Alain Giresse : “Il marque les esprits à Bordeaux, parce qu’il s’est murmuré que les gens avaient dormi sur les trottoirs pour pouvoir avoir un billet…”
Auprès de Pascal Laplassotte et Sébastien Renault, l’ancien meneur de jeu des Girondins de Bordeaux, Alain Giresse, est revenu sur ce match aller-retour entre le FCGB et la Juventus Turin, en 1985.
« En fait, c’est un match… Puisqu’on rate le match là-bas… En Coupe d’Europe, on avait toujours joué le premier match à domicile. Il fallait aller chercher les qualifications à l’extérieur. Là, c’était l’inverse. On joue le premier match à Turin. Il y a ce résultat à faire à Lescure, et tout d’un coup s’enclenche un processus, on y croit. Sud Ouest lance une campagne ‘on y croit’ etc, et il y a quelque chose qui se passe, c’est la folie. Le stade c’est 42000 personnes alors qu’il pouvait n’en contenir que beaucoup moins. Ce match-là, oui… On est passés un peu à côté d’un exploit, mais en tout cas il a été d’une intensité émotionnelle exceptionnelle. C’est évident. C’est un grand souvenir, c’est énorme. Il marque les esprits à Bordeaux, parce qu’il s’est murmuré que les gens avaient dormi sur les trottoirs pour pouvoir avoir un billet (rires). Il y a eu aussi après celui contre Milan, une autre génération… Il y a des matches comme ça que l’on cible et qui sont forts par tout ce qu’ils représentent ».
Quel était l’état d’esprit à la fin du match ?
« On ne peut pas être complètement satisfait. Non. Un compétiteur, même s’il a fait une super production, il ne peut pas être satisfait parce que le résultat n’est pas atteint. On avait des regrets par rapport au premier match, moins sur celui-là. Mais dans l’ensemble des deux matches, l’élimination nous restait en travers. C’est surtout ça. On ne pouvait pas dire qu’on avait un super match, qu’on était contents de nous… Non. C’est ce qui fait la force des compétiteurs, ils ne sont contents que quand ça gagne. C’est tout. Faire un bon match… C’est uniquement bien quand on gagne ».
Retranscription Girondins4Ever

