Éric Roy : “C’était le Pagnol du football”
L’actuel entraineur du Stade Brestois, Éric Roy, s’est exprimé sur la disparition de Rolland Courbis, qui était son coach à Marseille lors de l’année du sacre des Girondins de Bordeaux.
« J’ai une pensée pour lui, ses proches bien sûr. Il a été mon entraineur pendant deux années à Marseille. C’était une personne que vous connaissiez tous, un peu Pagnolesque, le Pagnol du football comme on a tendance à le dire. Il a forcément été important pour moi. On était souvent en contact, il m’appelait de temps en temps après les matches, pour débriefer… Il y avait toujours ce lien, même si on a eu aussi des moments compliqués entre nous. Entraineur-entrainé, on peut avoir aussi des moments plus difficiles (sourire). Mais avec Rolland, c’était difficile de se fâcher. Il restera un personnage du football français, qui a été honoré comme il devait l’être. Je lui tire un dernier coup de chapeau, je pense à lui et à ses proches ».
Puis, il fut invité à se remémorer le 5-4 contre Montpellier lors de cette saison 1998-1999.
« Sur ce match, il y a beaucoup de choses qui ont été dites, et il y a plus ou moins de précision. L’histoire marrante de ce match-là c’est que c’était un début de saison, le deuxième match à domicile, en plein été, fin août, un stade plein. Montpellier a marqué à chaque fois qu’ils sont entrés dans notre camp. A l’époque au Vélodrome, il fallait aller jusqu’au poteau de corner pour rentrer et sortir. Comme on était de l’autre côté, le chemin était long… On a senti le mécontentement du public, et on se posait la question de savoir comment on allait sortir du stade. Mais dans le vestiaire, de ce que je me rappelle, la première chose qu’il nous a dit c’est que ce match-là, on pouvait le gagner… On s’est regardés en se disant, bon… Il a fait référence à la pétanque, qu’il fallait marquer le 13ème point pour gagner. Mais malgré tout, à ce moment-là, sans être énervé, il a fait germer en nous la possibilité que… C’est ce qui s’est passé. Après le deuxième but, si vous demandez à tous les acteurs de ce match, on était persuadés qu’on allait le gagner. C’est ça qui fait que de temps en temps, il y a des choses qui sont complètement surréalistes, inimaginables. Après, nous, on l’a vu plus tard le fait qu’il parlait avec Louis Nicollin et Michel Mezy sur le bord de touche. Dans tous les cas, il avait cette intime conviction. Ça restera un match de légende. Ça restera lié à Rolland ».


