Jean-François Domergue : “Quand j’ai eu la possibilité d’avoir un contrat aspirant à 16 ans, inévitablement je pensais à être pro. Je vivais foot, je dormais foot”
Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux, Jean-François Domergue, a été invité à raconter comment a commencé la passion du foot pour lui. L’ancien défenseur central ou latéral, originaire de La Bastide, déborda un peu avec quelques moments bordelais notamment.
« La passion est partie très vite, dès mon plus jeune âge. Aujourd’hui on voit des enfants qui rentrent dans les écoles de football en catégorie U6, c’est une législation qui a été tracée par la Fédération. Nous, à cette époque, c’était entre 10 et 12 ans. Je suis né à Bordeaux dans le quartier de La Bastide, qui est sur la rive droite, la rive un peu plus ouvrière. Mes parents étaient commerçants, quincaillers. Je passais ma vie entre les petites places, les près ou les champs à côté des écoles, où on pouvait se retrouver à jouer au foot dès l’âge de 6-7 ans. Après l’école il y avait les devoirs que je faisais rapidement en quinze minutes, et on se retrouvait tous, on était une bonne dizaine à faire des matches sur la place, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige. Je rentrais chez moi au magasin vers 19h20, je rangeais le matériel qui était exposé sur le trottoir, et je repartais retrouver mes copains pour jouer jusqu’à les périodes d’été, jusqu’à 21h-22h. Ensuite, je rentrais, je dinais, et j’allais me coucher. Donc la passion est venue très vite… A un moment donné j’ai eu l’idée de vouloir jouer dans un club, d’avoir une licence. Mon père me demande où j’aimerais jouer, et je lui dis à La Bastide. Papa avait joué à La Bastidienne dans les années 30-40, où les Girondins de Bordeaux passaient un peu inaperçus, et le club de la région bordelaise était vraiment le Sporting Club de la Bastidienne. Messieurs Zwiatek et Gallice ont également joué dans ce club-là, et battaient fréquemment les Girondins de Bordeaux. Spontanément, mon père m’a répondu qu’il ne voulait pas que j’aille là-bas, parce qu’il n’y avait que des branleurs. Il voulait que je sois dans une école de foot. Je me suis retrouvé à faire une sélection à 12 ans. Le bus est venu nous chercher à la place des Quinconces pour nous amener là où s’entrainaient les Girondins à l’époque, au Domaine de Rocquevielle. Je me suis retrouvé avec huit équipes. Je démarre mon premier match avec les pupilles H, et au bout de dix minutes je sors. Je jouais dans mon coin, tout seul, et je me disais que ça n’avait pas dû être bon. En fait, l’histoire c’est qu’ils m’ont sorti car ils voulaient me voir dans la seconde cession avec l’équipe A. Je me suis retrouvé à jouer arrière gauche en Pupilles A. J’ai fait tout le parcours en A jusqu’en Juniors, où j’ai côtoyé la troisième division. Les contrats étaient des contrats d’aspirants. La route était longue, mais je me passionnais, j’ai toujours eu cette passion. Aujourd’hui, quand je regarde ma carrière, les jeunes, ça m’a toujours intéressé, l’aspect psychopédagogique. Quand j’ai eu la possibilité d’avoir un contrat aspirant à 16 ans, inévitablement je pensais à être pro. Je vivais foot, je dormais foot. Il y avait l’école, c’était important pour mes parents. Ils me disaient que si je ne travaillais pas bien, on arrêterait le foot. C’était une menace de bon ton. Voilà comment ça s’est passé. Puis, à 17 ans et demi, je jouais déjà en division 3, et je me suis retrouvé à être appelé avec l’entraineur de l’époque, Monsieur Christian Montes, qui était assisté de Bernard Michelena. A partir de là, ça a commencé ».
