Les raisons du malaise entre Claude Bez et Alain Giresse
Dans L’Equipe, un focus a été fait sur le départ d’Alain Giresse des Girondins de Bordeaux vers le rival Marseillais de Bernard Tapie, un départ provoqué par Claude Bez.
Un souvenir datant de plusieurs décennies, mais qui reste encore un épisode douloureux dans l’esprit du petit prince de Lescure.
« Désolé, l’affaire est close. Je ne veux plus en parler. »
Le quotidien sportif revient néanmoins sur ce transfert tonitruant de l’époque.
En 1986, la situation s’est lentement dégradée, sans que le champion d’Europe 1984, homme du carré magique inventé par Michel Hidalgo – manager de l’OM à l’époque -, ne songe pour autant à partir.
Premier malentendu entre les deux hommes, « Gigi » participe à Numéro 10, émission présentée par Michel Platini sur Antenne 2 (devenu France 2).
L’ancien président Girondin ne porte pas le service public dans son coeur.
« Sauf que Claude Bez, qui n’aimait pas le service public par conviction politique, était en guerre ouverte avec cette chaîne. Il m’a dit qu’il ne trouvait pas cela normal que j’aille me montrer sur un média qu’il méprisait. »
Au retour du Mexique, il ressent au club une forme d’animosité, cultivée par la garde rapprochée du président Claude Bez.
Je ne me sentais pas à l’aise. Je n’avais toujours pas resigné. Je m’entraînais et je n’étais pas payé, mais je n’étais pas préoccupé par cet aspect juridique. L’hostilité de cet entourage me perturbait. J’ai eu peur de perdre le plaisir absolu qui me guidait depuis toujours dans ce club. » En 1986, L’Équipe évoquera une rencontre décisive entre Tapie et Giresse, deux jours avant Toulouse, à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, suivie d’un échange avec Bez, « lequel ne lui apporta pas les éclaircissements qu’il attendait.
Jusqu’à maintenant il avait repoussé les sollicitations du nouveau président de l’époque, Bernard Tapie, mais face à la situation il décide à contrecœur de partir à Marseille.
Après son départ, Claude Bez flingue Alain Giresse qu’il estime être :
« fini et pas respectable ».
Il en vient même à lui réclamer les équipements qu’il porte encore sur la photo officielle. Alain Giresse ironisera :
Ceux de cette saison ou ceux des 22 précédentes ?
En interne, il devient le traître, comme il le comprendra le 11 avril 1987, victime d’un traquenard pour son retour à Bordeaux sous le maillot de l’OM, match durant lequel il livrera une prestation insipide, ne sera pas épargné par ses ex-coéquipiers et n’ayant pas vraiment eu le coeur à jouer contre son club de toujours.
