InterviewG4E. Grégory Malicki : “Bordeaux, ça reste Bordeaux, c’est un gros club”

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Passé par Niort, Rennes, Créteil, Châteauroux, Lille ou encore Angers, Grégory Malicki est également passé une saison par Dijon, en 2009-2010. Il est surtout un spécialiste du poste lui qui est aujourd’hui entraîneur des gardiens du centre de formation des Chamois Niortais, lui qui dura également dans la profession jusqu’à plus de 40 ans au plus haut niveau. Grégory aurait également pu signer au centre de formation des Girondins de Bordeaux au tout début de sa carrière lorsqu’il était sous contrat à Créteil. Dans une interview très variée au niveau des sujets, mais bien sur tournant autour du club au scapulaire, vous allez avoir son point de vue avant cette rencontre du jour entre notre club et le Dijon FCO. Interview.

 

Pour commencer, on va prendre de vos nouvelles. Après avoir été gardien à Lille, Dijon et Angers, vous êtes aujourd’hui entraîneur des gardiens au centre de formation de Niort. Est-ce que vous avez le projet de rester dans la formation ou intégrer le staff professionnel, à Niort ou un club de Ligue 1 vous intéresse ?

Pour l’instant, j’en suis à ma 5ème année au centre de formation, j’y suis bien mais c’est sûr que j’ai envie de connaître aussi les seniors et les professionnels. On verra ça plus tard. Pour le moment, j’apprends mon métier et je continuerais à l’apprendre, encore et toujours, on verra l’avenir parce que j’aimerais m’orienter vers les pros.

 

Niort et Bordeaux sont les deux seuls clubs professionnels de la région Nouvelle-Aquitaine. Savez-vous s’il existe des échanges réguliers entre les deux clubs ?

Franchement, je ne sais pas mais je ne pense pas. Je trouve ça dommage pour nous, mais je ne pense pas.

 

Justement, il y a quelques jours, Bordeaux a voulu se rapprocher des clubs amateurs de la région, en proposant des partenariats, à 75% payants. Ils proposent donc des partenariats allant de la gratuité à 3000€ pour bénéficier de différents services (coaching, communication, accès à des places pour les matchs…). Est-ce que c’est une démarche importante et adaptée pour la région d’après vous ?

C’est une bonne démarche en effet, après ça dépend des services qu’ils proposent. Je ne connais pas leur démarche mais il est vrai que l’aspect financier me dérange un peu plus. Pour ma part, je vais de temps en temps faire des entraînements dans des clubs amateurs aux alentours de Niort pour aider les gardiens, je le fais gratuitement, c’est sur le principe de partager. Après, quoiqu’il arrive c’est une bonne démarche pour les clubs amateurs si les entraîneurs peuvent montrer ce qui se fait dans le monde professionnel. C’est très bien.

 

Lors d’une interview, Martin Djetou, avec qui vous jouiez à Créteil à l’âge de 16-17 ans, a raconté avoir fait une semaine aux Girondins de Bordeaux avec vous. Vous souvenez-vous de ce moment et de ce qui a fait que vous n’aviez pas signé ?

Avec Martin, on était venus passer une semaine au Haillan, oui. On avait fait la semaine et personnellement, ça n’avait pas conclu. A cette époque, il y avait aussi des soucis au club. Ça aurait été un plaisir pour moi d’intégrer le centre de formation des Girondins de Bordeaux, à l’époque.

 

Est-ce que lors de votre carrière en tant que professionnels, vous avec eu des contacts pour signer aux Girondins ? Est-ce que cela vous aurait plu ?

Non, je n’ai pas eu de contacts spécialement, mais ça m’aurait plu, bien sûr. C’est une belle ville, une belle région et un beau club !

 

De façon générale, l’image des Girondins est très variée selon qui en parle : soit on dit que c’est le Club Med, soit on dit que c’est un grand club mais qui a un peu perdu de sa superbe. Que pensez-vous du club de Bordeaux vous ?

Pour moi, les Girondins, ça reste un grand club français. Après, il vit une période délicate, comme beaucoup de clubs français. Maintenant, il faut qu’il retrouve un peu de sa superbe, comme vous dites, mais Bordeaux, ça reste Bordeaux, c’est un gros club. Et c’est un club qui a la chance d’être dans une belle région et ce n’est pas un problème, c’est un atout.

 

Vous avez connu, lors de votre dernière saison au LOSC, le Bordeaux Champion de France 2008-2009. Quels souvenirs avez-vous de cette équipe entraînée par Laurent Blanc à l’époque ?

Je m’en souviens oui, d’autant plus qu’il y avait mon ami avec qui je jouais au LOSC, Matthieu Chalmé, qui est maintenant adjoint en réserve et que je croise aussi sur les matchs en N3. C’était impressionnant, avec Matthieu et de l’autre côté Benoit Trémoulinas, ces latéraux qui n’arrêtaient pas, c’étaient de vrais pistons. Ils avaient une très belle équipe avec Yoann Gourcuff et tous les autres.

 

Vous qui êtes spécialiste des gardiens, Bordeaux a toujours eu la faculté d’avoir des grands gardiens, et d’en sortir régulièrement aussi de son centre de formation. Est-ce une particularité à la française, une qualité dans la formation ?

Oui, je pense qu’on a une très bonne formation au niveau national, même si je pense qu’on ne s’y appuie pas assez. Il y a beaucoup de personnes qui recherchent des gardiens qui arrivent avec leur 1m95, 2m et ce n’est pas trop le profil français pour l’instant. Mais oui, selon moi, nous avons des gardiens qui font partie des meilleurs européens. Et Benoit (Costil) en fait notamment partie. C’est une référence française.

 

Quel est votre point de vue sur Benoit Costil ?

Je pense qu’il a bien mené sa carrière. Un départ de Caen, il se fait prêter pour évoluer un petit peu. Après, il a su aller à Rennes où il a explosé et puis il se retrouve aux Girondins dans un gros club où il est une pièce importante de ce groupe et du club. Il a accumulé des sélections en équipe de France… c’est une carrière bien menée et qui n’est pas finie encore.

 

Est-ce que donner le capitanat à un gardien, comme c’est le cas pour Benoit Costil à Bordeaux, est adapté pour ce poste ?

Oui, ce n’est pas un souci, je l’ai moi-même souvent eu. Ce n’est pas un souci mais ce n’est pas une priorité non plus, parce que le gardien peut toujours parler. Le brassard, ça peut donner l’opportunité à quelqu’un de pouvoir échanger avec l’arbitre. Mais maintenant, quoiqu’il arrive, les joueurs arrivent à échanger avec l’arbitre, ou pas. Mais ce n’est pas gênant. Après, si dans le vestiaire, c’est le papa et qu’il faut qu’il ait le brassard, il faut lui donner oui.

 

A Bordeaux, on a un autre gardien, qui est prêté actuellement à Nîmes, qui est Paul Bernardoni. Qu’est-ce que vous pensez de ce joueur ?

C’est le gardien du futur. Il est en train de faire de belles saisons à Nîmes où il a l’air de s’éclater, de prendre de la maturité et de l’expérience. Je pense que c’est une bonne chose ce qu’ont fait les Girondins, d’avoir un gardien, qui a son profil. Avoir un très bon gardien et le prêter pour qu’il prenne de l’expérience tout simplement et préparer l’après-Costil.

 

Vous pensez qu’il pourra un jour prétendre aussi à l’Equipe de France ?

Il a le profil, bien sûr. Après, les années se suivent et ne se ressemblent pas. S’il continue sur cette dynamique et avec le travail qu’il accompli, je pense qu’il n’y a pas de raison qu’il n’y soit pas.

 

Vous qui êtes proches géographiquement des Girondins de Bordeaux, suivez-vous leur saison, et qu’en pensez-vous ?

C’est une saison mi-figue mi-raisin, un peu comme pas mal de clubs en Ligue 1 qui se retrouvent dans le haut de tableau puis qui connaissent des passages difficiles, et puis qui reviennent. Ils sont assez inconstants… Mais on sait qu’il y a du potentiel, mais ça fait une différence avec les équipes qui arrivent à être en haut du classement, qui arrivent à être plus constantes. On peut voir que par exemple Lille avait du mal à gagner à l’extérieur et qui maintenant y arrivent, c’est que c’est possible. Mais ça reste inconstant.

 

Bordeaux accueille Dijon samedi. Vous êtes passé une saison à Dijon, en Ligue 2. Quel est votre souvenir de votre passage dans ce club ?

J’ai gardé un très bon souvenir de Dijon, c’est un club familial qui est en train de se construire. C’est un club jeune, qui se construit très bien. Il y a beaucoup de valeurs et des gens très bien pour les défendre. Il y a un bon entraîneur aussi. C’est un très bon club où évoluent encore des joueurs que je connais, comme Florent Balmont, qui finit sa carrière, mais qui doit insuffler une certaine mentalité, d’esprit dans ce groupe dijonnais.

 

C’est une saison difficile pour eux actuellement ?

Oui, c’est compliqué, ils jouent le maintien. En plus, avec la blessure d’Alfred Gomis qui était en train de faire une grosse première partie de saison, ça leur a mis un petit coup derrière la tête je pense. Maintenant, par rapport à d’autres, ce sont des garçons qui sont prêts à se battre pour jouer le maintien et ils y sont habitués. Depuis qu’ils sont en Ligue 1 c’est un peu ça, donc ils sont préparés.

 

Est-ce que le 1-6 infligé à domicile mercredi par le PSG peut avoir un impact sur les joueurs avant le déplacement à Bordeaux ?

Oui, ça fait mal, mais je pense que le coach, le staff et les plus anciens, ont dû tout de suite leur remettre les priorités, avec le maintien en ligne de mire et oublier ce 6-1 pris face au PSG, là où beaucoup d’équipes se sont pris également des valises. Il faut vite les faire se reconcentrer sur leurs objectifs, qui est le maintien.

 

Comment voyez-vous cette rencontre face aux Girondins de Bordeaux samedi ?

Je pense que ça va être compliqué pour Dijon. Le fait que ça se joue à Bordeaux, ça peut être compliqué pour les Dijonnais. Je pense plus à une victoire de Bordeaux parce que même s’ils ont un autre gardien, Rúnar Alex Rúnarsson, je pense qu’Afred Gomis était vraiment intéressant et rassurait tout le monde derrière. Les trois matchs qui vont suivre vont être un peu compliqués pour eux, je pense.

Merci Grégory, et bonne fin de saison avec les Chamois !