Jean-Christophe Thouvenel : “Les frères Vujovic étaient impressionnés par les grandes surfaces où il y avait tout à profusion… Ils avaient tendance à charger les caddies, au cas où…”
Dans Le Podcast des Légendes, l’ancien latéral droit des Girondins de Bordeaux, Jean-Christophe Thouvenel, s’est remémoré ses voyages en Coupe d’Europe avec le FCGB, et notamment la différence de mentalité et de fonctionnement avec les pays de l’Est.
« Oui, je m’en souviens. Le fait d’être sportif de haut niveau pour eux, ça leur permettait d’accéder à un rang, d’avoir accès à des choses que les autres n’avaient pas, que les gens normaux n’avaient pas. Et en plus, ils étaient militaires, donc ils avaient accès à du logement… Je l’ai su parce que je suis très ami avec un russe. Il m’a expliqué le fonctionnement. Il travaillait dans un très gros club russe. C’était en fait un accès au confort. Bref, quand on repassait le mur, on se disait qu’on était les rois du monde, qu’on n’avait pas le droit de se plaindre, de remettre en question… Enfin, tu le faisais quand même parce que cela faisait partie de ta manière de fonctionner, mais en allant là-bas, cela te faisait une piqûre de rappel sur le fait qu’il y avait des gens pour qui la vie était dure ».
Il l’a vu notamment depuis Bordeaux avec les frères Vujovic.
« Par contre quand eux venaient en Europe de l’Ouest, ils étaient dans un autre monde, les yeux grands ouverts… La preuve en est, quand les frères Vujovic sont venus – ils venaient de l’Europe de l’Est, l’ex-Yougoslavie – ils étaient impressionnés par les grandes surfaces où il y avait tout à profusion… Ils avaient plutôt tendance à se dire ‘peut-être qu’il va y avoir une récession, donc on va charger les caddies, et on met tout à la maison au cas où’ (rires) ».
Lui qui était d’une famille plutôt très à gauche, se définissant même comme Trotskiste plus jeune, a changé de philosophie au fil des ans…
« A un moment donné, quand tu reçois ta première feuille d’imposition, ça t’oblige à réfléchir également… Quand tu es en 82, et qu’il y a l’élection de François Mitterrand, qu’il décide de mettre une imposition exceptionnelle à 75%, ça te change un peu la vision des choses (rires). Tu réfléchis, et tu te dis qu’il y a peut-être une autre manière de voir les choses ».
Retranscription Girondins4Ever


