Nicolas De Tavernost : “Les affaires, j’ai acheté, ça fait 40 ans que j’achète des droits sportifs, je n’ai jamais vu ça”
Invité sur le plateau de RTL, Nicolas De Tavernost, ancien président des Girondins de Bordeaux, et directeur général de Ligue 1 +, a pris la décision de quitter ses fonctions. En cause notamment, les droits télé perdus pour la Coupe du Monde au détriment de BeIn Sports, et le fait qu’il n’ait pas été soutenu à l’unisson par les présidents de Ligue 1.
“Mauvais perdant ? Je ne sais pas si on est mauvais perdant. En tous les cas, je crois qu’il faut faire un tout petit rappel pour ce qu’il se passe dans le monde du foot professionnel. On m’a appelé en avril dernier. A l’époque, il y avait un diffuseur qui ne payait plus les droits. Le diffuseur ne voulait plus diffuser la saison d’après, il faisait un procès à la Ligue. BeIn et Canal faisaient un procès pour, excusez-moi du peu, 680 millions d’euros, contre la Ligue. BeIn ne voulait plus le contrat pour lequel il payait un neuvième match et contestait les conditions du contrat. Il a fallu mettre de l’ordre là-dedans. DAZN a fini par payer ce qu’il devait. Si je démissionne parce que je me suis fait piquer les droits de la Coupe du Monde par BeIn Sports ? Non, ce n’est pas tellement ça. Un, Ligue 1+, c’est un succès. Ligue 1+, c’est un succès, je crois que les gens sont satisfaits. Nous avions deux missions. Faire des abonnés et également relancer l’image de la Ligue 1, qui avait été totalement dépréciée précédemment. Donc, ça, ça a marché. Il est évident qu’on a besoin des droits complémentaires. Donc, on n’avait que 8 matchs. Il y aura la totalité de la compétition la saison prochaine, à partir du mois d’août. Si c’est le jeu des affaires ? Ce n’est pas le jeu des affaires. Les affaires, j’ai acheté, ça fait 40 ans que j’achète des droits sportifs, je n’ai jamais vu ça. C’est la façon dont cette compétition a été organisée. Nous avions un accord de la FIFA. Il faut être très clair. Un contrat signé ? Un contrat signé par nous, accepté par la FIFA qui le soumettait simplement à son board, ce qui est toujours une formalité. On avait mis 17 millions pour les droits sur la table. Et là-dessus, BeIn n’était pas venu sur ce contrat-là, c’est la FIFA qui est venue nous voir. Il faut bien comprendre, c’est la FIFA qui nous a dit ‘Ecoutez, je n’ai pas vendu les droits payants en la Coupe du Monde. Est-ce que vous êtes intéressé ?’ Nous, on a dit évidemment oui parce que pour notre public, ça nous intéresse, ça dépend des conditions. On a négocié les conditions. La FIFA nous a dit ‘Ecoutez, voilà un contrat. Est-ce que vous le signez ?’ On a dit oui, sous réserve que les clubs acceptent. Les 18 clubs, 17 clubs pour être très précis, de la Ligue 1 à l’exception du PSG, ont approuvé ce contrat. Et nous, il y avait une formalité. On nous a tout à fait pressés pour le faire accepter, ce contrat. Si Nasser Al-Khelaïfi a surenchéri contre la Ligue 1 ? Non, je dis simplement que la procédure n’a pas été loyale et que BeIn n’était pas venu sur les droits de la Coupe du Monde. C’est la FIFA qui nous a interrogés. Nous nous sommes mis d’accord avec la FIFA et au dernier moment, sans explication, on nous a dit, ce n’est pas vous. Et ça, ce n’est pas une procédure normale. Ça n’est jamais arrivé dans notre histoire.”
Retranscription Girondins4Ever


