Raymond Doménech : “Comme il n’y avait pas de VAR, etc… Il n’avait aucune trace, rien. S’il a du sang, d’accord, mais là il n’a rien…”

    Pour « Offense », Raymond Domenech, ex-joueur des Girondins de Bordeaux mais surtout sélectionneur de l’Equipe de France, est revenu sur plusieurs événements de la finale de la Coupe du Monde entre les Bleus et l’Italie, à commencer par la Panenka de Zinedine Zidane.

    « Tout le monde est heureux, tout le monde saute, et moi je dis que c’est trop tôt, et pas comme ça… Souvent, les entraineurs oublient qu’ils ont été joueurs. Une Panenka, c’est une humiliation. Ce n’est pas un pénalty tiré pour marquer. Le mec a envie de marquer, mais aussi de t’humilier. C’est ça. Et l’humiliation provoque de l’orgueil et de la réaction, mais aussi de la colère. Pendant un quart d’heure on a pris le bouillon, et ils égalisent sur corner… ».

    Puis, il y a ce coup de tête… L’a t-il vue ?

    « Non… Buffon l’a vue, les spectateurs derrière le but de Buffon aussi. Même le juge de touche n’a rien vu du tout. On a été la première équipe à avoir le VAR. Les joueurs ont manqué de vice, ils auraient dû jouer vite. Si je suis sur le terrain, jamais je n’arrête le ballon. Honnêtement, si on fait ça, l’autre se relève… Si on continue à jouer pendant une ou deux minutes, il se relève et point barre. Comme il n’y avait pas de VAR, etc… Il n’avait aucune trace, rien. S’il a du sang, d’accord, mais là il n’a rien… Tu continues à jouer ! »

    Peut-on critiquer Zinedine Zidane aujourd’hui, vis à vis de son coup de tête lors de cette finale ?

    « Le critiquer sur quoi ? Le phénomène du coup de boule a été quand même important. J’étais à la Fédé et la DTN, on avait des réunions, et on voyait les cadres et les entraineurs dans les régions, qui nous demandaient comment ils faisaient maintenant pour expliquer aux joueurs qu’on ne réagit pas quand quelqu’un vous insulte… Les gamins leur disaient ‘Zizou l’a fait’. C’est le vrai poids de ce qu’il a fait, plus que le résultat du match… C’est les conséquences par rapport aux gamins qui l’idolâtrent. A juste titre, parce que c’est un joueur exceptionnel. Mais cette exemplarité sur ça, ça a pesé. Là, il a déconné par rapport à ça, par rapport aux conséquences derrière ».

    Retranscription Girondins4Ever