Hubert Tuillier : « J’ai tendance à considérer qu’aujourd’hui, pour un club français, les revenus trading font partie des revenus traditionnels »

Dans Sport en France, Hubert Tuillier, économiste du sport pour KPMG France, cabinet de conseil dans le sport, s’est exprimé sur les fonds d’investissement, et a considéré que le trading devait aujourd’hui être considéré comme des revenus traditionnels.

« Aujourd’hui, quand on travaille avec des fonds d’investissement, on travaille avec des clubs, et il y a une méthodologie qui est quand même acceptée de tous, c’est les multiples par rapport au chiffre d’affaires. Aujourd’hui, c’est ce qui fait foi dans le secteur. Après, la question c’est est-ce qu’on intègre ou pas les revenus issus du trading. Normalement, on ne les intègre pas, mais on peut le considérer, notamment en France, lorsqu’on pense à des clubs qui ont des revenus réguliers liés au marché du trading, on pourrait les intégrer. J’ai tendance à considérer qu’aujourd’hui, pour un club français, les revenus trading font partie des revenus traditionnels. Il n’y a rien de malsain à ça, c’est juste qu’on applique des multiples à un niveau de chiffre d’affaires, et le chiffre d’affaires n’intègre pas les revenus trading. Est-ce qu’on devrait l’intégrer, et modifier justement les multiples, c’est une question qu’on peut poser aujourd’hui ».

Vincent Chaudel, président de l’Observatoire du Sport Business, rebondit sur le sujet, avec en toile de fond les Girondins de Bordeaux.

de« C’est un pari perdu pour le moment aux Girondins, mais ce n’est pas si simple, sinon tout le monde viendrait acheter s clubs de football. Si c’était si simple chacun essayerait de reproduire la martingale. C’est bien plus compliqué que ça. Mais sur l’approche d’évaluation, il y a, en général, trois types d’évaluation. Il y a celle des multiples qui est la plus pratiquée, il y a l’équivalent boursier mais on est dans un secteur où il n’y a pas tant de clubs que ça côté en bourse, et enfin il y a l’actif net réévalué. C’est là où on peut rentrer sur la valeur d’un club, et ses réseaux sociaux. Quand le Qatar achète le PSG, il y a 3 millions de fans sur les réseaux, et aujourd’hui on dépasse la barre des 150 millions. Evidemment que pour un annonceur, la valeur de marque n’est plus la même, et la création et la valeur du club n’est plus la même non plus ».