[Interview G4E] Laurent David : “Bordeaux est bien évidemment le favori de ce championnat, puisque c’est Bordeaux (rires). Il va falloir essayer de suivre Bordeaux.”

    Les Herbiers Vendée Foot

    Avant la rencontre aller entre le club des Herbiers et celui des Girondins de Bordeaux, comptant pour la 15ème journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec Laurent David, entraîneur de cette équipe depuis la saison 2022/2023. Un échange toujours très agréable avec une personne qui évoque chaque sujet en toute franchise. Avec lui nous revenons sur la saison dernière, le mercato estival, la dureté de ce championnat qui est serré, les forces en présence, son ancien joueur Ludéric Etonde, son groupe, les Girondins, le match à venir et plein d’autres choses… 

    Bon finalement on se retrouve cette saison…

    Ouais, bon, la saison prochaine je pense qu’on ne vous retrouvera pas, mais bon (sourire). Si c’est compliqué ? Ah, c’est compliqué mais ils sont devant quand même. Le championnat est plus dur que l’année dernière, il y a plus de belles équipes aussi. Mais je pense qu’on a le groupe, même si beaucoup de gens disent que le groupe du Sud c’est fort etc, je trouve que c’est notre groupe le plus difficile.

    Vous avez terminé dauphin du Stade Briochin la saison dernière, à quatre points derrière et une meilleure différence de buts. Que vous a-t-il manqué pour espérer monter en National ?

    L’année dernière ? L’absence de Billy pendant quatre mois. Si on avait eu Jérémy pendant ces douze matchs qu’il a ratés, je pense que ça aurait été différent. Mais malheureusement ça fait partie du foot. Donc je pense qu’il nous a manqué ça. Je dirais que c’est peut-être la réussite parce qu’on avait terminé le championnat par huit victoires. Comme par hasard quand Billy aussi est revenu. Donc voilà, il nous a manqué je pense un peu de réussite. Et d’un point de vue vraiment foot, je pense qu’à domicile aussi, on a perdu des points bêtes que l’on n’aurait pas dû perdre. Mais on n’a pas été à la hauteur sur certains matchs et ça nous a coûté, je pense, peut-être la montée. Mais quand on finit deuxième, c’est qu’on ne mérite pas de finir premier.

    Votre président souhaitait un top 5, vous un top 6, finalement tout le monde est content ?

    Oui, oui. On a fait la saison qu’on voulait mais après, tu sais comment c’est, l’appétit vient en mangeant. Donc forcément, on pouvait y croire. En même temps on rattrapait Saint-Brieuc, on rattrapait, on rattrapait… Sauf qu’à un moment donné, le championnat s’arrête et qu’ils avaient pris des points qu’il fallait avec onze victoires d’affilée et il nous en a manqué. Mais ça reste bien évidemment une très belle saison.

    Est-ce que quand on sort d’une telle saison, on ambitionne malgré tout de faire mieux cette saison ?

    Euh… On a tendance à dire qu’il faut toujours faire mieux (rires). Mais faire mieux, ça va être extrêmement difficile, il faut le reconnaître. Donc on est là. On a fait un bon début de championnat. Après, on a eu un mois d’Octobre compliqué avec cinq joueurs blessés. On a perdu Redha Fresneau avec les ligaments croisés, Tanguy Guérineau qui s’est fait opérer du genou, on a eu vraiment des difficultés. Mais on est là. Il a fallu remodeler un peu l’équipe, la façonner d’une façon différente. On a quand même fait cinq bons premiers mois entre le championnat et la Coupe de France. Donc voilà, maintenant on va voir si on est capable d’être à ce même niveau sur la deuxième partie de saison.

    La bataille pour la première place risque d’être encore plus serrée pour cet exercice 2025/2026. Pourtant ce n’est que la dernière journée des matchs allers.

    Ouais, il en reste deux, deux pour nous et un pour les autres, enfin pas pour tout le monde, mais oui. Il y a cinq équipes qui se sont échappées pour l’instant, mais je ne doute pas que Saint-Malo, qui a eu six mois difficiles, est capable de revenir. Donc il y a six belles équipes, il faut le reconnaître, qui jouent de façon différente. Mais six belles équipes, donc c’est plus d’un tiers des équipes (sourire) qui sont capables de viser le haut. C’est celle qui fera le moins d’erreurs, qui va griller le moins de jokers, qui s’en sortira, donc on verra. L’année dernière on a bien fini, meilleure attaque, meilleure défense, mais on n’est pas montés. Donc voilà, tout est possible.

    Après avoir joué toutes les équipes hormis Bordeaux, lesquelles vous ont le plus impressionné sur cette première partie de saison ?

    Franchement, les équipes qui sont devant sont fortes, je trouve. Angoulême a une faculté de très, très bien défendre. Ils ne marquent pas beaucoup de buts, mais ils n’en prennent pas, donc c’est un signe. La Roche-sur-Yon est une équipe qui joue extrêmement bien au foot, qui marque beaucoup de buts. Bon, ils ont tendance à en prendre un peu. Mais par contre, ils sont là, ils ont un match de retard, donc potentiellement ils peuvent être premiers avec Bordeaux. Bayonne j’aime beaucoup, mais sur ce que j’ai pu voir elle a perdu contre les gros. Par contre, c’est l’équipe qui, je trouve, est la plus complète sur ce que j’ai vu. Bien évidemment il y a Bordeaux même si on ne les a pas joués, mais on les a déjà analysés. Je sais qu’il y a beaucoup de prudence dans tout ce que j’entends par rapport aux journalistes, etc… Mais bon ils sont là, donc ils n’ont pas envie de s’enflammer trop vite. Mais il faut bien reconnaître et c’est comme ça. Bordeaux est bien évidemment le favori de ce championnat, puisque c’est Bordeaux (rires). Il va falloir essayer de suivre Bordeaux.

    La saison dernière vous nous disiez être natif de Saint-Brieuc, qui est monté en National. On voit que c’est très compliqué pour eux. L’écart entre le National et le National 2 est-il si grand que ça selon-vous ?

    Je pense que le plus dur, c’est de sortir du N2 et être en National. Quand je regarde Saint-Brieuc, l’effectif qu’ils ont par rapport à l’année dernière, ils ont perdu des joueurs sans forcément pouvoir recruter. Donc ils sont peut-être moins performants. Le plus dur c’est de sortir du National 2 parce qu’il n’y a plus de montée et depuis deux ans, il y a un groupe en moins. Donc c’est ce qui est extrêmement difficile, on le voit bien. Par contre, Bordeaux a pu rivaliser avec Le Puy, qui est en National. Donc ça montre que des belles équipes du National 2, je pense, sont capables. Puis il y a plein de choses qui rentrent en ligne de compte, même si c’est un match de coupe. Mais ça montre quand même que sur ce match-là, ils étaient capables de le faire. C’est difficile, la marche est bien évidemment plus haute, forcément puisque si on est en National, c’est qu’on est plus fort que des équipes qui sont en National 2 normalement. Mais il y a beaucoup d’équipes de National 2, je pense, qui arriveraient à s’en sortir en National. Si on le voit avec les promus Le Puy et Fleury ? Alors Fleury et Le Puy ont aussi des budgets complètement différents par rapport à Saint-Brieuc. Ça joue au bout d’un moment. On a beau dire que l’argent, ce n’est pas tout, mais au bout du compte, en général, on regarde, en fin de championnat, en général à moins d’une catastrophe sportive, ce qui peut arriver par exemple pour l’instant comme Créteil, les grosses équipes sont là. Les gros budgets sont là.

    Stade Briochin

    Pour en revenir aux Girondins, est-ce que vous pensez que cette équipe est plus forte que la saison passée ?

    Elle est plus complète. Elle est moins visible parce que l’année dernière elle était très visible, elle avait un homme fort. Donc on avait tendance à jouer sur cet homme fort et du coup, il y avait moins de jeu. Aujourd’hui, c’est une équipe qui est capable de dominer ses matchs, mais elle est aussi capable de souffrir et de bien défendre parce qu’elle est aussi capable de bien jouer en transition. On l’a bien vu déjà hier (contre Bayonne), même si je dois à nouveau regarder le match. Elle a marqué sur un contre. Elle est capable de se reposer sur une assise défensive solide. Elle est plus forte que l’année dernière, ça c’est clair.

    Avant d’affronter les Girondins vous êtes sur une série positive en championnat avec 1 nul et trois victoires, mais surtout des victoires contre des concurrents directs avec La Roche et Bayonne. Est-ce que vous sentez cette équipe plus forte que la saison dernière ?

    Oui, pour l’instant, même si, comme tu le disais, nous on a dû remodeler tout notre flanc droit parce que Fresneau et Guérineau sont quasiment out pour la saison, même si j’espère que Tanguy Guérineau puisse nous rejoindre mi-Mars. Il a fallu remodeler donc, il y a des joueurs qui ont changé de poste, qui se sont adaptés. Et oui, on a réussi. C’est vrai que pour l’instant, contre Saint-Malo on a fait match nul. On a fait un match nul contre Angoulême, mais on a battu Bayonne et on a battu La Roche. Donc, ça montre qu’on est capable effectivement de rivaliser avec les gros. Mais on a vu aussi qu’on est capable de le faire contre des équipes qui peuvent jouer le maintien comme Chauray ou Montlouis. Donc, c’est un championnat qui demande énormément d’exigences, très peu d’erreurs. Il faut être très bien physiquement, il faut avoir du monde, il faut avoir des effectifs assez importants, ce qu’on n’a pas nous, même si on a plutôt un bel effectif. Il en manque un petit peu, mais bon, c’est comme ça. C’est compliqué, ça demande très peu d’erreurs. Comme je le disais tout à l’heure, il faut griller le moins de jokers possibles. Dans l’idéal, les confrontations directes sont importantes, et il ne faut pas perdre contre des équipes qui jouent le maintien. Donc, ça veut dire qu’il ne faut quasiment jamais perdre (rires). C’est dur, c’est dur… donc, l’erreur arrive. Les 5 équipes qui sont devant, plus peut-être Saint-Malo qui peut revenir, ont effectivement des jokers, que ce soit sur des confrontations directes, mais aussi sur des non-matchs, parce que dans une saison, les non-matchs ça arrive. Aucune équipe n’est parfaite. Donc, il va falloir rester vigilants, concentrés, prendre match par match parce que c’est impossible de dire aujourd’hui, même si, comme je te le disais, je pense que Bordeaux, c’est légitime, est le favori. Mais aujourd’hui, qui pourra monter ? Alors là… c’est impossible à dire. Je dirais peut-être que l’avantage peut-être de Bordeaux, c’est aussi son public. Jouer à domicile devant plus de 10 000, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais ils auront aussi des matchs qui seront compliqués parce que Bordeaux est attendu, parce que Bordeaux n’est pas une équipe comme les autres en N2. Il y a une motivation aussi. Mais Bordeaux est armé pour ça, normalement est armé.

    Face à vous, les Girondins sont également sur une sacrée série si on enlève cette élimination cruelle en Coupe de France au Puy. Cela va être un très bon test pour vos joueurs ?

    Oui, alors maintenant, je ne sais pas. On reprend parce qu’on n’a pas pu avoir de compétition (le match face à Avranches a été reporté). Donc il y a toujours cette incertitude au niveau physique, savoir comment on va être. Bon, il y a des suspensions aussi qui rentrent en ligne de compte. On a deux joueurs importants qui sont suspendus pour le match contre Bordeaux. Il va falloir encore une fois remodeler mais bon, en même temps, ça fait six mois qu’on le fait. Oui, on est sur une bonne dynamique et c’est un match où il faut éviter de perdre trop de points. Si on fait un match nul et qu’on arrive à gagner un match en retard, on sera toujours à deux points de Bordeaux. Si on gagne, c’est encore mieux (sourire), mais si on perd, il peut y avoir un trou. Ce n’est pas pour ça que ce sera fini, c’est ce que j’ai dit aux joueurs. Personne ne nous voyait l’année dernière finir comme on a fini. En plus, il ne nous restait plus que 14 joueurs parce qu’on avait beaucoup de blessés. Mais l’équipe a été incroyable, elle s’est aussi surpassée. Mais oui, en tout cas, l’affiche est alléchante. 

    Avez-vous pu suivre la rencontre face à Bayonne ? Qu’en avez-vous pensé ?

    Je vais le regarder cet après-midi (interview réalisée dimanche) parce que j’avais un match amical hier soir. Je vais regarder cet après-midi puis je vais à nouveau l’analyser mardi pour qu’on puisse faire un travail vidéo pour nos joueurs. Un match amical contre qui ? Contre Thouars, une R1. Si c’était une revue d’effectif ? Ouais, une revue d’effectif parce qu’on n’a pas pu s’entraîner pendant deux jours. Ici, il y avait quinze centimètres de neige. C’était surtout impossible de se déplacer (sourire). Du coup, il était important que chaque joueur joue un peu. Ça reste des matchs de prépa, ça s’est bien passé. Mais ce n’est pas la question. C’est surtout de pouvoir remettre un peu les joueurs, remettre le pied à l’étrier, mais ça ne remplace pas le championnat. Donc il y aura une inconnue un peu physique pour nous parce que je reste persuadé qu’on aura un trou dans ce match-là. Ça peut être au début, ça peut être au milieu, ça peut être à la fin, ça peut être tout le temps. Je n’en sais rien en fait. Du coup, il faut essayer de bien se préparer parce que je sais que physiquement, ça va être compliqué, comme ça a été apparemment un peu compliqué pour Bordeaux hier (contre Bayonne) d’un point de vue physique en deuxième mi-temps. Ça fait partie des reprises, ce n’est pas facile. Ça dépend aussi de la charge de travail qui a été mise. Donc il y a plein d’incertitudes. Si on a remporté notre match amical ? Oui, on a gagné. On a gagné 4-2. Il y a eu un mélange. Il y avait 4-0 au bout de 25 minutes de jeu. Il y a eu un certain relâchement après, mais ce qui est normal. Après, les matchs de prépa, les matchs amicaux, les résultats m’importent peu.

    Les Girondins ont repris les entraînements le 3 Janvier quand Bayonne avait repris le 29 Décembre par exemple, ce qui a pu jouer sur le plan physique…

    Nous, on avait prévu une reprise le 29. Mais sachant qu’on savait qu’on ne rejouerait pas en championnat le 9. Je trouve que ça fait effectivement un peu tard pour la reprise de Bordeaux, sachant qu’ils avaient la Coupe de France. Mais peut-être que Bruno Irles a senti qu’on avait besoin aussi de repos. Moi, c’est ce que j’ai senti aussi. Mais l’avantage, c’est que nous, on n’avait pas de match donc, c’était plus facile de laisser douze jours de repos complet aux joueurs. Le championnat est usant, il est exigeant. Chaque coach a son ressenti. Donc, effectivement, peut-être que trois jours de plus par rapport à Bayonne, ça a pu jouer sur la deuxième mi-temps, c’est possible. 

    Bordeaux a reconstruit une équipe quasi complète et même si le début de saison était mitigé, ils ont trouvé un rythme. Est-ce que vous avez pu suivre son mercato estival ?

    Oui, je l’ai suivi, notamment parce qu’il y avait Ludé (Etonde) qui était chez nous. Ils ont fait un excellent recrutement. Après, ils ont aussi des moyens de faire d’un point de vue financier. La masse salariale, c’est quand même bien plus facile à mettre en place à Bordeaux qu’aux Herbiers ou à Angoulême, par exemple. Mais je pense qu’ils ont retenu aussi les leçons peut-être de la saison passée et ils ont construit un groupe solide. Ils peuvent même se permettre de mettre des joueurs dans un loft donc c’est que financièrement, ça va. 

    Photo Pierrick Chassine, pour Girondins4Ever

    Parmi les joueurs recrutés il y a eu Ludéric Etonde, qui était chez vous la saison passée. Vous auriez aimé le conserver ?

    Avec Ludé on en avait parlé. Moi, il m’avait simplement dit qu’il espérait retrouver le National. Ce qui me semble logique par rapport à ce qu’il a fait. Nous, on l’a relancé, justement parce que quand Jérémy Billy s’est blessé, on a pris Ludé qui était dans son club, mais qui était avant à Saint-Brieuc, qui avait aussi connu le National. Il a fait une belle saison avec nous, une demie saison. Il a mis six buts, ça ne m’étonne pas. Je n’ai pas les arguments. Je ne sais pas combien gagne Ludé à Bordeaux mais je suppose qu’il gagne mieux que ce qu’il gagnait chez nous donc je ne vais pas lutter. Je ne vais pas lutter et me battre pour un joueur sur lequel je n’ai quasiment aucune chance d’un point de vue financier, de le garder. 

    Les dirigeants semblent avoir compris l’intérêt de construire une équipe estampillée National 2, avec plus d’expérience de ce niveau. Aviez-vous des joueurs ciblés à l’image de Villette, Diop, Odru ou Openda qui ont rejoint la Gironde ?

    Non. On les connaissait. Après, quand on dit que ce sont des joueurs estampillés National 2, ce sont quand même des joueurs qui ont vécu aussi une autre chose. Si je prends le gardien aussi, il arrive d’un niveau supérieur. Ruben Droehnlé arrive d’un niveau supérieur. Jean Grillot qui est un excellent jeune joueur du cru mais c’est un garçon qui peut évoluer plus haut. Bon, ils ont quand même pris des joueurs très forts aussi de N2, donc il n’y a pas de surprise de les voir ici. Ils ont aussi la possibilité, avec notamment Pierre-Bertrand Arné qu’ils ont pris, d’avoir plein d’options offensives. C’est une question de moyens. Ce n’est pas que de moyens, c’est de faire les bons choix et il semble qu’ils ont fait les bons choix. 

    De votre côté hormis Etondé, vous avez dû aussi reconstruire avec les départs de plusieurs éléments comme Yavorsky, Dramé, Magassa, Keita, Guillaume…

    Oui, on a perdu Nathan et Shelton qui sont partis à Versailles en National. On a perdu Sambaly Keita à Villefranche en National. On a perdu Magassa et Ander Gonçalves en National aussi, à Châteauroux (sourire). Donc, oui, on a perdu. Mais à la rigueur ça ne me dérange pas parce qu’ils sont partis dans des clubs plus huppés, dans un championnat plus huppé. Donc ça veut dire qu’on avait bien travaillé et qu’ils avaient bien travaillé. Mais effectivement, il a fallu reconstruire. Pour l’instant, ça va, mais oui, quand tu perds la moitié de ton équipe parce qu’elle part en National, bien évidemment, ça met un frein et il faut anticiper. Nous on a la chance, ici on est deux avec André Gaborit, de pouvoir travailler sur toute l’année sur le recrutement. On anticipe. On a déjà forcément des envies sur l’année prochaine aussi, sur le N2 pour l’instant parce que c’est un peu compliqué de se projeter sur autre chose. Donc il faut anticiper, il faut être malin. Il faut arriver à trouver des joueurs aussi qui rentrent dans un projet de jeu assez spécifique et une mentalité irréprochable.

    Est-ce plus compliqué pour un club comme Les Herbiers de retenir ses joueurs ?

    Non, non. On en a déjà qui sont sous contrat. L’année dernière on avait prolongé des joueurs. On a aussi récupéré des joueurs qu’on a fait signer sur deux ans. Là, on va, je pense, commencer à travailler sur d’éventuelles prolongations. Donc on a déjà une base de huit joueurs qui sont sûrs d’être là l’année prochaine. Donc ça va, on anticipe, on voit parce qu’on sait qu’on peut être attaqués par d’autres clubs, ce qui est normal, comme Bordeaux a essayé de le faire avec un de nos joueurs l’été dernier. C’est un joueur qui était sous contrat donc il n’est pas parti. C’est aussi un moyen maintenant, puisque la projection est difficile pour beaucoup de partenaires, de pouvoir gagner de l’argent sur des ventes. C’est pour ça qu’on a anticipé avec les joueurs qui sont sous contrat sur deux, voire trois ans. Si le joueur évoqué était Shelton Guillaume ou un autre ? Non, c’était un autre. Shelton était en fin de contrat. Il m’avait appelé, il m’avait dit que son but était de rejoindre le National et que s’il n’avait pas de club de National, il aurait prolongé chez nous. Est-ce qu’il aurait prolongé chez nous ? Je ne sais pas parce que je pense que Bordeaux aurait offert beaucoup plus (rires). Ca c’est une autre question. Mais je sais que dans le projet de jeu et dans sa façon d’évoluer il aimait beaucoup Les Herbiers. Après, il avait choisi Versailles, choisi aussi de rejoindre sa famille parce qu’il est parisien et ça peut se comprendre. Ce n’est pas une surprise que Shelton soit en National au vu de la saison qu’il a faite. Le nom du joueur ciblé par Bordeaux ? Je ne vais pas le dire, mais je pense que ça s’est peut-être su, je ne sais pas. C’était un joueur qui était sous contrat.

    Contre les Girondins, ce sera une rencontre de haut de tableau. Vous vous étiez imposés 2-0 à domicile la saison passée. Que retenez-vous de cette victoire ?

    C’était une fin de championnat, on était sur une superbe dynamique. Bordeaux était un peu dans un contexte mental où ils voyaient que ça serait compliqué de monter. Donc ça s’est joué essentiellement là-dessus. Après, on avait fait une très bonne entame, on avait marqué par Tanguy Guérineau de mémoire. On avait enchaîné, on avait fait un gros match. Après ça reste un match de la saison passée, ce sera un match complètement différent dans une semaine, donc on ne va pas s’appuyer là-dessus. Ce ne sont plus les mêmes équipes, que ce soit aux Girondins ou chez nous, ce n’est plus le même contexte, ce n’est plus le même championnat. 

    Quelles seront les clés du match selon-vous ?

    Si Bordeaux n’a pas la possibilité d’avoir le ballon, il faudra qu’on soit extrêmement vigilant sur tout ce qui est transitions, c’est clair. Après il faudra être aussi, d’un point de vue défensif, très rigoureux sur le milieu de terrain bordelais je dirais. Même si je trouve qu’ils ont des offensifs de grande qualité, je trouve que c’est le milieu de terrain qui est assez performant et qui arrive à imposer parfois son jeu dans beaucoup de matchs. Donc il faudra être très bon par rapport à la construction bordelaise.

    Les deux équipes se rencontreront au match retour pour la 29ème et avant-dernière journée de championnat. On pourrait avoir un match avec un très grand enjeu.

    Oula… Alors là tu parles du mois de Mai. Alors si c’est le cas, je te promets que je signe de suite (rires) ça c’est clair ! Mais la façon dont tu le dis, oui je signe. Si on pourrait rajouter bien plus de 12 000 personnes au stade ? Je suppose oui, mais c’est normal. Je crois que les supporters de Bordeaux attendent que le club revive en fait. Donc c’est normal, il y a une attente. Après, ce n’est pas simple. Quand je regarde un peu tous les commentaires, les supporters sont très exigeants. Il faut qu’ils se mettent à la place des joueurs ou du staff, ce n’est pas si simple que ça. Mais c’est normal, le nom est ronflant. Pour les gens, Bordeaux, ce n’est pas la N2, Bordeaux c’est la Ligue 1 et la Coupe d’Europe. Donc forcément, il faut qu’ils arrivent à se mettre en tête que c’est une N2 aujourd’hui. Mais je comprends, ce n’est pas facile. Si c’était facile ils auraient tout gagné. Puis on se rend compte aujourd’hui que Bordeaux est au-dessus des deux points par match, ce qui est énorme. Nous, on a un match de retard, mais si on bat Bordeaux, on sera aussi à deux points de moyenne. Ça veut dire que les autres équipes sont quasiment à deux points de moyenne, ce qui est incroyable. En général, quand on est à deux points, voire un point de plus, on n’est pas loin du bout. Sauf que là, il y a quasiment cinq équipes qui sont en train de le faire donc c’est assez fou.

    Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

    Bonne question… (sourire) Alors moi, je suis attaché au jeu donc déjà du beau foot, ça c’est clair. Parce que sans plaisir, il n’y a pas de foot pour moi. Puis le maximum de victoires possible, et si on peut rajouter la manière j’en serais le plus heureux. Si les entraîneurs disent que la deuxième partie de saison est plus une course aux points ? Ouais, après on peut faire les deux. Je pars toujours du principe qu’il y a trois phases dans ce championnat. La première phase, c’est la poule aller où il faut être placé. Puis quand tu sors fin Février, début mars, il ne faut pas être décroché. Et puis après, la différence se fait si t’es meilleur que l’autre. De toute façon, le foot, c’est ça. C’est un match de boxe quelque part, sauf que ce n’est pas un contre un mais onze contre onze. C’est le plus fort. Puis il y a une chose aussi importante, comme tu le disais tout à l’heure, il faut aussi que tout soit aligné. Il faut aussi avoir forcément de la réussite parce que c’est un championnat exigeant, la saison est difficile.

    Sans compter les suspensions et les blessures…

    Ça fait partie de la chance, surtout les blessures. Les suspensions moins, parce que ça veut dire que les joueurs n’ont pas toujours été au top (sourire). Ça peut arriver. Ou ça peut arriver d’avoir aussi des cartons rouges et de la malchance, comme Ludé a pu l’avoir au Puy. C’était compliqué. On a vécu la même chose contre Angers. On prend un deuxième carton jaune totalement sévère à la 52ème, et puis on se retrouve à jouer à 11 contre 10 contre une Ligue 1 pendant 40 minutes. Donc c’est compliqué. Ça fait aussi partie de la petite réussite des fois. Mais voilà, on ne peut pas se plaindre sans arrêt de l’arbitrage parce que ça arrive et puis nous aussi, on fait des erreurs. Alors c’est sûr que quand ça tombe contre toi tu rages, tu enrages. Mais malheureusement, c’est comme ça.

    Un Grand Merci à Laurent David pour sa disponibilité et sa bonne humeur. Nous lui souhaitons bonne chance pour samedi et on se retrouve au match retour 😉 

    Les Herbiers Vendée Foot