Les canaris ont mangé du … lama !

 

Le résumé :

 

Cui, cui, cui, les canaris ont cuit…le lama. La star du jour n’était pas sur le terrain, mais autour du pré vert. Si Serge était présenté comme la nouvelle mascotte bordelaise, elle risque de ne pas le rester très longtemps. On soupçonne même le président Triaud être parti à sa recherche… pour être sûr qu’il ne remette plus les pieds à Chaban.

Quelle raclée, quelle humiliation cet après-midi pour le grand retour du derby de l’Atlantique. On en a fait des tonnes sur le renouveau bordelais, sur l’arrivée du lama qui allait manger du canari… Le retour de bâton est violent, Bordeaux replonge dans ses doutes de l’été. Nantes fut réaliste mais quand même, comment peut-on à ce point se laisser marcher dessus par une équipe promue ?

 

Tout commençait bien pourtant à l’heure du digeo. Serge et Jean-Louis se faisaient prendre en photo, en train de partager un brin d’herbe fraîche (quel broute…pardon boute-en-train ce Triaud). Le soleil faisait également son apparition, certes timidement. Les travées sont bien remplies et malgré la pluie abondante des derniers jours, le spectacle semble prometteur.

 

Gillot nous concocte une composition attendue depuis un moment : une charnière Henrique-Planus, Sané en sentinelle avec Sertic en relayeur, Orban et Mariano pour occuper les flancs. Du solide, en apparence. Devant, c’est du classique avec le quatuor NMB-Obraniak-Saivet-Diabaté. Et ça part très fort, les bordelais ont mangé du lion. Dès la 1ère minute, Maurice-Belay déborde sur son côté et adresse un bon centre, repoussé par la défense nantaise. On voit de suite que la pelouse est grasse. Les nantais ont de suite du répondant et à la 4ème minute, Djordjevic prend le dessus sur Planus en reprenant de la tête un centre de Bessat. A côté. Mais ce sera la seule véritable occasion des canaris en ce début de match.

 

Les bordelais veulent prendre le dessus très vite et vont se ruer sur les cages de Riou. A la 6ème minute, un très joli une-deux Saivet-Maurice-Belay débouche sur un centre contré de l’ailier sénégalais. Une minute après, c’est au tour de Sertic de régler la mire avec un bon tir au ras du poteau des vingt mètres. Le jeune Alhadhur porte bien son nom en taclant « à la dur » Ludovic Obraniak. Il hérite d’un jaune bien mûr. Le franco-polonais se relève bien de ce coup en reprenant d’une belle tête décroisée à la 17ème minute un centre de Sertic. Malheureusement, le poteau renvoie le cuir et Diabaté, surpris et trop court, ne peut concrétiser l’occasion. Et ça enchaîne : 19ème minute, transversale de Maurice-Belay et amorti poitrine de Diabaté qui ne peut frapper suffisamment fort dans un angle fermé. 20ème minute, c’est la plus belle occasion bordelaise. Diabaté est parfaitement lancé en profondeur par Sertic qui, seul face à Riou, tente un crochet trop long qui permet le retour de Vizcarrondo. Quel dommage, quel manque de réalisme pour Cheick, qui ne nous habitue pas à ça ces derniers temps. Il essaiera de se rattraper à la 28ème minute, mais son but est très légèrement entaché d’un hors-jeu.

 

 

Jusque-là, Bordeaux se procure de nombreuses occasions et risquerait de le regretter plus tard. A la 31ème minute, Henri Saivet réalise un festival à droite et adresse un bon centre à ras de terre pour Diabaté qui voit sa frappe contrée…de la main par le très bon vénézuélien Vizcarrondo. Le ballon finit en corner mais le pénalty n’est pas évident puisqu’il n’y a pas de réelle volonté d’agrandir la surface du corps.

 

Les nantais sont acculés mais réagissent par Djordjevic qui va se présenter seul face à Carrasso à la 35ème minute. C’était sans compter sur l’excellent retour de Marc Planus qui, d’un tacle glissé bien senti, enlève le ballon des pieds du serbe.

Réaction immédiate des bordelais à la 38ème minute. Sané ressort très proprement un ballon dans sa surface et lance Obraniak. Ludovic va se lancer dans un long raid qui se conclure par une frappe, contrée, face à Riou.

 

On se dit que ça va forcément finir par craquer côté nantais. Mais c’est devant le parcage très fourni des nantais que le public bordelais va tomber des nus. A la 41ème minute, une touche presque anodine des nantais au poteau de corner est reprise en retourné par Bedoya. Dès lors, c’est la panique à bord. Djordjevic tente de reprendre cette balle aérienne de volée mais sans succès. Le ballon voyage toujours jusqu’au second poteau, jusqu’au bienheureux Bessat qui décoche un missile et fusille Carrasso , impuissant. Consternation à Chaban. Quel réalisme des canaris avant le retour aux vestiaires. Et quels regrets toutes ces occasions manquées, vendangées.

 

A la reprise, on s’attend à une réaction… Du moins l’espère-t-on, on connait nos bordelais. On sera très vite déçu. Oui il y a bien eu ces tentatives, molles, de Sertic et Saivet aux 49ème, 53ème et 58ème minutes. Des tirs de vingt mètres, sans conviction. On est loin des frappes pleines de force et d’envie à Nice. Et malheureusement le pire arrive à la 60ème minute. Sur un coup franc excentré côté droit, la défense bordelaise est aux abonnés absents. Pour preuve, le ballon voyage allègrement devant les cages de Carrasso et deux nantais, libres de tout marquage, se retrouvent au deuxième poteau. Djilobodji se fait un malin plaisir d’aggraver le score…et les affaires bordelaises.

 

Ca va mal… très mal. Le bateau coule. A la 63ème minute, c’est le coup de grâce. Veretout déborde côté gauche et centre au deuxième poteau pour Bedoya, abandonné par son garde du corps, Orban. Il peut ajuster une reprise que Carrasso peine à capter. Djordjevic à l’affût expédie le ballon sous la barre. 3 à 0 après une heure de jeu, la cabane est tombée sur le chien. Et quel réalisme !

 

C’est terminé, il n’y a plus de match. Une vaine tentative d’Obraniak à la 65ème minute scellera les ambitions girondines. Sané tentera un rush désespéré à la 69ème minute, sans succès. Gillot jouera son va-tout à la 71ème minute avec un triple changement « Blancesque » : Obraniak, Sertic et Diabaté dehors, Jussiê, Nguemo et Faubert entrent. Mais n’est pas Blanc qui veut, ce coup de poker n’apportera rien. Et que dire des sifflets accompagnant la sortie de Diabaté ? Ce public bordelais est vraiment versatile, pour siffler de la sorte un joueur qu’ils ont acclamé il y a peu, nous sortant de tant de situations mal embarquées. Triste public, triste équipe sans réaction, sur courant alternatif. 84ème minute, dernière occasion de Saivet mais les nantais sauvent sur leur ligne le lob d’Henri. Il ne se passera plus rien jusqu’au coup de sifflet libérateur.

 

 

Finalement, on peut penser que Serge ne reviendra pas de sitôt à Chaban. Le canari est donc plus fort que le lama. Froids, réalistes, les nantais ont donné une leçon aux girondins. Oh bien sûr certains vont commencer à reparler du fameux jeu à la nantaise, cette chimère qui revient dès lors que des joueurs nantais arrivent à aligner plus de trois passes. Mais ce jeu là n’est plus d’actualité. Nantes a tout simplement fait corps face à l’adversité en première mi-temps. Solidarité, jeu simple, efficacité… Tout ce qui a manqué à Bordeaux… Et malheureusement nous rechutons comme à chaque fois que nous pouvons faire un gros coup. Gillot pouvait aligner quasiment son équipe type. Peut-on mettre cette défaite sur le seul Diabaté ? Non ce serait injuste eu égard à la grosse année de Cheick en 2013. L’ingrat public bordelais en a déjà fait son coupable, n’en rajoutons pas.

 

Bravo aux nantais qui ont montré une belle solidarité pour déployer un jeu assez intéressant. Mais que serait-il advenu si nous avions concrétisé toutes les occasions de la première période ? N’empêche, le mental est trop friable. Jamais l’équipe n’aurait dû couler à ce point après le premier but… Un peu comme l’expulsion de Nguemo jeudi qui a liquéfié les marines et blancs.

 

Comme depuis trois ou quatre ans, dès que cette équipe enchaîne trois ou quatre bons résultats, tout le monde s’enflamme : les supporters, les joueurs, les médias qui parlaient de « Renouveau ». Cette équipe ne possède malheureusement pas suffisamment de leaders pour canaliser toute l’euphorie. Défense sans repère, sans cesse remaniée à cause des blessures, suspensions… Milieu manquant d’impact et de leader. Attaque trop dépendante de la forme de Diabaté. Très inquiétant pour la suite…Mais nous n’apprenons rien.

 

 

Les joueurs :

 

Carrasso : Les matchs se suivent et ne se ressemblent pas pour notre portier. Héroïque contre Nicosie, impuissant contre les nantais. Archi battu sur les deux premiers buts, il parait très fébrile sur le troisième en repoussant mollement la frappe de Bedoya. Pas d’arrêt notoire en dehors de ça. Très frustrant.

 

Mariano : On a retrouvé un Mariano tonique, entreprenant et plutôt bon défensivement. Malheureusement, comme tous ses partenaires de la défense, il a impliqué sur les buts nantais, notamment le premier où il laisse Bessat sans marquage.

 

Henrique : On ne retrouve plus le Carlos solide de la saison passée. Il semble lourd et manque de gnac dans sa surface. Plus du tout impérial.

 

Planus : Un bon début de match où il sauve la maison bordelaise sur quelques interventions très limites. Malheureusement, comme Henrique, il semble usé par les saisons et les blessures n’a plus l’aura d’antan. Il ne dirige plus sa défense avec autorité et tout le bloc défensif tangue.

 

Orban : Solide dans l’ensemble, il laisse Bedoya centrer sur le premir but et frapper tranquillement sur le troisième but nantais. Prestation mitigée.

 

Sertic : Très entreprenant en début de match, il restera un des seuls à tenter, de loin, d’inquiéter Riou. Egalement impliqué sur les occasions bordelaises par de jolies passes en profondeur ou des transversales.

 

Sané : Repositionné en sentinelle pour apporter de la solidité au milieu et pour changer un peu d’air après ses récents déboires en charnière centrale, il n’a guère convaincu. Malgré quelques jolis gestes, il n’a pas pesé dans l’entrejeu et semble un peu à bout de souffler. Mais peut-on le mettre sur le banc ?

 

Obraniak : Une belle entame lui aussi avec notamment son astucieuse tête déviée sur le poteau. De l’activité mais a sombré comme tous ses partenaires en deuxième période.

 

Saivet : La déception du moment. Moins décisif que cet été, est-ce qu’Henri a bien digéré sa prolongation de contrat ? Toujours est-il qu’on attend beaucoup plus de lui, sur des actions décisives.

 

Maurice-Belay : En progrès ces derniers matchs, il a confirmé sa bonne forme avec quelques centres au cordeau dont il a le secret. Malheureusement, son jeu est trop stéréotypé et il propose toujours le même type de mouvement sur son côté gauche. Finalement, c’est trop souvent improductif.

 

Diabaté : Il faut bien que ça arrive. Souvent sauveur des Girondins, Cheick fut peut-être le fossoyeur de son club en ratant de nombreuses occasions, dont ce face à face avec Riou perdu pour un crochet mal exécuté. De la combativité, comme toujours. Mais lorsque la réussite le fuit, on ne retient que sa maladresse. Sorti très injustement sous les sifflets de l’ingrat public bordelais.

 

 

La feuille de match :


Dimanche 10 Novembre 2013 à 14 heures

13ème journée de Ligue 1

Stade Chaban-Delmas (Bordeaux)

24160 spectateurs

Arbitre : M. Fredy Fautrel


Bordeaux 0 – 3 Nantes

Buts : Bessat (40ème), Djilobodji (60ème), Djordjevic (63è) pour Nantes

Cartons jaunes : Sertic (68ème) pour Bordeaux – Alhadhur (15ème), Veretout (76ème)

Bordeaux : Carrasso © – Mariano, Henrique, Planus, Orban – Sané, Sertic (Nguemo, 72ème), Maurice-Belay, Obraniak (Faubert, 72ème) – Saivet, Diabaté (Jussiê, 72ème)

Nantes : Riou – Cissokho, Vizcarrondo, Djilobodji, Alhadhur (Veigneau, 76ème), Touré, Deaux, Veretout (Pancrate, 81ème), Bessat (Bangoura, 81ème), Bedoya – Djordjevic ©

 

Les notes Girondins4ever :

 

Carrasso : 5

Mariano : 5

Henrique : 4

Planus : 5

Orban : 4

Sertic : 6

Sané : 3

Obraniak : 5,5

Maurice-Belay : 5,5

Saivet : 3

Diabaté : 3

 

 

Crédits photos : girondins.com, fcnantes.com

 

 

 

Le résumé :