Souleymane Diawara : “A la fin de la saison, c’était la débauche… Du jour au lendemain tu deviens beau, comme ça, tu as dix meufs à ta table…”
Pour « Sous la surface », l’ancien défenseur central des Girondins de Bordeaux, Souleymane Diawara, s’est exprimé sur la facilité de sorti à Londres, lorsqu’il évoluait à Charlton.
« J’avais déjà commencé avant… (sourire). C’est une magnifique ville, j’aime trop cette ville. Quand j’ai quitté Londres, après j’y retournais tous les ans. C’est un autre monde en fait. Je viens de Normandie, je suis passé par Sochaux, et du jour au lendemain tu te retrouves à Londres… Piccalilli Circus en plein centre, tu as de quoi péter les plombs si tu n’as pas la tête sur les épaules (rires). Franchement, je l’avais, mais peut-être que parfois, inconsciemment… J’ai eu la chance d’être bien entouré, je pense. J’ai mon petit frère qui me remettait parfois sur les rails, quand il voyait que ma tête commençait à gonfler, alors que je n’avais rien fait… Il ne faut pas rigoler avec le football. Mais je pense que j’ai été raisonnable. Bon, ça m’est arrivé de temps en temps de dérailler, comme tout le monde (rires), mais dans l’ensemble ça va quand même… A part la fin de saison quand le coach ne me faisait plus jouer, et je savais qu’on allait descendre. Là, c’était la débauche ».
Cela signifie quoi « débauche » ?
« En fait, je me suis dit que j’étais à Charlton, alors, qui allait me reconnaitre… Mais c’est là que je me rends compte que la Premier League est regardée de partout. Quand j’allais à Londres, les gens me reconnaissaient, les paparazzis… On m’avait toujours dit qu’il fallait faire attention à la presse anglaise… Du jour au lendemain tu deviens beau gosse, tu ne sais même pas pourquoi… Heureusement que j’avais la tête sur les épaules sinon c’était chaud (rires). Tu peux vite péter les plombs. Tu es célibataire, tu sors, tu remontes toujours avec une meuf… Tu n’as pas envie de faire ça tous les week-ends ? (rires). Voilà… Mais il ne faut pas manquer de respect au football, donc je me remettais en question à chaque fois. C’est pour ça que j’ai été très raisonnable, parce que j’ai eu d’autres exemples. Si tu n’as pas la tête sur les épaules, tu pètes un plomb. Parce que les footballeurs, on est des assistés… Tu as besoin d’un truc, ça arrive, sans bouger. Tu arrives en boite, le patron te fait la bise, ‘mon frère’, mais non, je suis juste un client qui dépense l’argent. Du jour au lendemain tu deviens beau, comme ça, tu as dix meufs à ta table… Mais non, ce n’est pas vrai… C’est faux, tout ça est faux. Les gens sont moches et du jour au lendemain ils se croient beaux. Eh, frérot, c’est juste la notoriété et l’oseille… ».


