Willy Sagnol : “Quand je regarde les têtes des sélectionneurs, ils ne vieillissent pas. En revanche, les coaches, en six mois ils ont pris dix ans…”
Pour Kampo, l’ancien entraineur des Girondins de Bordeaux, Willy Sagnol, s’est exprimé sur le métier de sélectionneur, lui qui est à la tête de la Géorgie depuis quelques années maintenant.
« Quand je regarde les têtes des sélectionneurs, ils ne vieillissent pas. En revanche, les coaches, en six mois ils ont pris dix ans… Il y a des endroits, c’est dur hein… Le métier d’entraineur de club… De sélectionneur aussi, mais de club, c’est dur et en termes de santé, c’est impactant. Je ne me suis jamais dit que j’en avais marre, non. Par contre, ça m’arrive, même encore aujourd’hui, de me poser des questions et de me demander si je suis fait pour ça. Oui, même maintenant, vraiment. En plus, quand on est entraineur, en ayant été joueur avant, on est marqué par une forme de recherche de la perfection, et tout le temps. Ça n’a jamais de fin, car jamais rien n’est parfait, donc on se fait mal. Parfois, quand on se fait mal, on se dit qu’on n’est peut-être pas fait pour ça. Ça dure quelques minutes, et ça passe. Peut-être que le cerveau a besoin de se poser ce genre de question pour calmer un peu les choses. C’est peut-être un réflexe du cerveau, je ne sais pas ».
Puis il évoqua ce qu’il vit avec la Géorgie aujourd’hui.
« C’est le foot et le sport en général, qui est créateur d’émotions. Tu ne peux pas les avoir ailleurs, car l’échelle est démultipliée. Quand tu vas réussi avec la Géorgie une grande performance, comme se qualifier à l’Euro ou bien tourner à l’Euro, la joie est à l’échelle du pays… Quand je suis en Géorgie, je ne fais pas cinq mètres, car les gens ne parlent que de ça, et ils en parlent avec le sourire. Les gens sont encore contents, fiers… Ça t’apprend l’humilité quelque part, car tu as envie de vivre leur bonheur, de leur laisser vivre leur bonheur. Tu te dis que tu as fait ton travail, tu es heureux d’avoir rendu les gens heureux. Tu prends un peu de distance par rapport à ça. C’est fort. J’aurais pu échanger tous mes titres pour ces moments-là, ces 3-4 mois qu’on a vécu ensemble entre la qualification et le début de l’Euro, la victoire contre le Portugal… J’aurais tout échangé pour ça, en termes d’émotions je n’avais jamais vécu ça avant ».


