Jean Gallice : “Ce que je faisais c’est que je faisais visiter le terrain à celui qui me marquait parce qu’à l’époque c’était souvent de l’individuel”
Passé par Angoulême, les Girondins de Bordeaux, club où il a disputé 219 matchs pour 53 buts, Lyon ou encore Libourne, l’ancien international français Jean Gallice, fils de René et frère d’André eux aussi anciens bordelais, était invité dans l’émission Le Podcast des Légendes.
Il est revenu sur sa deuxième saison à Angoulême, et sa participation en Coupe d’Europe.
“C’est la seule fois. On jouait contre Guimaraes, un club portugais. Si on avait perdu 3-0 au match aller ? Ouais, justement, je n’étais pas là au match aller parce que j’avais des partiels et au match retour, on mène 2-0 à la mi-temps et donc en marquant un troisième but ça aurait pu se faire la qualification. Mais on a pris un but au bout de dix minutes en seconde mi-temps donc il fallait en marquer cinq. L’épopée était terminée. Le terrain d’Angoulême ? Par rapport aux terrains qu’on voit maintenant, c’était un terrain de campagne. Au-dessus, il y avait le Stade Lebon. Ils y jouaient quand ils étaient en deuxième division mais il n’était pas homologué par la suite en première division. Donc on a joué sur le terrain de rugby à Chanzy. On a inauguré l’éclairage sur ce terrain en 70 ou 71 je crois, je ne me souviens plus. Donc on s’est approprié plus ou moins le terrain mais là je vois que maintenant c’est le Soyaux Angoulême rugby qui y joue continuellement. Le Stade Lebon, si tu taclais le long de la ligne de touche, tu risquais de passer sous les trucs publicitaires et de te facturer une jambe sans problème. C’étaient les tacles à l’époque évidemment, ce n’est pas les trucs de chochottes qu’on voit maintenant. Nous attaquant, on savait en mettre aussi. Il suffisait de demander à Bernard Lacombe, paix à son âme, mais il a distribué quelques semelles. Il était colérique. Comment je me faisais respecter des défenseurs ? C’était d’être toujours là, dès qu’ils recevaient un ballon, de leur sauter dessus. J’étais au pressing, autant sur les têtes comme j’avais un bon un très bon jeu de tête… J’avais sauté 1mètre85 en hauteur, je mesure 1mètre70. Donc j’avais une détente quand même relativement intéressante et comme au départ je mettais mon bras sur leur avant-bras, ça les empêchait de sauter. Tout le monde disait ‘Eh oh !’. Si j’avais une technique particulière ? Non, non. Même dans le jeu, je ne me souviens pas avoir tiré un maillot. Par contre, avoir distribué des tacles pour faire mal, oui, notamment à Roger Jouve de Nice. Il m’avait bien assaisonné et j’ai attendu le match retour et là je lui ai donné le compte. La vengeance est un plat qui se mange au froid. La ‘touche’ Jean Gallice ? Ce que je faisais c’est que je faisais visiter le terrain à celui qui me marquait parce qu’à l’époque c’était souvent de l’individuel. Donc je me donnais les dix premières minutes pour faire des appels dans tous les sens, vers la profondeur, en appui, sur les côtés, plongés. Et quand je voyais qu’il commençait à tirer la langue, alors là je sollicitais le ballon vraiment pour pouvoir l’avoir dans de bonnes conditions.”
Retranscription Girondins4Ever

