Blessure, cicatrice, problèmes financiers, reconversion… Benoit Trémoulinas parle de la “petite mort du footballeur”
Sur La Chaine L’Equipe, l’ancien latéral des Girondins de Bordeaux, Benoit Trémoulinas, a évoqué – avec en toile de fond les derniers propos de Steve Mandanda – la fameuse “petite mort du footballeur”. Le bordelais a été très transparent, abordant tout le sujet, en étant vraiment complet.
« Non, je n’ai pas choisi d’arrêter ma carrière, c’est mon genou. Et en fait, il faut apprendre à vivre avec. C’est compliqué. On y pense tous les jours. Il y encore de ça deux ou trois jours, j’en ai parlé avec ma compagne, et je lui disais ‘putain, tu te rends compte, aujourd’hui je pourrais encore jouer, et à cause de ce genou…’. Mais en fait non, il faut essayer de passer à autre chose, apprendre à vivre avec. L’effacer c’est impossible parce que c’est gravé en vous, et jusqu’à la fin de vie, cette cicatrice sera toujours là. D’ailleurs, j’ai une énorme cicatrice sur mon genou. En fait, pour moi, ça n’a pas été si brutal comme Steve (Mandanda). Si on compare, lui, c’est du jour au lendemain, il décide d’arrêter. Moi, ça a été assez progressif. A 30 ans et demi, je me blesse en demi-finale de Coupe d’Europe. Je devais faire l’Euro 2016, je me dis tant pis, je me fais opérer, il me reste un an de contrat avec Séville, et ça repart. Sauf que ce n’est jamais reparti. J’ai fait ma dernière année de contrat à Séville chez le kiné, où je n’ai fait aucun entrainement pendant un an. Le club a été cool avec moi parce qu’ils m’ont quand même payé. Et à la fin de cette année de contrat, Séville ne me prolonge pas, et je rentre chez moi à Bordeaux. Pendant deux ans et demi je me suis dit que je n’allais pas lâcher. Je me suis fait opérer deux fois. J’essayais de revenir, mais petit à petit je sentais que ça n’allait pas tenir, que ça n’allait pas le faire. J’ai essayé d’y croire, d’y croire… Au bout de deux ans et demi, stop. La chance que j’ai eue, c’est que j’ai été approché pour intégrer par L’Equipe. Ça a été très vite, et ç’a m’a permis de vite me remettre dedans, de remettre un pied dans le football… Mais après, une fois ces deux émissions faites, qu’est-ce que vous faites dans la semaine ?! Souvent, on me reprochait, ma compagne et mes amis, la procrastination. On me disait que je pourrais faire plein de choses, avec le réseau, etc… Et puis, il y a aussi le côté financier qu’il faut gérer. J’ai eu pas mal de problèmes financiers parce que je n’avais pas prévu d’arrêter à 30 ans, on tablait plus sur du 34-35… Il y a des crédits à rembourser : c’est tout un engrenage. En fait, finalement, on est un peu obligé de s’y remettre, et en s’y remettant on se rend compte qu’on apprécie. Aujourd’hui, je suis sur la Chaine L’Equipe, je m’éclate, je suis aussi chez Winamax, je m’occupe aussi de la buteuse de l’Equipe de France de rugby qui explose, et c’est un vrai challenge parce qu’au début elle était un peu dans le trou comme moi. Je m’occupe aussi depuis peu d’un joueur de Ligue 1 dans tout ce qui est débriefing et sur le terrain aussi. En fait, on est obligé de s’y mettre, pour s’épanouir ».
Retranscription Girondins4Ever



