Willy Sagnol : “Quand tu joues avec Zidane, tu te rends compte que tu ne fais pas le même sport…”

    Pour Kampo, l’ancien entraineur des Girondins de Bordeaux, Willy Sagnol, s’est souvenu de son arrivée en Equipe de France, au poste de latéral droit.

    « Ils ont voulu être Champions du Monde et d’Europe sans moi. Je leur en veux, mais c’est comme ça, on ne peut pas changer le passé (rires). Pour rentrer dans ce groupe-là, il fallait une petite épidémie… Malgré tout, j’y arrive, oui. Quand tu arrives, tu as les Zidane, Djorkaeff, Desailly, Thuram… Tu ne dis rien, tu regardes, tu apprends, tu travailles, tu souris quand on te dit de sourires, tu cours quand on te demande de courir… L’avantage de cette période, c’est que beaucoup de joueurs étaient issus de l’AS Monaco, comme Henry, Trézeguet, Barthez, Lamouchi… ça a facilité mon intégration. Quand tu joues avec Zidane, tu te rends compte que tu ne fais pas le même sport… Tu ne fais pas le même sport, c’est impossible. Tu as le même ballon, mais tu ne fais pas le même sport. C’est tout, il n’y a rien d’autre à dire ».

    Est-ce que la performance de Zinedine Zidane lors du France-Brésil en Coupe du Monde 2006, est la plus marquante ?

    « Pour ceux qui aiment le foot, tout le monde parle de ce match, de ses passements de jambes, sombreros… Par contre, quand on en parle entre nous, les joueurs, les entraineurs, c’est sa performance contre l’Espagne. Mais je comprends, parce que contre le Brésil, il y a eu des gestes techniques qui, pfff… C’est pour ça que je dis qu’on ne fait pas le même métier. Il y a deux choses qu’il faut prendre en compte dans ce qu’il fait sur un terrain. C’est que pouvoir réussir un geste technique, c’est à la portée de beaucoup de gens. Mais ce qui est à la portée de quasiment personne, voire personne, c’est d’avoir l’idée de le faire à l’instant T. Tous les joueurs pros peuvent réussir ce qu’il fait, Zidane, mais à l’instant T savoir que c’est la meilleure des choses à faire, bah il n’y a que lui, ou très peu de joueurs… Messi, Maradona, Cruyff… Tu savais qu’à chaque fois qu’il allait te faire une passe, même une moindre passe, le ballon allait toujours arriver comme il fallait, sans rebondir quatre fois… C’était ça, sa grande force, c’est que toutes les passes qu’il faisait, cela mettait les partenaires dans les meilleures conditions possibles ».

    Retranscription Girondins4Ever