[Interview G4E] Anthony Castera (Angoulême) : “Ce club de Bordeaux ne doit pas mourir, ça reste quand même une institution et il fait partie de l’histoire du football français”

    (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) – Photo by Icon Sport

    Avant la rencontre entre le club d’Angoulême et celui des Girondins de Bordeaux, comptant pour la 20ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec Anthony Castera, attaquant de cette équipe. Né à Bordeaux, il a été joueur dans les équipes jeunes de Mérignac Arlac, du SA Mérignac, puis a connu des expériences à l’Aviron Bayonnais (2012/2013), Tours (2013/2016) la réserve des Girondins (2016/2017), Mérignac-Arlac (2017/2018), les Genêts d’Anglet (2018/2020), Libourne (2020/2024) puis Angoulême depuis 2024. Avec lui nous évoquons son parcours, son passage avec la réserve des Girondins, ses anciens coéquipiers, Jules Koundé, les Girondins, Angoulême, le match à venir, Soufiane Bahassa et plein d’autres choses… Interview. 

    Peux-tu nous raconter ton parcours ?

    Je suis né à Bordeaux. Moi j’ai commencé le foot à Mérignac-Arlac, c’est le club qui est à 200 mètres de chez mes parents, donc j’ai commencé là-bas. J’ai fait toutes mes classes de jeunes là-bas, ensuite j’étais parti au SA Mérignac, au SAM, pour évoluer en 17 Nationaux pour commencer à goûter un peu au niveau national. Après, j’avais Bayonne qui voulait me faire venir pour jouer avec les 19 ans nationaux, mais moi je faisais encore mes études à Bordeaux. Je faisais les allers-retours pour aller à l’entraînement en train (sourire), alors que j’avais école dans Bordeaux Centre tous les matins, donc c’était assez physique quand même. Après, au bout de quelques mois, j’ai intégré la CFA à Bayonne. C’est ce qui m’a permis, puisque j’avais 17 ans à cette époque-là, de signer à Tours qui m’avait repéré, qui m’a fait venir à l’essai pendant quelques jours. Ils m’avaient fait signer un contrat et j’étais resté trois saisons là-bas. J’avais un peu goûté au monde pro là-bas avec la Ligue 2 et j’ai eu une grosse blessure. Je m’étais fracturé le péroné donc ça m’avait écarté des terrains pendant sept mois à peu près. J’étais revenu après la dernière saison, le staff avait changé chez les pros, c’était compliqué. Ce n’était pas du tout la même philosophie et mentalité de faire jouer les jeunes, parce que j’étais encore jeune à l’époque. C’était beaucoup les anciens qui jouaient. J’ai fait la saison en réserve, j’étais capitaine de la réserve. 

    En 2016 tu rejoins la réserve des Girondins. Comment cela s’est fait ?

    J’ai eu l’opportunité de venir à l’essai aux Girondins par l’intermédiaire de Sylvain Blaquart, que je connaissais, que j’avais eu au SAM en coach en 17 ans nationaux. Il savait que je cherchais un autre projet donc il avait parlé de moi là-bas. Ils m’ont fait venir à l’essai et au bout de deux jours ça s’était bien passé. Ils avaient écourté l’essai, ils m’avaient dit qu’ils me proposaient un contrat. J’avais commencé avec la réserve. Ça s’était franchement bien passé au début, après, j’avais connu des pépins physiques au niveau de la hanche. Au début j’avais eu des douleurs, parfois, je revenais, je me re-blessais un petit peu. Cette année-là il y avait beaucoup de descentes – ils étaient en Ligue 1 – de joueurs en réserve. Parfois, ça pouvait arriver qu’en réserve, il y avait neuf mecs qui redescendaient, huit, neuf mecs en comptant les jeunes pros. Il y avait beaucoup de concurrence donc je n’étais pas non plus la priorité. En plus, avec mes petits pépins physiques, ça a été un peu une année en dents de scie. Au moment où je suis revenu en fin de saison, j’ai repris un coup en match avec la réserve. J’avais une plaque qui est due à ma fracture du péroné à Tours. J’ai repris un coup et ça s’était re-fissuré donc j’étais encore arrêté deux mois. Ça a été une année compliquée, mais une très belle expérience. Pour moi, en tant que joueur de foot qui ai commencé le foot, c’est ce club qui m’a fait aimer le foot. J’étais abonné aux Girondins avec mon père depuis tout petit. C’est les premiers matchs à Chaban Delmas – je m’en souviendrai toujours – avec mon père. C’est franchement un club qui m’a marqué et qui me marquera toujours. Pour moi, c’était une fierté de pouvoir signer dans ce club, malgré le fait que ça a été une saison compliquée. C’était quand même une fierté pour ma famille puisqu’ils sont tous supporters des Girondins. C’était mon grand-père, mon père, mes oncles, etc., mes frères… Franchement, c’était une fierté. Malgré le fait que ça aurait pu mieux se passer, il n’y a pas forcément de regrets. C’est comme ça, c’est le destin.

    Pourquoi tu n’es pas passé par la pré-formation et formation bordelaise ?

    En fait, j’ai eu un parcours un peu atypique. Quand j’étais plus jeune j’ai été invité à des rassemblements, mais j’ai eu une progression un peu tardive, on va dire. J’ai vraiment progressé sur le tard. Je pense que quand j’étais plus jeune, je faisais partie des bons joueurs du coin, de la région. Mais je pense que je n’étais pas encore dans les tops joueurs du coin. J’étais un bon joueur, mais je n’étais pas dans les tops joueurs. Et à ce moment-là, les Girondins, en pré-formation, ils commençaient à aller chercher des joueurs en région parisienne, etc, qui étaient un peu plus évolués physiquement que moi. Je suis quand même un grand gabarit, mais j’ai gagné en gabarit plus tard, je me suis plus épaissi sur le tard, ma progression a été plus tardive. Je le dis souvent à des jeunes à qui je parle aujourd’hui, eux pensent que quand ils ont 21, 22 ans, c’est mort pour eux de foot. Mais je leur dis que jamais de la vie. Je connais des mecs qui ont signé pro à 26, 27 ans. Il y a des exemples, j’en ai un dans mon équipe, Victor Elissalt, il a signé pro à 26 ans. Donc il n’y a pas forcément de règles, il y a des évolutions tardives. Il y en a que je connais qui étaient aux Girondins quand ils avaient 10 ans. Ils ont arrêté le foot à 16. Donc, ça ne veut strictement rien dire pour moi. Mais après, c’est vrai que pour moi, petit, ça aurait été exceptionnel de jouer aux Girondins, c’est sûr. Le fait d’avoir eu cette opportunité (de venir en réserve), je l’ai saisi immédiatement. Pourtant, j’avais d’autres clubs qui me tournaient un peu autour. Mais pour moi, quand les Girondins sont venus, il n’y avait plus de discussion avec quiconque.

    Tu arrives dans une équipe avec plein de noms connus aujourd’hui comme Gaëtan Poussin, Jules Koundé, Zaydou Youssouf, Robin Maulun, Younès Kaabouni, Ilan Kebbal, Aaron Boupendza, Jorris Romil, Malhory Noc ou Sofian Valla… Quels souvenirs gardes-tu de cette saison ?

    Il y avait Adam Ounas, il y avait Sofian Valla ouais. Adam Ounas c’est l’année où il commence un peu à exploser. Il venait de faire sa grosse saison. Franchement, il y avait vraiment des noms et je les connaissais très bien, ce sont des mecs de Bordeaux comme Younès. C’est quelqu’un que je connais depuis qu’on est tout petit. Robin, c’est pareil. Ce sont des mecs que je jouais depuis tout petit. Younès c’est la même génération, Robin a un an de moins que moi. On se jouait depuis tout petit donc on se connaissait tous. Je suis arrivé dans un cadre où je connaissais déjà des personnes. Et dans ma ville, c’était top. Sinon, mis à part ça, il y avait une très belle équipe aux Girondins. Dans l’équipe première, il y avait Malcom. Il y avait une vraie belle équipe, je me rappelle qu’ils avaient accroché le PSG.

    Avec quels joueurs avais-tu noué une complicité ?

    Franchement je m’entendais bien avec tout le monde, mais je m’entendais très bien avec Ilan Kebbal. Là, je suis toujours en contact avec lui sur les réseaux. Après il y avait Kévin Zinga, même si on s’est un peu perdus de vue. On s’était retrouvés à Libourne une saison. Je m’entendais bien avec Sofiane Valla, avec Over Mandanda aussi. On s’était recroisés à Libourne quand on a fait la saison en N2 et qu’on a failli monter en National. Sofian Valla qui est revenu dans le coin parce qu’il est revenu à Bayonne cet hiver. Il a marqué contre nous le week-end dernier (sourire). Avec Robin (Maulun) pareil. Avec Younes Kaabouni on se voit encore, il est sur Bordeaux. S’il a arrêté ? Oui, il a arrêté. C’était quelqu’un où on s’appréciait déjà avant. On était déjà collègues avant d’évoluer dans le même club. C’est un super mec et c’était un super joueur. Pour nous de la génération 95, c’était le crack de la région bordelaise, de notre génération. C’est vrai qu’il n’a pas été épargné par les blessures le pauvre. C’est comme ça. Ça fait partie d’une carrière.

    Jules Koundé faisait ses débuts, quel souvenir gardes-tu de lui ?

    J’en garde un souvenir parce que quand j’en parle, les gens savent que j’ai évolué avec lui en réserve. Je ne suis pas surpris par sa progression. À l’époque, quand on s’entraînait avec la réserve, on avait rendez-vous le matin vers 8h45, 9h. Quand on arrivait, on avait l’heure du rendez-vous parce qu’on avait le temps pour faire notre renforcement à la salle, etc… Lui, on arrivait, il était déjà en tenue, il était déjà en salle en train de bosser. Je garde le souvenir d’un mec hyper bosseur. C’est un super mec, très gentil. Je trouve que quand je le vois aujourd’hui, comment il parle, comment il se comporte, etc, il n’a pas changé. Pour moi, c’est quelqu’un qui reste très humble, qui est un gros bosseur. À la fin des séances, je le voyais toujours travailler techniquement ses jeux longs, ses passes courtes, tout ce qui pouvait lui permettre de se mettre dans les meilleures conditions au match. C’était un très, très gros bosseur. Je pense qu’il est la définition même du « on n’a rien sans rien ». Si je ne suis pas étonné de le voir à ce niveau aujourd’hui ? Non, franchement. Après, à l’époque je ne me disais pas qu’il allait jouer au Barça, qu’il allait en équipe de France. On a du mal à imaginer ce genre de choses. Par contre, je savais qu’il mettait toutes les chances de son côté pour aller au plus haut niveau. Si j’ai évolué avec Tchouameni ? Non, il était dans la génération juste avant. Il était avec les 19, il était 17 surclassé en 19. Il avait fait des entraînements avec nous, avec la réserve. Il était monté quand on avait quelques absents. Il montait avec Zaydou (Youssouf). Mais c’est l’année d’après, surtout qu’il a basculé en réserve. Je n’ai fait que quelques entraînements avec lui. On se connaissait tous au centre et on voyait qu’il avait techniquement des prédispositions. C’était autre chose que Jules, par exemple. On sentait qu’il avait déjà vraiment des prédispositions techniques. Il dégageait quelque chose sur le terrain. C’était différent.

    Tu as ensuite vécu plusieurs expériences pour te retrouver depuis deux saisons à Angoulême. Comment s’est faite ton arrivée dans le club charentais ?

    Je sortais d’une saison avec Libourne. Je suis resté quatre ans à Libourne. Il y avait un projet, il y avait un président qui était là depuis deux ans et en gros il avait l’objectif de monter de N3 en N2, ce qu’on a fait la première saison. Ensuite, en N2, on a joué la montée directement en National. Toute l’année, on était premiers et à la fin, ça a craqué parce qu’il y a eu des problèmes financiers. Aujourd’hui, il y a un nouveau club à Libourne. Il a été recréé avec un nouveau nom. Tous les joueurs de Libourne se sont retrouvés libres en fin de saison. Malgré ça, vu qu’on avait fait une bonne saison, tous les joueurs ont eu des sollicitations. Angoulême, on les avait rencontrés cette saison-là. Je connaissais le club parce que je les avais déjà rencontrés avec Anglet. On se connaissait beaucoup, on se rencontrait car c’est dans le coin. J’ai été contacté par le directeur sportif. Il m’a dit qu’il était intéressé par mon profil et qu’il cherchait un neuf de mon profil pour l’attaque de la nouvelle saison 2024-2025. Je connaissais le club. Je savais que c’était un club très sain, familial. Je sortais d’une saison compliquée. J’ai vécu des émotions incroyables à Libourne mais on a aussi connu des galères. Je voulais me retrouver dans quelque chose de sain et plus tranquille. Là-bas je n’avais aucun doute sur ça. C’est un club vraiment familial, qui m’a apporté cette sérénité et qui me fait travailler dans de bonnes conditions. Je ne me suis pas trompé parce que je suis vraiment épanoui ici. C’est un club vraiment structuré. Franchement, j’ai connu des clubs pros où j’étais à l’essai, ou même des clubs de National. C’est moins structuré que ce club. Je suis vraiment très, très surpris, enfin pas surpris du coup, mais quand des gens m’en parlent et qu’ils voient de plus près, ils se disent que c’est vraiment structuré. Franchement, au quotidien, ils nous mettent dans les meilleures conditions.

    D’ailleurs, tu es avec un autre ancien des Girondins à Angoulême. C’est Mamadou Kamissoko.

    Oui, Kamissoko. On se connaissait de nom et on s’est beaucoup rencontrés quand il jouait à Bergerac. Il est arrivé cette année. Il a eu un parcours un peu plus long que moi aux Girondins, mais en plus jeune. On s’est retrouvés cette année. C’est un membre important de l’équipe et de la défense.

    Tu as pu goûter à plusieurs groupes de N2. Quelles différences peux-tu constater avec celui où nous sommes cette saison ?

    Pour moi, dans le groupe sud la différence c’est qu’il y a beaucoup d’individualités. C’est-à-dire que dans une équipe, les équipes, ce n’est pas… collectivement, ce n’est pas non plus… Elles ne sont pas forcément… Dans le Sud, pour moi, c’est tout pour l’attaque. Je trouve que dans notre groupe à nous, les équipes s’observent beaucoup, bon à part nous, le week-end dernier où il y avait un score un peu sévère (défaite 5-0 à Bayonne). Sinon, c’est souvent des 2-1, 1-0, c’est quand même très serré. Il y a beaucoup de matchs dans le Sud où c’est des 4 buts, 4-2, 3-0, c’est très fréquent. C’est tout pour l’attaque là-bas. C’est un peu moins structuré, je trouve et c’est vraiment tout pour l’attaque. Donc forcément ils investissent. Il y a des gros budgets dans le Sud qui investissent sur des individualités. Je trouve que c’est ça la différence, il y a plus d’individualités dans le Sud. Et nous, je trouve que dans notre poule c’est beaucoup plus structuré tactiquement, défensivement.

    Affronter Bordeaux est un sentiment particulier pour toi ?

    Exactement, oui. C’est toujours particulier de jouer contre ce club-là pour moi. Après, au match aller, c’était encore plus particulier parce que c’était au Matmut, dans ma ville, devant tous mes proches, ma famille. J’ai des amis qui font partie d’un groupe de supporters donc, c’est assez spécial. Mais c’est toujours spécial de jouer contre les Girondins. Après, je fais abstraction de ça. Maintenant, je ne suis plus tout jeune (sourire), donc ça va. J’arrive à faire abstraction de ça parce que je sais que c’est un match très important pour mon équipe, pour moi. Ça nous tient à cœur, surtout de se reprendre de notre match du week-end dernier (perdu 5-0 à Bayonne). Ça a fait une grosse contre-performance donc, il faut vraiment repartir de l’avant. Mais pour moi, c’est sûr que c’est toujours un match particulier contre les Girondins, ça le sera toujours. Ça me tient encore plus à cœur.

    Comment as-tu réagi quand tu as vu ce club être rétrogradé à ce niveau ?

    Franchement, j’ai trouvé ça vraiment, vraiment triste. J’ai connu les grandes époques des Girondins. Pour moi, les Girondins, quand j’ai commencé c‘était la Ligue des Champions, c’était Gourcuff, Chamakh… De voir aujourd’hui, de me dire que je me retrouve à jouer contre eux, contre l’équipe première, normalement, je serais censé jouer contre l’équipe réserve. C’est vraiment triste, surtout pour les passionnés. Mais ce que je trouve incroyable, ce sont les supporters qui ne lâchent pas, qui sont toujours derrière le club. J’ai vu plusieurs clubs pros, il y en a plein d’autres qui ont coulé. Mais les Girondins, c’est là où on voit que c’est une institution dans le football français. Que ce soient des supporters ou autres, tout le monde est derrière le club, personne ne lâche. C’est ça qui est beau, c’est là où on voit que c’est une vraie institution, que c’est un des plus grands clubs français. Ce qui fait la différence avec beaucoup d’autres clubs, c’est que ce club, pour moi, il ne faut pas qu’il meurt parce que ça reste quand même une institution et il fait partie de l’histoire du football français.

    Est-ce que tu t’es inspiré de certains joueurs passés par les Girondins à ton poste ou pas forcément justement ?

    Non… En vrai, j’ai beaucoup aimé Gourcuff. Il nous a procuré beaucoup d’émotions. Il a ramené un titre aux Girondins en 2009. Après, non, pas spécialement. Quand j’étais petit j’avais fait Cap Girondins. J’ai le souvenir de Mavuba. Aujourd’hui, c’est quelqu’un avec qui, quand on se croise, on se salue parce qu’on se connaît. On s’est croisés plusieurs fois. On sait qu’ils ont le sang du scapulaire, il est gravé en eux. Il y a des mecs à qui on s’identifie forcément parce que nous qui sommes de Bordeaux, ce sont des mecs qui ont tout donné pour ce club, malgré le fait qu’après, pour leur carrière, ils ont été amenés à bouger comme tout joueur de foot. Ça, c’est normal. Mais il est revenu au club par exemple. Pour moi, ce sont des références, ce sont des exemples pour tous les supporters et fans des Girondins de Bordeaux. Donc moi, un joueur en particulier, non. Sinon, techniquement, sur le terrain, je dirais Gourcuff. Et après, pour l’image du club, des joueurs comme Mavuba, Chamakh… Lamine Sané aussi qui est une personne de Bordeaux, qui a évolué  à Lormont. On s’est retrouvés à Libourne parce qu’il coachait la réserve. Je pense que ce sont des personnes qui sont très, très, très importantes dans l’histoire des Girondins de Bordeaux. Je pense que les personnes qui sont de Bordeaux, je pense que c’est quelque chose en plus, comme Lamine. Ils vivent le truc encore plus. Je pense qu’ils sont encore plus tristes de tout ce qu’il s’est passé. Je pense que c’est sur des personnes comme ça que le club devrait s’appuyer parce qu’ils ont cet amour des Girondins que je pense que personne n’a.

    Si on devait définir ton style de jeu, est-ce que tu serais plus un joueur comme Marouane Chamakh, véritable point d’appui fort de la tête, Pedro Miguel Pauleta en renard des surfaces ou Pascal Feindouno joueur de côté ?

    Je suis plus dans le style de Chamakh, je suis plus un point d’appui, un point de remise. J’ai un bon jeu de tête, je suis un bon point de fixation parce que je suis quand même grand, je suis quand même costaud. Mon style de jeu se rapproche plus de lui. Je suis plus altruiste que buteur.

    Est-ce que tu aurais voulu participer à la reconstruction du FCGB ?

    Tout joueur, en fait, qui est supporter des Girondins, aurait voulu participer à cette reconstruction. Après, l’opportunité ne s’est pas présentée. Aujourd’hui, je suis à Angoulême, c’est l’opportunité d’Angoulême qui s’est présentée et je suis vraiment très, très heureux d’être ici. Franchement, je suis très épanoui, c’est top. Après, effectivement, c’est quand même un club qui compte à mes yeux. Mais aujourd’hui, je suis vraiment à 100 % investi dans ce club. J’ai rencontré des personnes incroyables qui me permettent d’être épanoui au quotidien. Pour ça, je serai toujours redevable. Mais c’est sûr que les Girondins, c’est toujours… je serai toujours derrière eux. Effectivement, le temps d’un match, je ne fais pas de dessin (sourire) j’ai qu’une envie, c’est de gagner, de marquer, etc… C’est normal, c’est un côté compétiteur. Mais par contre, demain, les Girondins, je leur souhaite plus que tout de retrouver le haut niveau. C’est la place qu’ils doivent retrouver clairement. Pour moi ils n’ont rien à faire ici. Et si un jour ils retournent en Ligue 1 et qu’ils retournent en Ligue des Champions, je serai le premier à aller au stade et à les soutenir parce que ça restera le club pour lequel je suis.

    Angoulême réalise encore une saison intéressante, malgré la lourde défaite à Bayonne, d’ailleurs que s’est-il passé ?

    On a commencé le match et les deux équipes étaient un peu stériles. On a pris un but, ça nous a mis un peu dedans. Et juste avant la mi-temps, on a pris un deuxième but qui nous a un peu mis dedans. Ça nous a un peu mis la tête sous l’eau, ce deuxième but. Du coup, après, en deuxième mi-temps, on s’était dit qu’on allait essayer de revenir. On prend ce troisième but qui nous met vraiment un coup derrière la tête, qui nous assomme vraiment. Et après, on n’a jamais su revenir. Ça reste quand même sévère, je trouve, 5-0. Mais après, ça arrive, c’est un accident. Il faut qu’on arrive à se remettre la tête à l’endroit et on s’est remis au travail cette semaine. On est reparti au travail parce qu’il n’y a que ça qui compte de toute façon. Comme l’a dit le coach, qu’on gagne ou qu’on perde, dans tous les cas, il faut toujours se remettre en question. Et c’est ce qu’on fait. On a à cœur de réaliser une belle performance vendredi et de repartir sur une série positive. On prend ça comme un accident.

    Selon toi Bordeaux et La Roche sont hors de portée ou tout est encore possible ?

    Je pense que les prochains matchs vont vraiment décider de ça. Après je pense qu’ils se sont un petit peu détachés là, ils ont un petit matelas d’avance. Selon les performances qu’ils vont faire dans les prochains, c’est ce qui va vraiment déterminer cette course, si c’est une course à deux, si c’est une course à trois, si c’est une course à quatre. Mais là, c’est vrai qu’ils ont un petit matelas d’avance. Après, il y a des matchs en retard aussi, ça peut fausser le classement. Nous, on doit récupérer des points aussi par rapport au match de Poitiers. C’est en cours, il y a eu l’appel. On devrait avoir la réponse cette semaine ou la semaine prochaine. Mais là, on va savoir rapidement. Il reste 13 matchs, c’est beaucoup. Il reste beaucoup de points à prendre. Pour moi, on a l’exemple type l’année dernière avec le Stade Briochin. Personne ne les attendait à monter et au final, ils montent. Je pense que 13 matchs, c’est beaucoup. C’est encore tôt pour dire que ces deux équipes-là vont partir tout droit. Là, c’est vrai qu’ils ont créé un petit matelas d’avance, mais qui est non négligeable.  Je pense que dans les 2, 3, 4 prochains matchs, il y a quelque chose de plus clair qui va se dégager.

    Photo Pierrick Chassine, pour Girondins4Ever

    Comment on aborde ce match face aux Girondins, d’autant plus dans un stade où pas mal de monde aura son cœur qui balance ?

    C’est ça. Je parlais avec des personnes sur Angoulême qui me disaient ‘On est à fond derrière Angoulême’, mais normalement ils ne sont pas censés choisir entre Angoulême et Bordeaux. Ils sont pour les deux parce que c’est quand même le club de la région les Girondins. Les gens ici sont quand même pour Angoulême. Effectivement, il va y avoir beaucoup de spectateurs annoncés, de supporters donc ça va être cool, ça va être bien. Je sais qu’il y a beaucoup de Girondins qui se déplacent aussi, de supporters des Girondins, donc ça va être bien. Ça peut nous pousser, en tout cas nous, les joueurs d’Angoulême. Ça peut être le douzième homme. En plus, c’est assez proche. Le stade est assez proche, la tribune est assez proche des joueurs. Il y a une main courante, un pourtour qui est assez proche avec des grilles, mais c’est assez proche.

    Est-ce que tu vas croiser des anciens coéquipiers lors de cette rencontre ?

    J’ai un ami qui joue, Soufiane Bahassa. On a joué ensemble à Libourne. Après le match que vous avez joué contre Châteaubriant, on a passé un moment ensemble et on avait discuté. (29:50) C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup. C’est un top mec, un top joueur. Je suis très content pour lui qu’il ait eu cette opportunité. A la base il n’était pas prévu pour l’équipe et l’année dernière il est allé chercher sa place dans l’équipe grâce à son travail et les performances qu’il a faites. Je suis très content et fier de lui. C’est un ami, il mérite franchement ce qui lui arrive. C’est super, qu’il profite à fond, je suis content pour lui. Cette saison, il y a cette blessure qui l’a éloigné, ça lui a mis des bâtons dans les roues. Après, ils ont fait un recrutement où il y a beaucoup de joueurs offensifs. C’est vrai qu’il a un peu moins de temps de jeu mais je sais que c’est un bosseur, c’est quelqu’un qui ne lâche pas. Quand on joue le vendredi, je viens souvent voir les matchs le samedi au Stade Atlantique, et quand je vois les rentrées qu’il fait, je vois qu’il est toujours déterminé, qu’on lui laisse 5, 10, 15 ou 20 minutes. Il rentre, il a toujours cette grinta, il est souvent décisif. Il a souvent délivré l’équipe en Coupe de France, il avait offert la qualification. L’autre jour, il est rentré à la dernière minute et il a fait une passe décisive. C’est un guerrier et je sais que demain, même si on ne lui laisse que 10, 15, 20 minutes, il répondra toujours présent. Le jour où on fera appel à lui pour jouer 90, 75, 70 minutes, il répondra toujours aussi présent. C’est ça qui fait qu’il a une bonne mentalité, c’est quelqu’un qui mérite beaucoup. 

    Quelles sont tes ambitions individuellement et collectivement pour cette fin de saison ?

    Individuellement, marquer un peu plus de buts que sur la première partie, parce que j’ai marqué moins de buts que la saison précédente pour l’instant. Rattraper un peu ce retard et donner le meilleur de moi-même pour l’équipe, pour qu’on avance toujours dans la même direction et que ça rejoigne l’objectif collectif de finir à la meilleure place possible. De base, l’objectif en début de saison, c’était le maintien. Je pense qu’on n’en est pas très loin, mais il faut qu’on continue de bosser et qu’on aille chercher la meilleure place possible pour permettre au club de se positionner très bien dans ce championnat. Pour l’image du club et pour préparer les saisons à venir, c’est toujours mieux de finir tout en haut. On ne va pas se mentir pour attirer des joueurs, pour avoir un peu plus de partenaires, pour plein de choses. C’est nous les joueurs qui devons travailler dur et avoir des résultats pour ça. Pour faire venir le plus de supporters possible au match, pour rendre le tout un peu plus attrayant. C’est à nous aussi, c’est notre mission aux joueurs de donner la plus belle image possible du club sur le terrain. Finir à la meilleure place possible. On va toujours à 100% et on verra où ça nous emmènera. 

    Un GRAND Merci à Anthony Castera pour sa disponibilité, sa franchise, son amour pour les Girondins et ses souvenirs à Bordeaux !

    Photo Joris Czelusta – https://jorisczelusta.framer.website