Ludovic Obraniak évoque “la petite mort du footballeur” : “J’ai pris 15kg la première année, pour vous dire à quel point la dépression a été assez forte…”

    Sur La Chaine L’Equipe, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux, Ludovic Obraniak, a évoqué – avec en toile de fond les derniers propos de Steve Mandanda – la fameuse “petite mort du footballeur”. L’ex-bordelais a expliqué comment il avait vécu l’après…

    « On essaie d’exister aux yeux des nôtres. Il faut donner l’illusion que tout va bien, qu’on est capable de prendre les choses en mains, mais c’est une chute au fond du grand canyon. C’est le grand vide, c’est d’une violence absolue. J’ai pris 15 kilos la première année, pour vous dire à quel point la dépression a été assez forte, et j’ai menti à ma femme en lui prétextant des choses que je faisais et qui n’étaient pas vraies, pour faire semblant d’avoir une activité. Donc c’est assez terrible de se dire qu’on n’est plus à grand-chose, qu’on n’est plus utile, et qu’on ne veut pas descendre dans l’admiration des gens qui sont à nos côtés ».

    Le consultant explique également qu’il est difficile de penser à l’après pendant la carrière.

    « Quand tu es dans ta carrière, tu ne te dis jamais que ça va s’arrêter demain. Tu n’as jamais le temps de… Et quand ça s’arrête, ça s’arrête, le couperet est violent. Aujourd’hui, aller dans les formations pour en parler, ils sont en pleine force de l’âge, ils ont encore 10-15 ans devant eux… Donc leur parler de ça, leur dire que dans 15 ans… En fait, ils ne sont pas dans cette énergie-là. Et puis ceux qui sont dans la trentaine, ils sont dans un espèce de déni, ils ne veulent pas l’entendre ».

    La télé, comme bouée de sauvetage

    « La télé pour moi a été une bouée de sauvetage, clairement. La télé, la radio. Pour être honnête, c’est de la survie. On n’est pas totalement rassasié et comblé, parce que finalement il y a toujours un vide… Cette adrénaline a tellement été forte, qu’on court toujours après ça. Aujourd’hui, je fais un métier qui me réjouit totalement, mais qui ne comble pas totalement ce vide ».

    Retranscription Girondins4Ever