Une classe au-dessus

Le résumé

Ce soir, il y avait un coup à faire, un vrai. Bordeaux, mal au point au niveau comptable en ce début de saison, reçoit le Paris Saint-Germain, qui ne connait pas les mêmes difficultés… La difficulté, pour Laurent Blanc ce soir, était de savoir comment aligner son équipe bis, étant privé de ses internationaux, mais qui a aussi le potentiel d’évoluer très haut en Ligue 1 : un autre monde. Présents cette semaine à l’entrainement, nous avons pu voir la grosse envie de Diego Rolan qui aura sa chance ce soir ! Ce sera aussi le cas de Lucas Orban qui fera souffler Maxime Poundjé, omniprésent depuis le début de saison. Mieux encore, le système proposé par Francis Gillot va changer de d’habitude et permettre au potentiel offensif de s’illustrer avec deux attaquants, tout en ayant une assise défensive normalement solide, avec en plus deux milieux de terrain défensifs. La compo :

 

 

Le match commence par un pressing très haut et intéressant des bordelais. Digne en fera même les frais, se retrouvant deux fois au sol suite à des contacts assez… intenses ! Mais Bordeaux n’y arrive quand même pas. C’est alors que la tactique de Gillot change soudainement pour le fameux 4-3-3 qu’on attendait, au bout d’un tout petit quart d’heure.

 

 

21ème minute, Ibrahimovic frappe largement au-dessus sur un coup franc plein axe. Quatre minutes plus tard, ce même Ibra après une feinte de frappe s’ouvre le pied gauche : sa frappe est trop écrasée et pas cadrée. A la demi-heure de jeu, Paris va faire la différence, toujours par Ibrahimovic. Des suites d’une combinaison, Ibra distille une superbe passe dans le dos des défenseurs bordelais et de Mariano, pour Matuidi. Le milieu parisien s’y reprend à deux fois, après une première parade de Carrasso, mais réussit à la pousser au fond des filets. 1-0. Et là, c’est déjà la panique. Paris fait tourner avec une aisance et classe, tandis que Bordeaux fait un pressing désordonné. La circulation de balle en face est trop rapide et les Girondins sont clairement privés de ballons. 43ème minute, Rolan lance Mariano dans l’axe qui remet pour Obraniak… Le milieu bordelais prend sa chance aux 25 mètres plein axe du pied droit : captée en deux temps par Sirigu qui s’était couché. 47ème minute, long ballon pour Diabaté qui remet sur Rolan dans l’axe : l’attaquant bordelais, en complet déséquilibre et sans conviction frappe du gauche : nettement à côté. C’est sur cette action que la mi-temps sera sifflée, pour un score logique de 1-0 pour Paris, qui n’a même pas forcé son talent.

 

 

Bordeaux aura finalement fait un pressing intéressant une bonne dizaine de minutes, avant de s’éteindre et laisser le jeu à l’équipe adverse. Offensivement de notre côté, c’est presque le néant. Le peu d’incursions ne sert à rien, puis il n’y a personne à la réception des éventuels centres. Paris, de son côté, sans être brillant, joue vite au milieu et fait tourner. L’expérience, la qualité de passe font la différence et nous font gambader, pour rien ou des miettes… Après le but, ce fut encore pire avec une équipe découragée. Dommage, parce qu’en face, vraiment, ce n’est pas aussi imprenable que ça aurait dû l’être. En tout cas, pas de changement à la mi-temps, des deux côtés…

 

 

 

 

Bordeaux ré-attaque cette seconde période comme il a commencé la première : avec un pressing haut. Et cela a failli payer lorsque Van der Wiel fait preuve de mésentente au sein de sa défense, mais Diabaté est trop court et Sirigu capte le ballon remis en retrait par le latéral parisien. 52ème minute, contrôle orienté de Diabaté qui file au but… Mais est rattrapé brillamment par Alex. Derrière, une main dans la surface de Thiago Silva, lors d’un duel aérien, n’est pas sifflée… 58ème minute, Paris a l’emprise complète sur le jeu et la frappe d’Ibrahimovic est repoussée par Carrasso. 63ème minute, une action similaire au premier but va déboucher sur la même issue finale. Lucas Moura est lancé dans le dos de la défense, qui réclame un hors-jeu, mais c’était sans compter sur Mariano qui couvrait largement à l’opposé. Carrasso tente le coup en se jetant mais le brésilien ne se fait pas avoir et pousse le ballon dans le but vide… Bordeaux 0, Paris 2. Vous vouliez voir du spectacle ? La suite a dû vous enchanter ! Ce sera un florilège pour les parisiens, qui déroulent, et presque sans forcer. 69ème minute, grosse occasion avec Lucas qui déborde et met en retrait : la frappe de Matuidi est contrée par Henrique. 71ème minute, Obra est lancé dans la profondeur et Sané ne suit pas… L’attaquant suédois frappe fort et Carrasso se détend parfaitement. Le ballon revient sur Digne à l’opposé qui frappe à son tour et fait briller une seconde fois le capitaine bordelais en moins de cinq secondes. 74ème minute, Rabiot, rentré en jeu, prend l’axe et n’est pas attaqué. Il prend alors l’initiative de frapper et l’écrase, sans la cadrer qui plus est. 77ème minute, magnifique jeu en triangle entre Rabiot qui lance Lucas, qui remet d’un piqué pour Ibrahimovic, qui tente de piquer à son tour au-dessus de Carrasso… qui répond une fois de plus présent ! 78ème minute, une mauvaise passe de Nguemo dans l’axe fera que Rabiot sera servi seul face à Carrasso… L’ex toulousain tente le lob et la met au-dessus ! Derrière, Bordeaux veut jouer vite et fait mal. Ibrahimovic tente de se jouer de Carrasso en le débordant : sa frappe finit dans le petit filet bordelais. Le reste de la rencontre, Paris fera tourner le ballon, sans jamais le perdre, nous donnant l’impression d’évoluer à domicile et de nous humilier… Que ces minutes furent longues… et désagréables…

 

Pour conclure, bien sûr, Paris était au-dessus, même avec son « équipe bis ». Les intentions bordelaises ont été bonnes dix minutes par mi-temps, et puis plus rien. Le premier but nous a anéantis alors qu’il restait une heure de jeu. Les joueurs ont-ils étaient conscients de leurs faiblesses ? Ils n’ont en tout cas jamais réussi à enflammer le public qui s’est logiquement éteint au fur et à mesure de la rencontre. Ce soir, il y avait une différence de classe et de talent. Mais l’envie ne s’est que trop peu faite ressentir, encore une fois. Jouer vingt minutes dans un match qui en compte quatre-vingt-dix, c’est trop peu. Paris, sans forcer, s’est créé des décalages en jouant à une touche de balle. Bordeaux avait toujours besoin d’un contrôle avant de faire la passe… Et, lorsque par magie on arrivait dans les vingt derniers mètres, les centres étaient imprécis, quand il y avait des solutions… D’autres années, Bordeaux compensait ses manques offensifs par une solidité défensive. Cette saison, ce n’est pas le cas. Même s’il n’y a que cinq journées de jouées, même si dans les cinq équipes il y avait Paris et Monaco, nous pouvons vous assurer que cette saison va être longue, très longue, très très longue… Si l’envie n’arrive pas et n’est pas décuplée, nous allons nous retrouver face à des équipes qui feront la différence par ce moyen…

 

Imaginez, on se doit déjà d’aller chercher quelque chose à Lorient dès la semaine prochaine… avec un petit match de Ligue Europa entre temps. Peut-être que le renouveau passera par des bonnes performances au niveau européen, qui sait… Oui, on se rattache de plus en plus à tout, et surtout n’importe quoi…

 

 

 

 

Les joueurs

Cédric Carrasso a doublé sa dose de Prozac pour la saison. Et il a eu raison. De loin le meilleur bordelais ce soir, c’est grâce à lui que le score n’est pas à 0-5. De belles parades, et il ne peut rien sur les deux buts même si sur le second il joue son va-tout…

Filho Mariano avait tendance ces derniers matches à trop laisser partir ses vis-à-vis dans son dos. Ce soir, cela s’est doublement vérifié. Nettement moins en vue que la saison dernière, sur tous les plans, il offre ce soir des boulevards face à des joueurs capables de faire la différence. Coupable dans sa zone pour le premier but, il est coupable dans l’alignement à l’opposé du ballon sur le second. Une véritable sale soirée. Lucas Orban a fait son baptême du feu ce soir. Face à l’autre Lucas, il a une bonne partie de la première mi-temps résisté, se rappelant aux bons souvenirs sud-américains. Mais il prit l’eau sur plusieurs actions ensuite : en retard, ou laissant s’échapper son vis-à-vis. Il a essayé de compenser en seconde période en allant de l’avant, mais il s’est vite rendu compte qu’il n’était pas suivi de ses coéquipiers. Espérons que cette première ne le touche pas au moral, déjà… Carlos Henrique a été victime ce soir de l’expérience d’Ibrahimovic, qui l’a tout de suite mis dans le bain. Avec un carton jaune qui récompense deux fautes du défenseur brésilien, il s’est mis en difficulté pour le reste de la rencontre, qui a été brouillonne. Dans la panique, on l’a même souvent vu bafouiller balle au pied, dégager n’importe comment. A l’image de l’équipe, pas la sécurité nationale ce soir… Et Ludovic Sané ne dérogera pas à cette règle non plus. Très discret, il a lui aussi été impuissant face à ses adversaires, trop rapides et précis. Rien à rajouter, car rien de bien plus glorieux que les autres. Il a même laissé partir Ibrahimovic en seconde période, et s’est probablement plus illustré de dégagements de la tête lors de cette rencontre.

Sans Plasil, ce sont nos deux milieux défensifs de métier qui prenaient place. Landry Nguemo a été très sollicité en termes de ballons et a essayé de limiter la casse en assurant au maximum ses passes. Mais face à des équipes comme Paris, la moindre perte de balle dans l’axe peut se payer cash. Ça a failli se produire d’ailleurs en seconde période. André Poko était plus incisif quant à lui-même si au niveau des stats, il se rapproche de son coéquipier camerounais. Il est cela dit à noter que lors des deux passes, qui ont amené les deux buts, on aurait pu croire que nos deux milieux défensifs allaient se montrer plus présents et couper court à ces phases offensives parisiennes. Ce ne fut pas le cas… Débutant avant-centre, Diego Rolan a finalement atterrit dans le poste qui est censé lui aller le milieu : milieu offensif droit. Autant le dire, il a été inexistant. A l’image d’Orban, une drôle d’entrée en matière. Beaucoup trop tendre, si peu disponibles, ses coéquipiers l’ont presque évité ce soir… Et puis, peu avant la fin de la première période, on l’a senti déjà usé… Il faudra encore et toujours patienter… Henri Saivet a parfaitement imité Rolan au niveau du néant. De mauvais choix, même s’il a essayé de provoquer. Le problème, c’est qu’on l’a trop vu essayer de devenir le héros de la soirée, plutôt que de jouer en équipe et se montrer réellement disponible dans le jeu. Il est aussi et surtout celui qui a manqué le plus de passes ce soir. Positionné milieu droit en début de match, il a ensuite basculé dans un rôle de milieu offensif central. Décrié depuis plusieurs mois maintenant, on ne pourra pas reprocher à Ludovic Obraniak ce soir d’avoir essayé de provoquer et d’aller de l’avant, tout en étant collectif et constructif. Il est aussi à créditer du seul tir cadré du match côté bordelais et du droit s’il vous plait ! Ludo est probablement un très bon joueur qui, pas aidé, n’est récompensé que par des exploits personnels comme face à Saint-Étienne.

Ce soir, Cheick Diabaté n’aura pas eu l’occasion de briller. Sans occasion, sans même une domination dans le jeu aérien, il n’a pas réussi à se transcender et n’a pas pu rivaliser avec Silva ou Alex. En face, c’était vraiment trop fort, et le peu de ballons distillés par ses coéquipiers étaient imprécis. Comme avec Obra, s’il n’est pas aidé et épaulé… On ne peut pas lui demander des exploits chaque semaine…

 

 

Nicolas Maurice-Belay fut le premier entrant. Il a essayé de provoquer, sans réussir. Vieira Jussiê a été le deuxième, et Hadi Sacko le troisième. Avec ces « forces » offensives, on ne risque pas d’aller loin. Et effectivement, on n’est pas allé très loin…

 

 

 

 

 

La feuille de match

Vendredi 13 septembre 2013 à 20h30

5ème journée de Ligue 1 2013-2014

Arbitre : M. Antony Gautier

Stade Jacques Chaban Delmas

29548 spectateurs

Bordeaux 0 – 2 Paris

Buts : Matuidi (30ème), Lucas Moura (64ème)

Cartons jaunes : Henrique (20ème), Obraniak (41ème) – Ongenda (69ème), Verratti (80ème)

Bordeaux : Carrasso © – Mariano, Henrique, Sané, Orban – Nguemo, Poko – Rolan (Maurice-Belay, 64ème), Obraniak, Saivet (Jussiê, 74ème) – Diabaté (Sacko, 74ème).

Paris : Sirigu – Van der Wiel, Alex, T. Silva ©, Digne – Verratti, T. Motta, Matuidi – Lucas (Coman, 81ème), Ibrahimovic (Cavani, 81ème), Ongenda (Rabiot, 72ème).

 

 

 

 

 

 

Les notes Girondins4ever

Carrasso : 7

Mariano : 0

Henrique : 3

Sané : 2

Orban : 2

Nguemo : 3

Poko : 4

Rolan : 0

Saivet : 0

Obraniak : 5

Diabaté : 1

 

 

 

 

Les stats du match

Bordeaux – Paris

Possession de balle : 40% – 60%

Tirs : 7 – 14

Tirs cadrés : 1 – 7

Passes réussies : 74% – 86%

Hors-jeu : 1 – 3

Corners : 1 – 3

Centres : 15 – 9

Fautes : 14 – 13

Cartons jaunes : 2 – 2

 

 

 

Crédit Photos : Sport24