Jean-Louis Triaud : “Pour fêter la qualification, j’avais demandé à Bernard Magrez 25 caisses de Château Pape Clément en guise de prime de match pour les joueurs”

    Pour Vintage de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, l’ancien Président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, s’est exprimé sur le rapport entre le vin (lui qui est propriétaire de deux Grands Crus de Saint-Julien : les Châteaux Gloria et Saint-Pierre) et le football. Il se remémora notamment l’exploit contre l’AC Milan en coupe UEFA 1995-1996, lui qui venait d’arriver au FCGB.

    “Cette année-là, l’équipe allait mal et j’ai succédé au président Alain Afflelou en catimini au mois de mars. Il y avait pourtant une très belle équipe à Bordeaux, et notamment notre trio d’internationaux, Lizarazu, Dugarry et Zinédine Zidane, qui étaient alors tout minots. On avait perdu le match aller 2-0 à Milan et avant le match retour, le journal L’Equipe avait écrit : « on voit mal, comment la mule du curé de Mérignac peut battre le pur-sang milanais dans une course équestre ». Je crois que ça avait motivé les joueurs (rires). Les Milanais pensaient que l’affaire était pliée, mais on les avait renversés 3-0 à Chaban dans une ambiance assez incroyable. D’ailleurs pour fêter la qualification, j’avais demandé à Bernard Magrez 25 caisses de Château Pape Clément en guise de prime de match pour les joueurs. Je me souviens qu’il les avait apportées sur le parvis du Château du Haillan”.

    Forcément, à Bordeaux, les liens entre le monde du football et l’univers du vin sont assez nombreux.

    “Mon beau-père Henri Martin a été Président des Girondins avant moi. Il a été à la tête du club pendant dix ans de 1961 à 1971. Il avait essayé de fédérer le monde viticole autour du football en demandant à des Châteaux d’être partenaires. Sur les voûtes du stade Chaban-Delmas, il y avait des panneaux blancs comme des voiles avec les noms des Châteaux partenaires. Mais il avait eu du mal à en trouver suffisamment qui étaient prêts à s’investir … Quand j’ai repris la présidence du club, j’ai relancé ce qu’on avait appelé le club des Grands Crus. Celui-ci avait un coin du stade qui était réservé aux Châteaux partenaires, qui en contrepartie nous fournissaient en vins lors des repas officiels et nous permettaient d’offrir des cadeaux. Pas aux arbitres, mais aux dirigeants des autres clubs ! Lors des rencontres européennes notamment, les dirigeants des clubs étrangers étaient contents d’être reçus avec des vins de Bordeaux. Enfin, ça faisait partie de la tradition”.