[InterviewG4E] Gwenaël Corbin : “Bordeaux est certainement l’équipe la plus mature du championnat”

    Photo US Saint-Malo

    Avant la rencontre entre le club des Girondins de Bordeaux et celui de l’US Saint-Malo, comptant pour la 19ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes longuement entretenus avec Gwenaël Corbin, entraîneur de cette équipe. Un entraîneur toujours aussi passionné, sans langue de bois et avec le sourire. Né à Granville, il a été formé à Rennes en tant que milieu. Passé par Angoulême et la GSI Pontivy, il fut très vite entraîneur des jeunes au FC Guichen (2000/2003) et manager entre 2003 et 2022 après une blessure qui lui a imposé de raccrocher les crampons. En poste à Saint-Malo depuis le 15 Février 2022, nous avons évoqué le match aller, le mercato, Nathanaël Baï, le championnat, la course à la montée, le match à venir et plein d’autres sujets… 

    Nous avions échangé lors du match aller. Il s’agissait de la 5ème journée et Saint-Malo s’était imposé 2 buts à 1 face aux Girondins de Bordeaux. Que retenez-vous de cette rencontre ?

    Ce que je retiens déjà c’est que c’était notre première victoire puisqu’on avait mal démarré, d’ailleurs c’est ce qu’on paye depuis le début de saison, c’est-à-dire qu’on avait pris trois points sur douze, nous, au début. Donc ça nous a compliqués, ça nous a beaucoup compliqué la tâche quand même malheureusement… En tout cas je retiens que c’était notre première victoire, elle tombait bien contre Bordeaux. On avait vraiment lancé notre saison sur ce match-là, nous en gros c’est ça. Et inversement, Bordeaux, moi j’ai envie de dire, on sentait qu’eux commençaient à trouver un bon équilibre, ça se sentait quand même sur le match. J’étais persuadé de toute façon, même s’ils avaient perdu ce jour-là, que ça serait une équipe compétitive au regard des joueurs qu’ils avaient. Alors tout le monde n’était pas encore à 100%, parce qu’ils venaient de récupérer El Hajjam. On sentait que Mannaï n’était pas encore au mieux, ils avaient évidemment encore un peu d’automatismes à trouver, mais on avait senti que cette équipe-là avait quelque chose. 

    Depuis, les Girondins ont trouvé leur rythme et sont une nouvelle fois à la lutte pour la montée en National. Mais pour le moment c’est face à La Roche et non Saint-Malo. Une pointe de regret à cet instant ?

    Non parce que, d’une, déjà je pense que nous, on est moins armés que la saison dernière. Je reste sur ma position que Saint-Brieuc fait onze victoires sur douze, c’est un truc incroyable, sinon nous sommes en National. Donc malheureusement la saison dernière on était arrivé à un groupe à maturité, mais cette année je pense qu’on est moins armés. On est moins armés, il faut être honnête, on a perdu quelques joueurs importants, on a des nouveaux joueurs, on sait que des fois des joueurs, il leur faut un petit temps d’adaptation, etc… On n’est pas partis avec les mêmes garanties, donc je n’ai pas de regrets. Mon seul regret, si j’en ai un, c’est juste que, ce qui est difficile à accepter, c’est que sur nos quatre premiers matchs on ait pris 3 points sur 12. Au regard de nos contenus, sincèrement, c’est un peu dur à accepter parce qu’on méritait peut-être au moins 10 points sur 12 (sourire). S’il a manqué de réussite ? Bah oui, parce que contre Montlouis on menait 1-0, on fait une barre, après ils égalisent à cinq minutes de la fin sur le premier match, donc on perd 2 points. Ensuite on va à Bayonne, on mène 1 à 0, on a 3-4 fois l’occasion de breaker, ils marquent à la 96ème minute, égalisation, on perd 2 points. Donc on se retrouve à 2 points. Ensuite on reçoit Les Herbiers, où on a quatre grosses occasions, et je n’ai pas souvenir qu’ils en aient une, même si c’est le match, où peut-être qu’on aurait mérité perdre 2 points. Si on avait dû perdre 2 points c’est quand on a ce match là, mais globalement, aux points on méritait de l’emporter. Et la quatrième journée, on va à Avranches, je crois qu’ils sauvent 2 fois sur la ligne, on fait une barre, on a trois ou quatre 1 contre 1 et on marque contre notre camp à un quart de la fin. Malheureusement, quand tu veux jouer le haut du classement, tu sais que tu as le droit à un trou dans la saison. Nous, notre trou on l’a eu dès le début et depuis, on traîne ça. Sachant que devant, ça tourne parce que Bordeaux et la Roche-sur-Yon laissent peu de place aux autres, il faut être honnête. Depuis, on fait notre parcours, mais malheureusement il aurait fallu un gros trou devant à un moment donné, et ils ne l’ont pas eu. La Roche n’a pas eu son trou et Bordeaux ne l’a pas eu non plus, donc pour nous, ce n’est pas rattrapable. Je crois que sur les 10 dernières journées, on doit être 3ème du championnat, mais malheureusement, on paye ce trou de départ et on n’arrivera pas à le récupérer maintenant, c’est trop tard. 

    Est-ce que vous rêvez d’un scénario à la Saint-Brieuc pour votre équipe ou alors est-ce que vous êtes plus réaliste en vous disant que cela semble compliqué ?

    En fait je reste sur ma position. La Roche et Bordeaux mènent un tel train devant que ça sera compliqué pour nous. Ca sera trop compliqué pour nous de revenir. Maintenant, au foot on ne sait jamais mais à un moment donné il faut ouvrir les yeux, il faut être réaliste, voilà. Ils laissent tellement peu de place. Et la deuxième chose, c’est que nous, on est très performants à domicile, et on l’est beaucoup moins à l’extérieur. Du moment qu’on n’aura pas trouvé ce levier-là, ça sera aussi compliqué. Donc, non, non. Je n’ai pas de regrets sur notre capacité à jouer cette année le très, très haut de tableau parce qu’il aurait fallu qu’on démarre bien la saison. On l’aurait mérité, malheureusement on s’est tués. Trois points sur douze, on a déjà utilisé notre joker de haut de tableau (rires). Si Bordeaux et La Roche n’ont pas encore eu leur trou d’air et que ça pourrait arriver ? Ouais, il faudrait vraiment qu’ils aient un gros trou d’air et que nous derrière on soit en capacité de tout gagner. L’année dernière on a eu un trou d’air au mois de Janvier, on a pris deux points sur douze. On l’a payé. C’est le seul trou d’air parce qu’il faut savoir qu’à Noël on est invaincu. On prend 2 points sur 12 au mois de janvier. C’est comme ça. On a eu un trou d’air, on l’a payé, et puis après il y a Saint-Brieuc, le parcours qu’ils ont fait, c’est quasiment du jamais vu il faut l’admettre. Même La Roche et Bordeaux n’ont pas fait ce qu’ils ont fait l’année dernière, en deuxième partie de saison. C’est 11 victoires. Ce n’est pas forcément nous qui avons calé, c’est eux qui ont fait un truc qu’on voit rarement (rires). C’est incroyable.

    Le mercato hivernal s’est terminé fin Janvier et vous n’avez eu qu’un seul départ, mais trois arrivées avec Alexandre Leroyer, Alexis Ebrard et Christian Kitenge. Il était important pour vous de vous renforcer ?

    On a perdu trois joueurs. On a perdu Bissourou Touré qui est retourné dans le sud de la France pour raison familiale. Nous avons perdu Thibaut Cillard qui était un titulaire depuis trois ans au club et qui s’est fait les croisés au mois d’Octobre et nous avons libéré Nathanaël Baï qui avait peu de temps de jeu et qui en demandait plus. Donc nous avons perdu trois joueurs. Nous avons juste comblé ces trois joueurs-là (sourire). Nous avons perdu trois joueurs qui ont joué quand ils étaient là… Hormis Nathanaël qui avait peu de temps de jeu chez nous parce que c’est comme ça. Il y a de la concurrence dans le football, une adaptation aussi des fois qui peut demander un peu de temps.

    Photo Pierrick Chassine

    Votre seul départ c’est donc Nathanaël Baï, ancien joueur des Girondins, qui est parti à Créteil. A l’aller vous nous aviez dit qu’il devait s’adapter à votre façon de jouer. Ce n’était donc pas le cas ?

    Oui, c’est… C’est différent de jouer. C’est peut-être selon les animations des uns et des autres. Je lui ai demandé de participer un peu plus dans son couloir qu’il ne faisait à Bordeaux parce qu’à Bordeaux, finalement c’était surtout Driss Trichard qui participait côté gauche, mais côté droit, il ne participait pas beaucoup. Or chez nous il fallait participer un peu plus et c’est peut-être là où il y avait le bémol, en fait. Le bémol et puis aussi, des fois, je vous dis, il faut un peu de temps pour que pour les adaptations des uns et des autres. Ce n’est pas facile quand on change de club, de région, que ce soit personnel ou même familial. Des fois, il y a plein de raisons. On voit bien que des joueurs performent à un endroit, performent moins à un autre. Nathanaël, il ne faut pas oublier qu’avant d’être à Bordeaux, il n’avait pas non plus un gros vécu en N2. Donc, peut-être qu’il a surperformé à Bordeaux aussi. Le contexte, le club, jouer devant 10 000 personnes, ça permet aussi de monter un peu les joueurs en adrénaline, forcément. En tout cas, ça n’a pas été une réussite chez nous, mais c’est comme ça et ça sera encore vrai et on ne peut pas faire toujours 100% dans le recrutement. Ça n’existe pas.

    Que retiendrez-vous de son court passage à Saint-Malo ?

    Son passage chez nous ? Même s’il n’a pas eu le temps de jeu espéré, il n’a jamais été désagréable, il n’a jamais eu un mauvais état d’esprit. Il a cherché à comprendre pourquoi, on s’est expliqué par moment. Il ne s’est pas buté comme un… Non, non, non, il a compris aussi certaines raisons qui ont fait qu’il n’a pas eu de temps de jeu. Et puis peut-être que celui qui joue à son poste a été performant aussi. Ça existe ça. On peut très bien être un super numéro 9, mais si devant soi, on ne joue qu’avec une pointe et que l’autre est encore meilleur, eh bien, on ne joue pas. Des fois il y a des joueurs qui ne jouent pas beaucoup dans un club et ce n’est pas qu’ils ne méritent pas de jouer, c’est que devant eux, il y a aussi un bon joueur. J’avais un joueur qui a été performant sur le début de saison aussi. On ne joue pas qu’à onze en football, il y a aussi une concurrence et parfois celui qui joue peut aussi être performant sur un moment. Une saison c’est long, mais maintenant, il aura fallu accepter d’aller jusqu’au bout de la saison.

    Saint-Malo va donc se déplacer au Stade Atlantique pour affronter une équipe qui n’a pas eu de coupure. Au contraire, vous avez eu deux rencontres reportées aux Herbiers puis contre Avranches. Comment gère-t-on cette longue période sans match ?

    Écoutez, c’est compliqué parce qu’on est fait pour jouer. Il y a déjà eu la trêve de Noël. Ça fait un match en un mois. En plus, on le sait souvent au dernier moment donc trouver un match amical est super dur parce que la majorité joue (sourire). Ou alors il faut faire quatre heures de route pour avoir un match amical, mais est-ce que ça vaut la peine sachant qu’en plus de ça, quand tu fais un match amical, il n’y en a que 11 à jouer et les remplaçants, tu ne peux pas les faire jouer non plus. C’est complexe. Écoutez, on s’est entraînés plutôt fortement, on a fait une opposition interne mais bon, ça ne remplace pas la compétition. Ça n’a rien à voir et puis le bémol là-dedans, c’est qu’en plus, en faisant l’opposition interne, j’ai perdu mon gardien, fracture du nez, et mon capitaine. Donc, comme ça, c’est la fête… S’ils seront là pour Bordeaux ? Non, et pendant de longues semaines…

    US Saint-Malo

    C’est sur le plan physique qu’il va falloir appuyer pour garder le rythme pendant toute la rencontre ?

    Franchement, quand on est aussi longtemps sans jouer, on ne sait pas. C’est une inconnue en fait. Ça peut très bien être en début de match où on est dépassé par le rythme parce qu’on n’a plus l’intensité. Ça peut très bien se payer en début de deuxième mi-temps parce qu’une première mi-temps, où ça va, et puis tu le payes dès le début de la deuxième parce que dès que tu relâches un peu. Puis ça peut être dans le dernier quart d’heure, effectivement, où tu peux sombrer parce que tu n’as pas les 90 minutes dans les jambes. Des fois, ça peut être en début de match parce qu’on n’est plus habitué au rythme et ça peut être sur les deux débuts de mi-temps ou alors sur la fin du match. On fait tout en tout cas, on essaie de se préparer pour ne pas que ça se passe comme ça. Mais on le sait très bien, rien ne remplace les matchs et malheureusement, on a joué un match en un mois.

    Bordeaux encaisse pas mal de buts ces derniers temps, est-ce un facteur à prendre en compte ?

    Oui, de la même façon, si on regarde nos stats, ça peut paraître bon (rires). Donc, c’est bien la différence entre nous cette année et l’année dernière. L’année dernière on était beaucoup plus solides en gros. On avait une base beaucoup plus solide. Je pense que pour Bordeaux, est-ce qu’ils étaient plus solides la saison dernière ? Non, je n’ai pas ce sentiment-là. S’il y avait une Andy Carroll dépendance ? Oui c’est évident. Leur jeu était axé, les deux centraux, vers Andy Carroll et puis après, ça bougeait autour. Aujourd’hui ils ont quand même un jeu plus posé, plus léché, avec beaucoup de vitesse quand même. S’ils prennent des buts régulièrement c’est qu’ils ont des failles donc, à nous de savoir les exploiter. De toute façon, nous, on joue tous les matchs pour essayer de marquer des buts. Donc, s’ils en prennent, ça veut dire qu’ils ont des failles. Après, c’est à nous de savoir exploiter ça. Mais, si on attaque mal, ils ont beau avoir des failles, on ne les utilisera pas bien. Donc, à nous de bien attaquer et puis après, s’ils ont des failles, à nous de les utiliser.

    Quelles seront les clés du match selon-vous ? 

    Les clés du match… Comme je le dis à mes joueurs, Bordeaux est certainement l’équipe la plus mature du championnat. C’est ce que je pense. C’est l’équipe la plus mature. Est-ce que c’est celle qui te donne l’impression de dominer tout ? Je ne sais pas. La Roche, peut-être dans son animation offensive, dans ce qu’elle crée en tout cas, est peut-être plus riche. Mais, dans l’attaque placée j’ai envie de dire, si je dois comparer La Roche et Bordeaux, je dirais que dans l’attaque placée, pour moi La Roche est meilleure. Bordeaux, en fonction des joueurs qu’ils ont, ce n’est pas ce qui se dégage de plus fort dans l’attaque placée. Par contre, quand je dis que Bordeaux, là où on reconnaît une bonne équipe et c’est ce qui fait souvent les niveaux, c’est que quand on perd un ballon, on est tout de suite sanctionné. Quand tu perds un ballon avec Mbappé, tu es tout de suite sanctionné. Quand tu perds un ballon avec Bordeaux, cette année, tu peux vite être sanctionné. Openda peut faire mal, Etondé peut faire mal, Villette peut faire mal, Shamal peut faire mal, très rapidement, sur des phases de transition. Donc, il faut avoir la capacité à ne pas être naïf (rires).

    Vous avez pu rencontrer toutes les équipes au moins une fois, quelles sont celles qui vous ont le plus impressionné en championnat ?

    Si ça semble visiblement être Bordeaux et La Roche ? Alors je vais vous dire un truc. Moi j’aime beaucoup Bordeaux, La Roche, effectivement, par rapport à ce qu’ils proposent. On a battu Bayonne et on avait fait match nul contre Bayonne, qui avait égalisé. Et on aurait mérité de gagner les deux matchs de Bayonne. Par contre, sur ce que je vois de Bayonne… On voit les autres matchs puisqu’on a une plateforme où on accède à tous les matchs. J’aime beaucoup ce que propose Bayonne. Et pourtant, les deux matchs contre nous, ils n’ont pas été performants. Sincèrement, je pense qu’on a fait vraiment deux très bons matchs contre Bayonne. Donc, pour ceux qui ont vu Bayonne – Saint-Malo ou Saint-Malo – Bayonne, ils ont dit Bayonne, ce n’est pas terrible. Moi je reste sur ma position que Bayonne est une belle équipe du championnat. Quand on voit les matchs contre beaucoup d’équipes, ils ont une très belle animation. Après, je pense qu’ils ne sont peut-être pas armés pour être tout en haut, mais… Je pense quand même que Les Herbiers ont des qualités, bien évidemment, comme Avranches, comme nous. Entre avoir des qualités et être capable d’être régulier et toujours taper là-haut, ce n’est pas pareil. Pour moi, il y a deux équipes qui se détachent à travers ça. C’est La Roche et Bordeaux avec des qualités différentes. La Roche-sur-Yon surf sur sa deuxième partie de saison de la saison dernière. On ne s’en rend pas compte, mais du 1er janvier au 30 mai, ceux qui ont fini deuxième du championnat… Il y a Saint-Brieuc qui a fini premier avec je crois 11 victoires sur 13, mais La Roche-sur-Yon n’a pris qu’un point de moins. Donc, je ne sais pas si on s’imagine ce qu’ils ont fait. Donc, ils sont sur une dynamique quand même très, très bonne puisqu’ils ont bien terminé. Nous, on a connu cette dynamique en 2024 puisqu’on n’avait pas perdu. On n’avait perdu que deux fois sur toute la saison 2024, deux fois sur tout le championnat. Malheureusement, c’est sur une saison, comme je l’ai dit. C’est dommage, normalement quand on perd deux fois sur une saison, on monte. Sauf que nous, on l’a fait sur une année civile donc, ça ne compte pas. En tout cas, quand on est sur cette dynamique-là, on peut être très dangereux. Donc je dis que ça ne sera pas facile pour Bordeaux.

    Si vous deviez donner votre favori quel serait-il ? 

    Il y a deux choses. La première c’est la dynamique sur laquelle est La Roche, attention. Maintenant je reste sur ma position que Bordeaux, sur un match contre la Roche, peut être meilleur parce qu’ils ont des joueurs d’expérience, de maturité. Ils sont capables certainement de cogner plus fort sur un match. On l’a vu au match aller. Et je pense que là, il n’y a même pas de débat. Sur un match, Bordeaux peut être meilleur que La Roche, ça il n’y a pas de débat. Sur une saison complète… Je pense qu’il y a presque plus que match. Je me dis, pourquoi pas La Roche ouais. Parce que, d’une, ils ont un jeu moins énergivore que Bordeaux comme ils ont une maîtrise collective plus importante. Et Bordeaux fait quand même beaucoup d’efforts, parce que, parfois ils se contentent de mener 1 à 0 et de défendre tout le match. Mais ça demande… Ça peut user les organismes. J’ai vu pas mal de matchs de Bordeaux (rires). Ça peut user les organismes et ça peut user aussi la tête un petit peu. Donc sur 30 matchs, à un moment donné, ça peut jouer dans la balance. C’est-à-dire que l’équipe qui a plus de maîtrise se fatigue moins. Et quand elle se fatigue moins, elle garde de la fraîcheur. Et quand on va enchaîner 14 matchs à suivre, attention. 

    Que peut-on vous souhaiter pour cette deuxième partie de saison ? 

    Comme je le disais, sur les dix dernières journées on doit être troisième du championnat. Je pense qu’on est à peu près dans notre dynamique… On doit être dans la dynamique dans laquelle on est. C’est-à-dire qu’on est là en gros, peut-être pas complètement là-haut… Au bout de six journées, on était 13ème du championnat. Ce n’était pas notre place non plus. Donc aujourd’hui, on retrouve… Le seul problème c’est qu’on est parti avec un tel déficit au début qu’on ne fait que rattraper le retard. Et le seul moyen de rattraper le retard, ça serait que les autres devant freinent un peu, freinent un peu, mais ils ne freinent pas. Et moi, ce que je souhaite c’est simplement de garder une bonne dynamique pour déjà bien finir la saison parce que c’est important. On a fait 5ème, 2ème et 3ème en étant 16 fois premiers l’année dernière… L’idée c’est quand même de rester dans le haut de tableau. Et quand on s’installe dans le haut de tableau, à un moment donné, on est récompensé. Il n’y a qu’une montée on le sait et c’est comme ça. Mais c’est de bien finir notre saison pour essayer de construire pour l’année prochaine. Et puis, surtout de finir à une place honorable dans laquelle l’US Saint-Malo doit être. Saint-Malo 3ème en fin de saison ? Alors là, si vous me dites Saint-Malo troisième en fin de saison, je signe tout de suite. Je signe tout de suite parce qu’au regard de tout ce qu’on a eu depuis le début de saison, ça voudra dire quand même qu’on a performé.

    Un GRAND MERCI à Gwenaël Corbin pour sa disponibilité, sa passion et le plaisir que l’on a d’échanger avec lui sur le football.

    Photo US Saint-Malo