Vincent Chaudel : “C’est une activité qui est, par essence, non prévisible, et qui dépend du marché. Il y a un aléa”

Dans Sport en France, Vincent Chaudel, président de l’Observatoire du Sport Business, s’est exprimé sur le sujet du trading, prenant le cas des Girondins de Bordeaux mais surtout de Gérard Lopez.

« Normalement, le modèle économique d’un club, c’est les revenus le jour du match (billetterie), le commercial, et les droits TV. Nous, en France, on a depuis très longtemps – et on peut se rappeler l’AJ Auxerre de Guy Roux – un autre pilier qui est le mercato, le trading de joueurs. On était peut-être moins performants sur les trois autres piliers, mais on a toujours été très performants sur celui-là, parce qu’il y a un vrai savoir-faire de formation. Quand on pense aux Girondins de Bordeaux et des tracas qui leur arrivent, le modèle de Gérard Lopez était basé là-dessus. Si on prend le cas du LOSC de Gérard Lopez, c’était un club qui était structurellement en déficit, qui dépensait plus que ces trois piliers pouvaient le générer, et il allait chercher l’équilibre sur le mercato, en vendant des joueurs. Sauf que c’est une activité qui est, par essence, non prévisible, et qui dépend du marché. Il y a un aléa. Pour réduire cet aléa, il fallait absolument être en Coupe d’Europe, ce qui n’est pas le cas de Bordeaux, et c’est malheureusement le problème […] On a une explosion de la valeur de certains joueurs qui est liée aussi à leur valeur marketing. Il y a la valeur sportive de certains joueurs, et leur valeur marketing, sur les réseaux sociaux. On peut avoir sur certains joueurs une capacité d’amortissement ou de remboursement en allant vendre des maillots, mais pas que, dans le monde entier ».