Jacques Pichard (Locminé) : “Le côté ‘c’est moi le chef’ c’est fini, ça. C’est fini, ce management. Les joueurs s’en foutent”

    Locminé

    Jacques Pichard, l’entraineur du club de Saint-Colomban Locminé, pour Girondins4Ever et avant la rencontre face aux Girondins, a réagi au fait que nous évoquions les possibles ingrédients pour une réussite des Girondins de Bordeaux en National 2, à savoir un recrutement estampillé National 2 et l’intégration de joueurs locaux et passés par la formation.

    Aujourd’hui, pourquoi ils sont à mi-chemin entre les deux ? C’est parce que tout simplement il y a la dette. Gérard Lopez, l’échéancier est sur 10 ans, il ne peut rembourser que si Bordeaux remonte, remonte, remonte. Parce que la première année, tu rembourses 10% avant d’arriver aux 80%. Et effectivement, tu remplis le stade, t’as de nouveaux partenaires et t’as des budgets différents. Donc, en fait, c’est le financier qui, même s’ils ont fait un mi-chemin… Après je ne peux pas critiquer parce que je ne peux pas juger. Quand tu n’es pas dans le truc… Il faut être dedans, il faut être à l’intérieur pour comprendre. Effectivement à l’extérieur, je ferais ça, ça, ça avec les moyens qu’ils ont. Je ne suis pas dedans. Tant que tu n’es pas dedans, dans le vestiaire, tu ne te rends pas compte. Je pense que le week-end dernier a fait très mal. Si on va se recroiser en National 2 la saison prochaine ? Sauf s’ils demandent à changer de groupe ou si on est encore là, nous (sourire). Il faut rester prudent. Mais bon, c’est vrai qu’au fond, tu te dis que Bordeaux, ce n’est pas possible… Mais c’est bien que le carré vert décide. Ça veut dire qu’on peut exister (sourire). J’ai toujours dit que c’est comme une entreprise. Je suis cadre dirigeant, donc j’ai géré des entreprises et ce côté management… Le management, je ne sais pas si aujourd’hui, les entraîneurs dignes de ce nom sont préparés. Ils n’ont fait que du foot. Le côté management, alors, j’ai peut-être tort, mais je vois ce que je vis au jour le jour. J’ai fait du management de plus de 100 personnes, mais en même temps, il faut savoir être proche, il faut savoir être loin, il faut savoir être directif, il faut savoir être participatif. Chacun est différent, les messages collectifs, les messages individuels… Le côté ‘c’est moi le chef’ c’est fini, ça. C’est fini, ce management. Les joueurs s’en foutent, ils ont la Play, le machin, ils ont le chèque, ils sont contents. Je vais suffisamment faire des formations quand je vais à Clairefontaine, j’ai côtoyé beaucoup de pros. Je me dis, mais comment il a pu réussir ? Non, mais sans déconner, il y a des gens, tu te dis, oui, ok, ils sont très mous. Sincèrement, c’est toxique. Ce milieu est très toxique, mais comme tous les sports. C’est pour ça que ça fait du bien de voir autre chose, de faire autre chose, d’avoir d’autres relations, qui fait que tu prends du recul, et de la hauteur, et tu peux t’autoriser aussi à dire des choses à des joueurs. Quand tu ne fais que ça, beh tu parles foot, foot, foot, tu n’as aucune conversation avec les gens. Puis tu peux avoir la main mise sur quelqu’un entre guillemets, tu donnes un doigt, tu donnes ton bras et puis c’est normal… Alors on va dire, c’est le milieu, c’est générationnel, c’est comme ça aujourd’hui. Mais putain, ce n’est pas possible… C’est un problème de l’éducation.”

    Retranscription Girondins4Ever