Frédéric Guerra : “Pour moi, il a fait des erreurs mais il ne les reconnaîtra jamais. Si un jour il sort du silence, il criera encore à l’injustice”

    Dans L’Equipe, un long reportage a été réalisé sur l’ancien et éphémère joueur des Girondins de Bordeaux, Hatem Ben Arfa. En fil conducteur, son agent, Frédéric Guerra, qui le décrit. « Hatem était un garçon capricieux, très difficile à canaliser, avec des pics de nervosité complètement anormaux. Il avait des réactions épidermiques : il était capable de faire des choses absurdes et de s’en excuser immédiatement derrière, ce qui le rendait très attachant et insupportable à la fois ».

    Il raconta notamment une anecdote le soir du sacre de Champion de France de l’Olympique de Marseille.

    « Le soir du titre de l’OM en 2010, on va en boîte de nuit à Aix. Vers 3 heures du matin, je rentre me coucher chez Hatem où il m’avait invité dans sa chambre d’amis. Quand il rentre à son tour vers 6 heures, il me réveille et me dit : ”je veux te parler.” Il se couche avec moi et tous les deux, en calbut dans le lit, on refait le monde. On parle de philo, de spiritualité, d’avenir. Bien-être, apaisement, complicité : ça dure deux heures et c’est un souvenir magnifique. Je sens un garçon plus mature, posé, ouvert à la discussion. Deux semaines tard, il casse tout dans le bureau de Dassier. Allez comprendre… »

    En conclusion ?

    « Pour moi, il a fait des erreurs mais il ne les reconnaîtra jamais. Depuis le début, on lui a mis dans la tête que c’était toujours de la faute des autres. Si un jour il accepte de sortir du silence et de revenir sur son parcours, je suis sûr qu’il criera encore à l’injustice. »