Ronan Salaün : “Quand il était satisfait, il m’appelait le Breton, quand il l’était moins, il m’appelait Salaün”

    Pour News Ouest, l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux originaire de Quimper, Ronan Salaün, s’est exprimé sur la disparition de Rolland Courbis, lui qui fut son entraineur pendant quatre années (deux ans au FCGB et deux au TFC).

    “Rolland vivait à l’hôtel que ça soit à Bordeaux ou Toulouse. L’image que je retiens de lui, c’est quelqu’un qui ne parlait jamais mal à ses joueurs. Il était juste et franc. Je me rappelle qu’à Bordeaux, il me met remplaçant un match alors que j’avais fait un bon match, la rencontre précédente, en me disant même si l’équipe gagne 4-0, tu seras titulaire le prochain match. Et il respectait sa parole. Elle était engageante. Comme il vivait à l’hôtel, les nouveaux joueurs étaient aussi logés dans le même hôtel”.

    Puis, il poursuit.

    “Beaucoup m’ont dit que ça ne collerait pas, un Breton, un méridional, ça n’a pas le même tempérament. Et pourtant, c’est tout l’inverse. J’ai vraiment aimé l’homme. J’avais un truc pour savoir s’il était content de mon match, quand il était satisfait, il m’appelait le Breton, quand il l’était moins, il m’appelait Salaün. A Bordeaux, je jouais attaquant, la première année, on remonte en D1 et la 2ème année, on finit 4ème du championnat, avec les Lizarazu, Dugarry, Zidane. Il était très malin dans sa construction d’équipe. Je me souviens sa deuxième année à Bordeaux, il voulait se débarrasser de trois joueurs de notre effectif pour les remplacer par trois Cannois qui tombaient en D2. Il prend Jean-François Daniel, Eric Guérit, et Zinédine Zidane (qui avait 20 ans). Il propose une somme globale pour les 3 à Cannes”.

    Enfin, il se rappela de parties de cartes dans le bus, comme évoqué par Christophe Dugarry.

    “A Bordeaux, aussi pour les déplacements en car, on jouait énormément aux cartes, à la contrée, on misait tous un billet et le premier qui arrivait à 1000 points, raflait la mise. Ca durait 3/4 heures de suite. C’est l’entraîneur le plus marquant que j’ai eu dans ma carrière”.