Stéphane Beaud : “Pendant toute sa jeunesse, surtout entre 15 et 20 ans, Zidane n’a pas connu de sortie, de vie adolescente comme on l’entend aujourd’hui”
Dans L’Equipe Magazine, le sociologue Stéphane Beaud, qui a écrit un livre sur Zinedine Zidane, a expliqué ce qui a permis à l’ancien meneur de jeu des Girondins de Bordeaux “de devenir Zidane” aujourd’hui, et le sélectionneur de l’Equipe de France.
“C’est une question essentielle. Pendant toute sa jeunesse, surtout entre 15 et 20 ans, Zidane n’a pas connu de sortie. Il n’a pas connu de vie adolescente comme on l’entend aujourd’hui. Il était entièrement focus sur le football et guidé par son obsession de réussir. D’un point de vue sociologique, c’est évident que, pour comprendre, Zidane, ce n’est pas Maradona, Pelé ou Mbappé. Il n’est pas à 13 ans repéré et voulu par tout le monde, il est un bon joueur comme il y en a beaucoup. Ce qui est fascinant chez lui, c’est comment il a franchi chaque année des paliers, à la fois physique et footballistique”.
L’histoire individuelle de l’ancien bordelais doit être inscrite dans une histoire collective, encore plus dans les années 80-90.
“Je suis très attaché à la notion de génération sociale. Zidane appartient à ce moment où les jeunes d’origine maghrébine arrivent sur le devant de la scène, démographiquement et politiquement, avec « la marche des Beurs » de 1983. Lui c’est le football, il y aura Jamel Debbouze pour le stand-up, d’autres pour la musique. Voilà ce qu’on a appelé la « génération beur ». Elle m’a semblé toujours intéressante d’un point de vue sociologique, parce que c’était un mouvement social qui était porteur de beaucoup de potentialité d’émancipation et qui a dû se battre politiquement pour exister”.
