Raymond Domenech : “Knysna ? Ma responsabilité est totale”

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    Pour « Offense », Raymond Domenech, ex-joueur des Girondins de Bordeaux mais surtout sélectionneur de l’Equipe de France, a répondu à la question de savoir quelle était sa responsabilité dans ce qui s’était passé à Knysna.

    « Ma responsabilité est totale. Quand tu es entraineur et que tu n’arrives pas à construire ton équipe, tu es le premier responsable. Les choix ne sont pas là. Quand tu fais une équipe et qu’elle ne marche pas, tu as envie de modifier. Tu te demandes comment améliorer, tu essaies de changer quelque chose. Et en fait, tu crées une perturbation, mais tu ne peux pas garder une équipe qui ne marche pas. En sélection, tu n’as pas le temps. En club, tu as un peu plus de temps. Mais en sélection, à chaque match tu as le couteau sous la gorge. Si je prends Benzema et Nasri, si c’était à refaire. Non, en 2006, je rappelle que je n’ai pas pris Pires et Giuly. Je les ai remplacés par Ribéry et Malouda… A un moment, il y a les bons joueurs, et les bons joueurs qui construisent une équipe ».

    Et en ce qui concerne la fameuse grève, et les joueurs qui ne descendent pas du bus ?

    « Comment on peut expliquer ça… Le jour de la grève, on est à table à midi, et tu sens le climat. Tu sens qu’il y a quelque chose, qu’ils te regardent, et qu’il va se passer quelque chose. Je m’assois à table, et je me dis ‘j’espère qu’ils ne vont pas me faire la grève de l’entrainement’. On rigole tous, parce que ce n’est pas possible… M’imaginer qu’ils n’allaient pas s’entrainer la veille d’un match décisif pour se qualifier… Ils n’étaient pas là-dedans, ils étaient dans leur truc, pris par autre chose. Ils pensaient qu’il y avait une injustice avec Anelka. Ils se sont rebellés contre eux-mêmes […] Quand il y a cette grève, j’aurais dû aller au bout du truc, laisser ma place, les planter là. Les joueurs ont pris conscience des choses petit à petit, car ils étaient au téléphone, et ils ont entendu les gens qui leur disaient qu’il ne fallait pas le faire. Mais ils étaient bloqués, et une fois que tu es dans la connerie, tu y restes… Ils ont oublié qu’ils étaient des joueurs de foot, qu’ils étaient là-bas pour jouer au foot. Ils se sont dispersés sur 1000 autres choses, sur des gamineries… ‘je n’ai pas mon bon numéro, lui a dit ça, on a dit ça sur moi’. J’avais l’impression d’être dans la cour de l’école. Et ça c’est dur ».

    Retranscription Girondins4Ever