Philippe Bergeroo : “Je suis dans le couloir, je recule… Guy Texier, qui me prend par le cou et m’embrasse, qui me dit ‘allez grand, maintenant il faut y aller’”
Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien gardien des Girondins de Bordeaux, Philippe Bergeroo, s’est souvenu de plusieurs rencontres à ses débuts avec le maillot au Scapulaire.
« Je joue un match à Bastia où on perd 1-0. Mon deuxième match, je le joue contre Nîmes, et je me tords le genou. Je reste trois semaines, avec une ablation du ménisque, je me fais opérer. Mais j’ai déjà commencé un peu à tâter ces matches… Le premier match pour moi qui a été très dur, c’est le match que j’ai fait à 17 ans contre Saint-Etienne. Déjà, Saint-Etienne, je ne les avais qu’en photo sur les murs de ma chambre, mais c’est surtout que quand je jouais à Saint-Jean-de-Luz, il n’y avait que 15 spectateurs quoi… C’était juste les parents. Là, on joue au stade Chaban Delmas contre Saint-Etienne, et le stade est plein à craquer… Je suis dans le couloir, et juste au moment de monter les escaliers pour sortir, je recule quoi… Il y a un joueur, Guy Texier, qui me prend par le cou et m’embrasse, qui me dit ‘allez grand, maintenant il faut y aller’. Heureusement qu’il était là parce que sinon je serais parti en courant (sourire). C’était le public quoi… J’entendais le bruit du public dans le couloir. Et en plus, c’était la période où tous les gens chantaient la chanson ‘allez les Verts’, il n’y en avait que pour eux. Ce match, ça s’était très bien passé, j’avais fait un très bon match. Voilà, c’est parti… j’ai beaucoup stressé ».
Puis, il poursuit.
« Je ne dormais pas beaucoup mais ce qui est incroyable c’est que quand on était côte à côte dans le tunnel, il y avait certains stéphanois qui se tapaient des coudes : ‘oh, ils nous ont mis un mec de la Gambardella dans les buts, qu’est-ce qu’il vient faire là, il est tout maigrichon’. Ça a été des moments difficiles, parce que 17 ans, c’est gamin encore… Je n’ai jamais eu peur de la blessure, mais j’ai toujours eu peur de faire perdre l’équipe. Toujours, c’était une hantise ».


