Jean-François Domergue : “J’ai été touché il y a trois ans par le décès de ma femme. Je suis revenu sur Baillargues parce que j’y ai des amis, je ne me voyais pas tout seul”
Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux, Jean-François Domergue, s’est exprimé sur ses qualités de joueur à l’époque, en plus d’avoir du coffre.
« Mes autres qualités ? C’était la technique, la vision du jeu, et puis le tempérament. J’étais un compétiteur, je ne lâchais rien. D’ailleurs aujourd’hui, je joue aux cartes, je fais la gueule si je perds… Si je fais une partie de tennis-ballon, si je perds, je n’en parle pas… »
Mais d’où cela vient ?
« Je ne sais pas vraiment, en fait. Je ne me suis jamais posé la question. C’est la première fois où je vais aussi loin dans la discussion. Papa ne parlait pas trop, mais il était là. Sa présence, c’était peut-être un gage de… A un moment donné, on jouait sur le terrain des Coqs Rouges, qui est une grande école de football sur Bordeaux. Il y avait un dirigeant qui s’appelait Monsieur Gomes. Je ne sais pas ce qui s’est passé, Monsieur Gomes a dû avoir des mots sur moi ou sur quelqu’un d’autre, et c’est la première fois que j’ai vu ça de ma vie, mon père lui a donné un coup de poing. Et ça m’a choqué. C’est la première fois que je voyais papa comme ça. Mais là, il avait dû se passer quelque chose, même si je n’ai su réellement ce qui s’était passé. Et ça ne m’a pas intéressé parce que je n’aime pas la violence. On va dire que j’ai très vite appris que dans la vie, il faut se battre. Quand vous êtes ouverts à entendre et que vous comprenez ce qu’on vous dit, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Quand j’ai perdu papa, ça a été un moment difficile, maman ensuite pareil. Tout ça, ce sont des choses qui m’ont marqué. Et puis, tout au long de la vie, j’ai appris qu’il ne fallait jamais rien lâcher, tout en étant cool. Le foot m’a tout apporté en fait. Il faut de l’écoute, et même encore aujourd’hui j’apprends. J’ai été touché il y a trois ans par le décès de ma femme. Je suis revenu sur Baillargues parce que j’y ai des amis et des copains. Je ne me voyais pas dans un endroit tout seul, sans amis. J’ai besoin de ça. Quand on perd sa femme c’est quelque chose d’important, et c’est une école de la vie aussi. Si tu ne te bouges pas, tu ne vas pas aller bien. Je suis retraité, mais j’ai la chance de faire des missions pour l’UEFA. Quand tu es à la retraite, on dira ce qu’on voudra, mais tu ne comptes plus pour personne. Je fais toujours du sport, je cours, je marche, je fais des fractionnés, du tennis-ballon. En tout cas, ça m’aide ».


