Jean Tigana explique comment le carré magique fonctionnait
Dans L’Equipe et “Paroles d’Ex“, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux (1981-1989), Jean Tigana, s’est exprimé sur la Coupe du monde 1982, à laquelle il a participé avec l’Equipe de France. L’occasion pour lui de rappeler, pour les plus jeunes ou ceux qui l’ont connu, ce qu’était le fameux “Carré magique”, et comment celui-ci fonctionnait et s’articulait.
“Contre la Belgique (3-2), en qualifications, en avril 1981, Michel n’était pas là, c’était “Gigi”, Bernard Genghini et moi. C’étaient les prémices du carré magique. Je courais pour les autres, mais bon, chacun son métier. Moi, ça ne m’a jamais dérangé, du moins quand les autres mettent en valeur mon travail. Mais si je cours pour quelqu’un qui ne met pas en valeur mon travail, là, je deviens désagréable (sourire). Je l’ai toujours dit, Michel (Platini) a mis en valeur mon travail, s’il ne marque pas en 1984 à Marseille, on ne se souvient jamais de mon action. C’était du bonheur pour moi de travailler pour eux, tout le temps. Je n’ai jamais été bloqué là-dedans. Après l’Autriche, c’est le dilemme qu’a eu Michel Hidalgo. Je suis homme du match, “Gigi” est indispensable et Bernard Genghini a marqué le but : qu’est-ce qu’on fait, on sort qui ? C’est tombé sur Gérard Soler. Dans le carré magique, je suis derrière, “Gigi” à droite, Bernard à gauche, et “Platoche” un peu plus haut. J’ai plus souvent demandé à Bernard de venir m’aider, parce que je savais que “Gigi” allait venir en boudant (rires). Bernard avait une intelligence tactique exceptionnelle, et il courait. Notre grande force dans ce truc-là, c’est qu’on ne perdait pas le ballon. Surtout, ils se montraient toujours disponibles dans les intervalles”.
