Guillaume Insou : “Me dire que j’arrête ma carrière comme ça, ne pas avoir un petit moment avec ma famille, que c’est fini… Ça, ça a été quelque chose de difficile”
Pour Athlètes Reconversion, Guillaume Insou, passé par le centre de formation des Girondins de Bordeaux, a expliqué qu’il n’avait pas pu réellement acter sa fin de carrière de footballeur, et que ça lui resta pendant de longs mois dans la tête.
« J’ai arrêté ma carrière un peu comme ça, ça a été un moment un peu difficile, mais j’ai eu la chance de toute de suite avoir quelque chose qui me prenait à temps plein. J’ai donc vraiment mis les deux pieds dedans. Mais carrière dans le foot m’a aidé, car le fait de m’arrêter de manière un peu brutale, a fait que j’ai tout de suite dû me concentrer à 100% à quelque chose, et ça m’a fait du bien de le faire ».
Puis, il précise.
« J’étais à Colomiers, ça fonctionnait plutôt bien, mais je sentais que j’avais des problèmes de dos. A tous les matches, c’était des cachets pour jouer, etc. Ça devenait désagréable. J’étais en plus moins bon, parce que je vieillissais un peu, et j’avais ces problèmes de dos. J’avais déjà du mal à accepter d’être moins bon, c’était dur. Ça, j’ai vraiment eu du mal à l’accepter. Et après, le fait de ne pas arrêter sa carrière, d’avoir un moment d’arrêt sur ma carrière, comme un dernier match où tu te dis que cela va être le dernier… Ça c’est quelque chose qui a été difficile pour moi. Je me suis arrêté dans un match, sur un synthétique, à l’extérieur, un match perdu, il faisait -15°… C’était terrible, un match pourri. J’ai arrêté ma carrière là-dessus, c’était mon dernier match de football. Et ça, c’est quelque chose qui, même après, est resté un petit peu en travers… Je n’ai pas eu le temps de faire le deuil de ma fin de carrière, sachant que c’était quelque chose que je faisais depuis des années… Me dire que j’arrête ma carrière comme ça, ne pas avoir un petit moment avec ma famille, que c’est fini… Ça, ça a été quelque chose pour moi de difficile ».

Il y a eu donc ses problèmes de dos, mais aussi le Covid.
« Je ne pouvais pas me faire opérer du dos car à cette époque-là, pour aller à l’hôpital, c’était impossible… Il y avait vraiment la grosse panique du Covid. Je ne minimise pas le Covid mais à ce moment-là c’était compliqué de rentrer à l’hôpital. Il y avait des priorités, donc je ne l’ai pas fait, je ne me suis pas pris en main… Finalement, la société a pris, donc voilà, ça s’est arrêté comme ça. Ce n’est pas le top ».
Aujourd’hui, est-il passé au-dessus ?
« Oui, je suis passé au-dessus car la vie a fait que, mon agence immobilière s’est bien développée… je travaille avec beaucoup de sportifs donc j’ai vécu beaucoup de choses par procuration aussi. J’ai conseillé des gars qui étaient sur leur fin de carrière en leur disant d’essayer de la marquer (rires). Je suis passé à autre chose, j’ai fait des matches caritatifs, des matches d’anciens joueurs… Cela m’a permis de remettre les crampons secrètement, en faisant mon dernier match (sourire). Je suis passé à autre chose, mais c’est un truc qui m’est resté un petit moment quand même. Quand tu n’es pas prêt et que tu arrêtes le sport de haut niveau, c’est brutal ».
