InterviewG4E. Julien Brun : “L’image écornée du club, elle l’est plus pour les supporters des Girondins que pour les amateurs du football qui n’y sont pas spécialement liés”

Téléfoot s’est lancée il y a maintenant quelques semaines, et a été chercher les meilleurs éléments des autres chaines. C’est ainsi que Julien Brun est arrivé sur le nouveau média, détenteurs des droits de la Ligue 1 pour les quatre prochaines saisons. Commentateur, consultant, analyste, Julien avait la gamme complète pour nous faire vivre les matches en direct, ou les analyser en plateau. Ayant fait ses études à Bordeaux, le journaliste garde un œil avisé sur notre club, qui réalise un bon début de saison. A l’aube de la troisième journée de Ligue 1, où les Girondins reçoivent l’Olympique Lyonnais (vendredi à 21 heures sur Telefoot, et uniquement sur Telefoot), nous l’avons alors questionné sur l’actualité du FCGB. Interview. 

 

Pour débuter, on voulait en savoir plus sur vous, notamment sur votre changement de chaîne. Vous commencez cette nouvelle saison sur Telefoot/Mediapro. Comment vous vous y sentiez et qu’est-ce qui vous a décidé à quitter beIN Sports ?

Je m’y sens très bien pour le moment à Telefoot. C’est un lancement, donc il y a toujours un souffle collectif qui est vraiment sympa. Et là, en plus ça se fait avec beaucoup de gens dont j’étais proche, soit de beIN Sports, soit des gens avec qui j’avais bossé dans d’autres boites avant, notamment à Canal, que je retrouve. Pour cela, c’est vraiment chouette. Ce qui m’a amené à changer c’est que nous sommes très dépendants des droits dans notre métier et sur beIN Sports, il y avait peut-être moins de choses qui m’étaient proposées dans les années à venir. Là, on me proposait de faire de la Ligue 1 avec de la Ligue des Champions qui s’est agrégée depuis. Déjà, juste la Ligue 1, c’est la base de ce que l’on fait dans notre métier et ce sont les droits qui sont les plus intéressants sur toute une saison.

 

Lorsque vous étiez à beIN Sports, vous aviez l’habitude de commenter les matchs avec Bruno Cheyrou, ancien bordelais. Aujourd’hui, vos chemins se sont séparés. Quelle était votre entente avec Bruno ? On a en souvenir des matches rodés entre vous, mais également ce silence lors de l’hommage à Emiliano Sala…

C’est un peu une relation de couple en quelque sorte, entre un commentateur et un consultant, au bout de quelques années. Au départ, on nous a demandé de commenter ensemble et j’étais très content de commenter avec lui. Ce n’est pas nous qui avons décidé de travailler ensemble mais avec le temps, une relation de travail comme celle-ci est un peu plus qu’une simple relation de travail. Les gens ne nous voient que lorsque nous sommes au poste de commentateur mais il y a toute une vie avant et après : on va dans les transports, on mange ensemble, on discute, on se raconte nos vies. Au bout d’un moment, c’est plus qu’une relation de travail. Ça a fait bizarre d’une certaine manière quand j’ai su qu’il arrêtait, après moi je suis parti de beIN Sports. C’est une relation personnelle qui se termine en même temps qu’une relation professionnelle. C’est une relation personnelle qui est allée crescendo entre nous. On s’entendait bien entre nous mais on a vécu des choses personnelles ensemble, des évènements de la vie qui font qu’on a eu une relation qui s’est améliorée au fur et à mesure des mois et des années. C’est vrai que ça fait bizarre de ne plus commenter les matchs ensemble. Mais maintenant, lui, il est à Lyon, moi à Paris, on a mangé ensemble déjà deux fois depuis qu’il est à Lyon, donc il y a quelque chose de personnel qui s’est construit. Moi, c’était un joueur que j’adorais quand il était à Lille. Le Bruno Cheyrou du LOSC, c’était un de mes joueurs préférés à l’époque. Donc commenter avec lui, c’était quelque chose qui me faisait vraiment plaisir. Et concernant le moment de silence à Nantes pour Emiliano Sala, on en a discuté vite fait pendant qu’on partait au stade, mais d’une certaine façon, on se connaissait tellement bien professionnellement que même si on n’en avait pas parlé avant, je pense qu’on l’aurait fait de nous-même au moment où on y était. La connexion était devenue naturelle. Le temps, les habitudes, les pratiques communes font que quand ça se passe bien, il y a limite plus besoin de se parler pour faire des choses en commun.

 

 

Vous connaissez bien Bordeaux puisque vous avez été à l’école de journalisme de Bordeaux. On voulait savoir quelle est l’image que vous avez des Girondins de Bordeaux, de manière globale ?

Une image très positive, de toute façon. Dans les années 80, j’ai grandi avec les Girondins qui étaient un grand club. Le maillot Malardeau, Sud Radio… qui faisait partie du paysage, mais le haut du paysage. Après, moi, je suis un gars du nord de la France et j’ai passé effectivement deux ans à Bordeaux au cours desquels j’allais régulièrement voir du sport. Beaucoup de foot à Chaban Delmas et du hockey sur glace. C’est une période aussi où j’en ai profité. J’ai grandi dans la cambrousse, dans le nord de la France et être dans une ville où il y avait une telle offre sportive, c’était quelque chose de vraiment super, j’en ai vraiment profité. C’était un stade sympa avec une ambiance tranquille, dans le sens où ça ne craignait pas, on y allait avec les autres camarades de promo. Donc, j’ai une image très positive des Girondins.

 

Lorsqu’on parle des Girondins, quels sont les bons souvenirs qui vous reviennent en tête ?

Il y a les années 80 dont j’ai des souvenirs un peu flous mais je vois Giresse jouer… C’est dans une sorte de nébuleuse avec l’Equipe de France des années 80, l’Euro 84, la Coupe du Monde 86, Giresse aux Girondins… Et ensuite il y a Bordeaux-Milan, qui est l’évènement dont je me rappelle plus précisément et qui était un moment incroyable.

 

Avez-vous la sensation que cette image de club historique du championnat a quelque peu été écornée avec les mauvais résultats de ces dernières années ?

Je n’ai pas de parole d’évangile mais je pense que le fait que l’image soit écornée, elle l’est plus pour les supporters des Girondins eux-mêmes que pour les amateurs du football qui ne sont pas spécialement liés aux Girondins. Cela arrive à tous les clubs d’avoir des périodes de moins bien. Marseille a eu des années où c’était plus compliqué, Paris et Monaco aussi et il n’empêche que l’image de ces clubs-là reste celle de grands clubs. Les passages moins bien comme ceux-là, c’est vrai que ça fait mal aux supporters mais au niveau global, il ne faut pas que ça dure trop longtemps pour les gens qui aiment le foot par ailleurs. C’est-à-dire qu’on peut se permettre d’avoir des phases de 4-5 ans, mais il ne faut pas que ça dure au-delà de ça parce qu’effectivement, le club dans ce cas-là se banalise complètement aux yeux de tout le monde. Les gens qui sont plus âgés ont des bons souvenirs de ce qui s’est passé dans l’histoire du club. Par contre, pour les jeunes générations, il y a une sorte de dégradation de l’image. Mais si ça ne dure que sur une petite période, ça va. Et en l’occurrence, Bordeaux, ils sont encore sur un fil à ce sujet. Il ne faudrait pas que cela dure plus longtemps, effectivement.

 

 

Lorsque vous étiez sur BeIn Sports, vous faisiez un peu de tactique. Du coup, on a plusieurs questions au sujet de Paulo Sousa. Avez-vous compris ce qu’il voulait faire à Bordeaux ? Est-ce que son projet était adapté à l’effectif ? Et que gardez-vous de son passage à Bordeaux ?

Je pense qu’il avait de grandes ambitions tactiques. Après, savoir si c’était adapté ou pas, c’est compliqué de savoir. Il y a eu plusieurs phases. A un moment, on s’est dit « on sait ce qu’il veut faire mais ça ne marche pas forcément ». Et puis, finalement, on se demandait s’il voulait vraiment jouer à 3 ou 4 derrière… Il y a une sorte de flou qui est apparu au bout d’un moment. Il y avait un discours qui était très cohérent à son arrivée. Il y a eu de bonnes choses même si les résultats n’ont pas été forcément exceptionnels mais il y a des choses qui se sont passées. Après, il y a eu la question de savoir ce qu’il voulait faire tactiquement, est-ce qu’il voulait vraiment être là ou partir. Rapidement, on a entendu qu’il avait plus dans l’idée de rejoindre un autre club… C’est presque une sorte de gâchis dans le sens où il y avait de belles promesses, même en termes de jeu. C’était parfois trop ambitieux par rapport aux joueurs qu’il avait. Il y a eu une sorte de flou et ce n’est pas que de la faute à Paulo Sousa. C’est l’histoire un peu du club depuis 1,5-2 ans. On se dit « tiens, il va y avoir des choses » et finalement, ça n’arrive pas. Tu te retrouves à la fin avec un bilan, que ce soit pour le club ou Paulo Sousa qui est très « flou ». C’est vraiment le mot qui résume tout. On se dit qu’il peut y avoir quelque chose et finalement il ne se passe pas grand-chose. Et finalement, pour Paulo Sousa, je ne dis pas qu’il ne reste rien de son passage mais il n’y a pas une marque forte qui est restée, mais plutôt l’idée qu’il ait vraiment voulu se casser à tout prix, qu’il a réussi sans le faire dans le bon timing pour lui… C’est un peu gazeux tout ça.

 

Désormais, c’est Jean-Louis Gasset qui est l’entraîneur des Girondins de Bordeaux ? Que pensez-vous de ce retour ?

Pour le moment, il n’y a eu que deux matchs donc on ne va pas s’emballer. Le premier match contre Nantes n’a pas été exceptionnel mais contre Angers, ça a été beaucoup plus « impressionnant ». Il n’est pas venu avec des grands mots au départ, dans le sens où il n’a pas expliqué qu’il allait révolutionner le jeu, mais en revanche, on sait que ça va être efficace et que ça va être un projet tactique et humain. Il sait mobiliser des joueurs, il sait tirer le meilleur des joueurs qu’il a. Ce n’est pas forcément un théoricien du foot et je ne dis pas ça de façon péjorative mais j’ai l’impression qu’il va plutôt regarder l’effectif qu’il a et mettre en place une équipe en fonction de cet objectif. Il va s’adapter à l’effectif et non l’inverse, à savoir que l’effectif s’adapte à ce qu’il veut lui. Ce qui est bien aussi, on sait qu’humainement, il y a quelque chose qui va se passer. Dans tous les groupes où il est passé, comme numéro 1 ou 2, c’est quelqu’un qui amène du liant à un groupe. Il va faire avec l’équipe qu’il a, qui est plutôt un bon effectif d’ailleurs. Je trouve que parfois on sous-estime le groupe bordelais. Il arrive et il y aura sans doute, un groupe qui va se créer, moins de tensions, plus de bonheur collectif. Je dis ça, mais la seule chose qui comptera, ce sera les résultats. Si ça commence avec de bons résultats, il est vraiment très fort pour ça, pour souder un groupe, réussir à avoir des objectifs communs, même si avant, ça ne fonctionnait pas bien. A Saint-Etienne, c’est vraiment ce qui s’est passé. Si ça tourne bien, ça peut être un modèle à suivre pour les Girondins.

 

Est-ce qu’il y a des joueurs qui vous plaisent dans l’effectif bordelais ?

Oui, il y en a plusieurs. A chaque fois que je vois l’effectif, je me dis qu’il y en a un paquet qui sont très bons. Toma Basic, au milieu, depuis quelques mois, je trouve qu’il y a du Matić un peu chez lui. C’est un joueur dont on se dit qu’il a vraiment quelque chose en plus. Au-delà du but qu’il met lors de la dernière journée, on sent que c’est un joueur qui apporte beaucoup. Il arrive à faire du box-to-box, suivre les actions, donc c’est vraiment super. Je sais que Nicolas De Préville est parfois discuté mais je trouve que quand il a un numéro 9 et qu’il peut tourner autour, etc, c’est un super joueur. En fait, il ne faut pas le faire jouer dans un rôle qui n’est pas le sien. Quand on sait le faire jouer, c’est quelqu’un qui peut apporter beaucoup. Je sortirais donc ces deux joueurs-là. Après évidemment, il y a Laurent Koscielny derrière qui permet d’assurer un peu le coup et d’avoir plus de certitudes en attendant le retour de joueurs blessés derrière.

 

Un autre retour notable est celui d’Alain Roche, en tant que directeur sportif. Quel est votre ressenti sur ce retour ?

Il y avait sans doute besoin de quelqu’un qui connaisse le club, qui ait une légitimité qu’il a acquise en tant que joueur aux Girondins, à l’époque, qui connaît la région et qui aime le club aussi. Je l’ai côtoyé régulièrement quand il était à Canal et moi à beIN et pour lui, ce n’était pas un club comme les autres les Girondins de Bordeaux. De toute façon, il aura ça en plus. Après, est-ce qu’il aura une marche de manœuvre importante… Je ne vais pas mentir, je ne le connais pas en tant que directeur sportif. Je le connais comme commentateur et c’est quelqu’un que j’apprécie, mais je ne sais pas si c’est lui qui va tout résoudre et faire avancer. Ce qui est certain, c’est qu’il arrive avec une vraie envie de retrouver le monde du foot depuis quelques temps et ça arrive en plus dans un club qui signifie pour lui quelque chose de fort. Il y a déjà cette base-là qui est positive. Après, c’est à lui de montrer ce qu’il sait faire, en fonction des moyens qui lui sont attribués et des connaissances qu’il va avoir. C’est un chantier ouvert mais en tout cas, il a déjà les bases qu’il faut pour faire en sorte que cela fonctionne.

 

 

Est-ce que vous pensez que les arrivées de Roche et Gasset peuvent redresser le club, au moins au niveau sportif ? On sait que malheureusement ce ne sera pas sur du long terme du moins pour Jean-Louis Gasset, car ce sera pour deux saisons uniquement…

C’est difficile à dire surtout quand on est dans un projet comme celui des bordelais ou celui d’autres clubs aujourd’hui. L’idée de faire du trading, d’aller chercher de jeunes joueurs, même si ça ne se voit pas forcément maintenant, ce sont des projets qui sont durs à lire sur le long terme de toute façon. Donc d’une certaine manière, avoir un coach qui est là sur du court terme, ce n’est pas aberrant. C’est du projet à court terme de toute façon ce qu’il y a à Bordeaux. Donc d’une certaine manière, pour les Girondins, avoir un coach comme ça sur du court terme, c’est une bonne chose, car on sait qu’il va réussir à bonifier certains joueurs, à amener de l’humain, ce qui manquait ces derniers mois et années à Bordeaux. Après, est-ce qu’Alain Roche, au-delà de Jean-Louis Gasset, aura la possibilité d’avoir un projet sur le long terme, c’est vraiment dur à lire. Le projet des Girondins depuis l’arrivée des nouveaux investisseurs est dur à lire. J’avoue qu’en le voyant de l’extérieur, je ne pourrais pas dire aujourd’hui ce que les investisseurs veulent pour les 10 prochaines années. Déjà que dans le foot, en général, depuis quelques années, le court terme semble être pour beaucoup le seul terme. Mais chez les Girondins, c’est le seul terme visible. Peut-être qu’ils ont un projet visible qui va plus loin mais j’avoue que j’ai du mal à le saisir pour le moment.

 

En effet, depuis l’arrivée des investisseurs américains, on se rend compte que le projet du club est flou. On parle de trading, puis de formation, mais ce n’est pas le cas non plus… Est-ce que d’après, c’est spécifique au fait que ce soit des investisseurs étrangers qui aient racheté le club ou est-ce que c’est plutôt lié à l’orientation que prend le football de façon générale ?

Ce qui est certain, c’est que c’est quelque chose que l’on voit, que ce soit des américains ou non. Ce type de projet est commun à pas mal de clubs. Après, je ne suis pas certain que ce soit viable si tous les clubs pensent à faire que du trading parce qu’il y aura trop d’offres de trading par rapport aux acheteurs. J’ose espérer qu’ils ont un projet qu’on n’a peut-être pas vu, ni compris pour le moment. Je dis ça d’expérience, dans le sens où quand on lance une chaîne de télévision, à l’extérieur, on entend toujours « ils ne sont pas prêts, ils n’ont rien prévu, ils n’ont rien acheté ». Et quand on est à l’intérieur du projet, on se rend compte que des choses sont mises en place. On peut aussi penser qu’ils ne disent pas tout ce qu’ils vont faire et qu’il y a de meilleures nouvelles que ce que l’on voit. Mais je dis ça sans savoir. C’est juste pour dire que parfois de l’extérieur, on n’a pas toujours toutes les informations qui nous permettent de savoir si les choses sont faites ou pas. On peut toujours leur laisser un peu le bénéfice du doute. Ce qui est certain, c’est que vu de l’extérieur, le projet il est flou aussi. Au-delà des supporters, on a du mal à savoir vers où on va exactement. Mais c’est en fonction de ce que l’on sait et ce que l’on voit. J’ose espérer que pour Bordeaux, il y a un projet sur du plus long terme et qu’il en sorte des choses positives pour le club.

 

Au niveau des supporters, on sent qu’il y a un point de non-retour qui a été atteint vis-à-vis de la direction et que seul un départ de Frédéric Longuépée pourrait calmer la colère… Est-ce que vous comprenez ce combat mené par les supporters bordelais, notamment les Ultramarines ?

C’est toujours un peu compliqué quand on est à l’extérieur de savoir tout ce qui se passe. J’avoue qu’en ce qui concerne les arcanes des clubs et les relations avec les supporters, quand on n’est pas là au quotidien, c’est difficile d’avoir une idée précise et arrêtée de ce qui se passe. Je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants dans les relations entre les supporters et la direction. Je vois bien que c’est complexe mais je ne sais pas jusqu’à quel point il y a un point de non-retour. Je l’entends le point de non-retour. Après, des points de non-retour, on a l’impression que parfois les résultats peuvent permettre de changer la situation. Je ne dis pas que ça sera le cas à Bordeaux. A Paris, pendant un moment quand Neymar avait dit qu’il voulait partir, c’était un point de non-retour et puis finalement il arrive à retourner complètement la situation et finalement aujourd’hui, il y a peu de supporters du PSG qui voudraient qu’il s’en aille. Après, évidemment un président de club ou un joueur, ce n’est pas la même chose. Ce que je veux dire c’est que des situations complexes entre des dirigeants et des supporters, il y en a eu. La première année de Gérard Lopez à Lille, il y a quand même eu un envahissement du terrain, des supporters qui essaient d’aller dans la tribune pour le faire dégager manu militari. La relation était complètement « pourrie ». Les résultats et les perspectives ont permis aussi à la situation de se normaliser. Je ne fais d’appel à personne et je ne donne de conseils à personne. Je dis juste qu’il y a points de non-retour qui parfois n’en sont pas. Peut-être qu’à Bordeaux, on en est à ce niveau-là, mais je n’ai pas suffisamment de connaissances du sujet pour pouvoir dire que c’est terminé ou non. On est peut-être au-delà de ça, mais il n’empêche qu’il y a eu des situations où on a eu l’impression que les choses étaient complètement terminées entre une direction et des supporters et finalement on arrive à avoir un modus vivendi qui fait que les résultats aidant, les choses étant gérées différemment aussi, on arrive à se remettre sur un projet.

 

 

Est-ce qu’en tant que commentateur, c’est plus difficile de commenter un match  sans aucun supporter dans le stade ? Surtout pour que pour les matchs face à Lyon, d’habitude, le stade est souvent plein et les Ultramarines mettent l’ambiance…

Je trouve que quand il y a la jauge des 5 000, ce n’est pas pareil que vide. Vraiment. J’ai fait un match à Rennes, il y a 10 jours et je trouvais qu’il y avait quand même de l’ambiance. On ne se sent pas vraiment comme un match à huis-clos. Les matchs à huis-clos, c’est vraiment dur. On se dit « on est dans une situation anormale ». 5 000, c’est peu mais ça commence à ressembler à quelque chose, surtout si ça commence à prendre, les supporters vont avoir tendance à se dire que d’une certaine manière, il sont privilégiés d’être là. On peut aussi faire exister le stade. Il se passe quand même quelque chose. Evidemment, ce n’est pas la même chose que quand il y a 30-35 000 personnes. Après, il y a des gens qui n’aiment pas du tout le son du stade vide. Je sais que pendant le Final 8 de Ligue des Champions, sur certaines chaines, il y avait la possibilité de choisir le son du stade réel ou celui avec les chants de supporters ajoutés. Personnellement, je préfère le son du stade réel. Je suis plutôt à me dire « on joue à huis-clos, le son que l’on entendra c’est du huis-clos ». On joue avec 5 000 personnes, on entendra ces 5 000 personnes. Je sais que c’est plutôt minoritaire et je comprends que d’autres préfèrent avec les chants ajoutés. Quand on est au stade, il y a quand même une énorme différence entre 5 000 personnes et le huis clos.

 

Comment voyez-vous cette rencontre entre Bordeaux et Lyon vendredi ?

Ça va paraître bizarre, mais vu ce qui est en train de se passer avec le marché des transferts, il y a plus de certitudes à Bordeaux qu’à Lyon. Après, le match pourra dire que j’ai tort (rires). Mais Lyon arrivait avec plus de certitudes, une demi-finale de Ligue des Champions, le bon match de la 1ère journée… Mais là, au moment où on fait l’interview (lundi matin), on parle du départ de Marcelo, Memphis qui va peut-être partir et si ça se trouve, il n’y aura pas Aouar ce vendredi… Lyon, leur équipe est en « chantier ». C’est un moment où sont en train de perdre des joueurs, il va falloir qu’ils en récupèrent d’autres. Pour Rudy Garcia, la préparation de ce match est plus difficile que pour Jean-Louis Gasset qui a réussi à dégager une équipe type d’une certaine manière, 4-2-3-1. On peut imaginer qu’il peut mettre la même équipe que celle qu’il avait mise en place à Angers. Il y a quelque chose qui s’est déjà dégagé. Après, on n’est qu’à la 3ème journée, je ne dis pas que ça va rouler, etc… mais il y a plus de certitudes. Là, il est lundi, à l’heure de l’interview, si ça se trouve, Lyon va devoir se reconstruire d’ici la fin de la semaine, ce que Bordeaux n’a pas à faire. Donc contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer il y a une semaine ou 10 jours, je trouve que c’est Lyon qui a moins de certitudes sur l’équipe à aligner que Bordeaux, ce qui paraît aberrant quand on voit ce qu’il s’est passé dans l’un et l’autre des clubs cet été. Mais c’est aussi ce que j’adore dans le foot, c’est que les certitudes qu’on a à un moment, une semaine après, elles sont foutues en l’air.

Merci à Julien pour sa sympathie et ses réponses de qualité !

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