“Il y a deux choses que je déteste entendre dire. Premièrement, au niveau du recrutement, même si je n’ai pas les statistiques, je sais qu’un gros pourcentage de joueurs est issu de la région. J’en parle souvent avec Patrick Battiston et Yannick Stopyra, respectivement directeur du centre et directeur du recrutement. Deuxièmement, il est vrai que certaines personnes aigries, jalouses ou qui voulaient prendre les places ont beaucoup dit que ça ne travaillait pas assez à la formation. Je peux vous dire qu’avec des garçons comme Philippe Lucas, Jean-Luc Dogon ou Patrick Battiston, ça a toujours beaucoup travaillé à la formation. Quand je vois la planification qu’on avait, ça ne plaisantait pas. Je me suis par exemple longtemps battu pour qu’à Bordeaux, chaque joueur ait son cardio-fréquencemètre, ce que je suis arrivé à obtenir. Il y a très longtemps qu’on étudie les courses. Je fais des tests depuis 1994 avec les joueurs. On a évolué avec le temps. Toutefois, GACP a détruit en partie la formation des Girondins en incorporant des éducateurs pour lesquels je n’emploierai pas de qualificatif par respect pour l’être humain. Je dirai simplement qu’ils n’avaient aucune compétence en termes de football ni aucune éthique par rapport aux Girondins de Bordeaux. Ils ont eu de la chance que le Covid arrive. Sinon, la réserve et les U19 étaient rétrogradés et redescendaient au niveau régional. Ils ont aussi fait venir des joueurs tous azimuts dans l’objectif de faire du trading. Là non plus, ça n’a pas marché. Quand on parle de compétences d’entraîneur, on parle aussi d’une connaissance de l’activité, des exigences du haut niveau, des joueurs. On ne récupère pas comme ça des joueurs à l’aveuglette. Ça demande des critères chez le joueur et chez les gens qui recrutent. Aujourd’hui, tranquillement, l’académie est en train d’être reconstruite. Personnellement, même si j’ai officiellement quitté le club, je donne parfois un petit coup de main. Pour ce qui est des professionnels, on ne s’en occupe pas mais la reconstruction est plus difficile”.