[Interview G4E] Patrick Olive (Saumur) : “Sur nos confrontations directes je dirais que c’est quand même Bordeaux qui a la plus forte puissance de frappe offensive”
Avant la rencontre entre le club de l’Olympique Saumur et celui des Girondins de Bordeaux, comptant pour la 18ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec Patrick Olive, entraîneur de cette équipe. Un nouvel échange très sympathique où nous avons évoqué avec lui le match aller, la saison en cours, les Girondins, le mercato, la suite de la saison, les favoris à la montée et bien d’autres sujets…
Nous avions échangé lors du match aller. Bordeaux s’était imposé 2 buts à 1 au Stade Atlantique. Que retenez-vous de cette rencontre ?
Je me souviens d’une rencontre où Bordeaux nous avait fait très mal avec son potentiel offensif, avec des joueurs qui ont beaucoup de vitesse et de puissance. Et en dehors de ça, quand on avait sorti un peu la tête de l’eau, on avait plutôt eu la possession, et on avait égalisé dans cette période-là. On les avait sentis un peu dans le doute, mais après leur puissance offensive a fait la différence. Ils auraient dû mettre beaucoup plus de buts ce jour-là, mais ils sont toujours restés sous notre menace.
Sur quels points cette rencontre s’est jouée selon-vous ?
C’est clairement sur la vitesse de leurs attaquants qui sont très difficiles à canaliser (rires). Ce sont trois, quatre, cinq, six attaquants qui ont des profits différents, avec des rentrants qui peuvent prendre le relais et qui sont bons. C’est très, très difficile de défendre correctement contre Bordeaux. Si il y a une plus grande force de frappe par rapport à l’année dernière où cela dépendait principalement d’un seul joueur ? Exactement, c’est tout à fait ça.
En début de saison nous vous avions demandé les objectifs fixés avec vos dirigeants, qui étaient le maintien. Vous êtes actuellement à la 10ème place mais on voit que le 6ème Avranches, n’est qu’à 6 points du premier relégable. C’est encore une saison très disputée ?
Ah oui, oui ! On a eu le bonheur pour l’instant, d’avoir été un peu dans le ventre mou du bas (rires), pas directement menacés, mais je sais très bien que c’est un championnat très, très difficile et que toutes les équipes vont s’accrocher jusqu’au bout. Ça va être très serré, et puis effectivement il y a peu d’écart entre les derniers et la septième ou la sixième place. Ça fait beaucoup d’équipes concernées, et puis la moindre série négative vous replonge très vite dans le dur. Si notre poule est peut-être la plus homogène et la plus forte des trois ? Forte, je ne sais pas, parce que les profils d’équipes sont différents, le jeu est certainement différent aussi. En tout cas, la plus serrée et la plus homogène, oui je suis d’accord.

Les Girondins de Bordeaux sont également à la lutte, cette fois pour la montée et on voit là aussi que rien n’est joué ?
Ouais, ça va faire un beau mano-a-mano entre les deux. C’est encore long, je ne sais pas quand est-ce qu’ils doivent jouer leur confrontation directe (Ce sera le 21 Mars à La Roche). D’ici là, chacune des deux équipes n’a quasiment pas le droit d’erreur. On suivra ça, mais les deux équipes feront une superbe saison. Si le mano-a-mano va juste se jouer entre ces deux équipes et si je n’en vois pas d’autres revenir dans la course ? Il y a plein d’équipes qui auraient le potentiel pour les titiller, mais après il faut être régulier. Puis il y a un petit écart de points quand même qui s’est fait, mais quand je vois le match que Bayonne a fait à Bordeaux, ils pourraient y être aussi. Il y a d’autres équipes, Les Herbiers, même s’ils sont un peu irréguliers en potentiel, ils pourraient y être aussi. Saint-Malo paye un peu son début de saison, mais ce n’est pas mal aussi, Avranches… Il y a beaucoup d’équipes, il y a cinq ou six équipes qui pourraient y prétendre. Pour l’instant, les deux qui sont devant ont été les plus réguliers et méritent largement d’être à cette place-là.
Vous avez vu rencontrer toutes les équipes au moins une fois, laquelle vous a fait la plus forte impression dans les concurrents à la montée en National ?
Sur nos matchs, on en a pris trois contre La Roche, on en a pris trois contre Saint-Malo, on en a pris cinq contre Avranches… Sur nos confrontations directes je dirais que c’est quand même Bordeaux qui a la plus forte puissance de frappe offensive. Après, je n’ai pas été impressionné outre mesure par une équipe qui domine son sujet dans tous les domaines. Alors que le Saint-Malo du début de saison dernière a été dans ce cas-là. Et cette année, ça me semble plus serré. Tout le monde peut mettre vraiment en difficulté, et dans le score, mais aussi dans le jeu, n’importe quelle équipe.
Trouvez-vous l’effectif de Bordeaux mieux armé que la saison dernière ?
Mieux armé, je ne sais pas, parce que je ne les connais pas suffisamment. Le bloc défensif bouge peu au final. Donc je ne sais pas s’ils ont des absents, si derrière ça sera du même niveau (seul Abou Ba manquait défensivement). Après, sur la puissance offensive, oui. Clairement, ils peuvent jouer à trois, à quatre, faire des changements, et avoir le même niveau, la même puissance. Donc clairement, offensivement, oui, ils sont mieux que l’année dernière. Et puis ils sont durs à appréhender, ça c’est sûr.

Le mercato est enfin terminé et vous n’avez ni recruté, ni perdu de joueurs. Est-ce un vrai choix de votre part ou est-ce que vous n’aviez pas forcément les finances pour ajuster votre groupe ?
Les deux combinés. On le sait, ça fait deux ans que le club est repêché par la DNCG, grâce à sa bonne gestion. Grâce aussi au sportif qui a pris des points, mais pas suffisamment pour se sauver sportivement. On sait très bien les moyens qu’on a. Quand on commence la saison, on optimise au maximum. Il faut faire un gros travail pour ne pas se tromper sur l’état d’esprit, les valeurs, les qualités des joueurs. Et puis derrière, on sait qu’on va au bout avec ça, sauf grave blessure qui nous obligerait sur un poste à prendre quelqu’un. Donc on sait qu’à la trêve hivernale, on est attentif à tout. Mais il n’y a pas de raison, à part un départ d’un joueur, de bouger de notre côté et moi, ça me convient très bien. Dans l’état d’esprit de notre club, ça correspond tout à fait à ce qui existe. On fait progresser. On aurait pu s’affoler de ne pas trop marquer au départ, recruter des attaquants. Ça n’a pas été le cas. On a été patient. On fait progresser les confiances en nos joueurs. Du coup, on marque un peu plus maintenant. C’est à la fois économique, on ne peut pas faire de folies. Et puis, c’est aussi très bien dans l’état d’esprit d’ici. Le faire sur un an. Il y a des joueurs qui auraient pu partir à la trêve et qui sont restés parce qu’ils se sentent bien chez nous. Et qui savent qu’ils progressent et qu’ils jouent en N2, qui seront visés par de potentiels clubs. Il y a d’autres joueurs qui sont du cru, qui sont très attachés à ce club-là. Donc, on surfe un petit peu sur ça et quelque part, c’est un peu une force aussi de notre côté.
Vous restez sur une lourde défaite à Avranches (5-2) lors de la dernière journée, comment expliquer cette défaite alors que vous aviez battu Les Herbiers 3-0 lors du match précédant ?
Oui, alors c’était la journée juste avant. Après, on a fait 2-2 contre Dinan en match en retard chez nous. Mais comment on l’explique ? Tout simplement, parce qu’on a commencé notre match à la 30ème minute à Avranches (rires) où il y avait 3-0. Et puis à Avranches, il y a de la qualité. Ils ne sont pas réguliers mais ils devraient être dans le haut du tableau. Le fait de ne pas être dans notre meilleur jour et de faire un début de match chaotique, nous a mis dans la difficulté. Après, contre Les Herbiers, c’était un match qui s’est déroulé de manière… Il y a des jours comme ça, où tout ce qui est mis en place est réussi, où on marque les premiers, où on met le deuxième quand il faut et où tout se goupille bien. Donc on le savait, mais on a eu la confirmation. C’est pas parce qu’on bat Les Herbiers qu’on va gagner les autres matchs, on le sait. On a eu du mal à digérer de perdre 5 à 2. Maintenant, il faut préparer le prochain et passer à la suite.
Vous êtes malgré tout sur une belle dynamique puisque vous n’aviez pas perdu depuis le 8 Novembre et une défaite 3-0 contre La Roche (2 victoires et 4 nuls).
Ouais, ouais, on serait dans les clous. C’était bien et c’est agréable. On s’habitue à ne plus perdre donc c’est encore plus désagréable d’avoir perdu à Avranches. Mais il n’y a rien de plus logique à ça, il fallait que ça arrive. On ne pensait pas du tout à faire la série, on pensait à faire nos matchs. Mais c’est vrai que c’était agréable de sortir de match sans défaite sur cette longue période. Même si on aurait pu espérer sur quelques matchs nuls les faire basculer en victoire. Si c’est le lot de toute équipe sur une saison complète ? Oui, exactement. Il faut garder sa ligne de conduite, ne pas s’affoler et puis travailler. C’est ça.

Les Girondins vont venir à Saumur pour prendre des points en vue de revenir sur La Roche et dans l’optique de monter en fin de saison. A quel type de rencontre vous attendez-vous ?
J’avoue que je ne suis pas trop sur ce versant-là de savoir ce que va nous proposer Bordeaux. Parce que quand on vient de perdre 5 à 2, il s’agit surtout de nous remettre à l’endroit et d’être nous-mêmes avant tout. Et d’être très concentrés dès le coup d’envoi. On a envie surtout de se rattraper par rapport à ça. Montrer un autre visage, ne pas avoir de regrets et faire un vrai match où on est nous-mêmes. Et puis si Bordeaux est meilleur, ils prendront les points. Mais surtout de vivre ce match, de faire une bonne prestation et d’être fiers de nous quand on le terminera pour passer à la suite. Quoi qu’il arrive, nous on sera dans notre objectif maintien sur les matchs d’après. Ce n’est pas ce match-là qui changera quoi que ce soit donc autant se lâcher et bien être acteur de ce match-là.
Dans les tribunes le contexte va être particulier puisque les deux groupes de supporters bordelais ont de nouveau des relations très tendues. Le club de Saumur a-t-il pris des dispositions ?
Alors là, je dois vous dire que je ne sais pas trop. J’ai lu ça effectivement sur les réseaux et dans la presse par rapport à vos groupes de supporters. Mais par rapport à l’organisation du match, moi aujourd’hui j’étais uniquement sur le sportif. Je n’ai pas vu mes dirigeants donc je ne sais pas du tout au niveau de l’organisation ce qui va se passer. Le seul truc que je peux dire, c’est que le football c’est mieux avec des supporters. J’espère qu’il y aura beaucoup de supporters, y compris de Bordeaux.
Derrière le match de Bordeaux vous jouerez Châteaubriant et Granville, deux équipes qui vont également se battre pour le maintien. Est-ce que cela apporte une réflexion différente pour garder votre groupe concerné après un mach dit de Gala ?
Non, pas du tout. Sincèrement, on va s’occuper de Bordeaux sans penser aux deux autres. On aborde vraiment chaque semaine pour préparer le match qui arrive parce qu’on ne peut pas faire autrement sinon on serait trop affectés. Par exemple par la défaite à Avranches et cela ne doit pas être le cas parce que quand on doit lutter, il faut garder ses émotions au calme et garder ses forces pour les batailles qui arrivent. On ne sera pas en projection des deux matchs d’après même s’ils seront très importants. On va faire le maximum contre Bordeaux et puis on préparera le reste après.

Bordeaux prend des buts à chaque rencontre depuis quelques temps, est-ce que vous allez vous appuyer dessus ?
Je ne sais pas trop quoi répondre (rires). Pour moi, ils sont tellement hors catégorie par rapport à nous. Je ne sais pas si on peut avoir la prétention de s’appuyer sur ça ou autre. Encore une fois, ça va être à nous de nous préparer du mieux possible de notre côté. Et puis, il arrivera ce qu’il arrivera. Je ne peux pas me projeter sur quelque chose comme ça, s’il y aura des faiblesses chez Bordeaux par rapport à ça, parce qu’ils mettent tellement de… Certes, ils en ont encaissés, mais ils auraient pu en marquer beaucoup plus contre nous à l’aller. Quand on met les buts qu’il faut, comme ça aurait dû être notre cas sur certains matchs, ça donne un moral, un coup de fouet qui fait qu’on n’encaisse pas derrière. On est sous la menace. Des fois sur des fins de match, il peut y avoir un peu de fébrilité parce qu’il suffit d’un coup de pied arrêté pour relancer les débats. Mais si Bordeaux met ses occasions au fond, peut-être qu’ils n’auraient pas encaissé ces buts. Je ne sais pas. Je ne m’occupe pas de ça et je ne sais pas trop. Encore une fois, c’est d’être focalisé sur ce que nous, on va faire. Et puis l’opposition, elle se fera. J’espère que ce ne sera pas un mauvais jour (rires).
Quelles seront les clés du match ?
Le début de match forcément, pour se lancer. Et puis il faut effacer rapidement Avranches et passer à autre chose. Voir qu’on est dans le match, qu’on est au niveau et qu’on peut apporter une opposition. Je pense que le début de match, dans la confiance qu’on va aller chercher nous, il sera important de notre côté. Après, si on arrive à contenir leurs attaques sur 95 minutes, c’est déjà un gros défi. Mais la clé peut être aussi dans la possession du ballon parce que je me rappelle, encore une fois au match aller, sur la période où on a réussi à leur confisquer un petit peu, on les a un petit peu fait douter. Donc peut-être que ça se situera à ce niveau-là.
Si vous deviez mettre une pièce sur une équipe en fin de saison et établir votre top 3, quel serait-il ?
Le troisième, je dirais Bayonne. Et puis Bordeaux et La Roche, c’est très dur de départager. Il y a trois points d’écart, il y aura une confrontation directe et c’est vraiment l’équipe qui va entre les deux… Pour moi, les deux déjà seront là-haut. Et c’est vraiment celle qui va être régulière avant ce match retour, cette confrontation directe, qui sera dans les clous. Après, sur la fin de saison, une fois qu’une des deux aura pris l’avantage, ça sera compliqué d’aller les chercher.
Un Grand MERCI à Patrick Olive pour sa disponibilité et sa gentillesse. Nous lui souhaitons d’accrocher le maintien en National 2 au plus vite !



