King Street, la plus grande honte de l’histoire des Girondins de Bordeaux

Le mercato de la honte. Bordeaux est le seul club français à ne pas avoir recruté. Ne vous y trompez pas, nous comprenons parfaitement que l’effectif bordelais avait en son sein de nombreux joueurs qui n’allaient pas être utilisés – quoi que, avec le Covid qui ne nous a pas encore touché, allez savoir… – et nous connaissons également les finances du club, chaque année un peu plus déficitaires. L’on pourrait même y voir une sacrée économie pour tous les fans de Football Manager qui n’ont même pas besoin d’acheter la nouvelle version car ils bénéficieront du même effectif, avec eux aussi quelques joueurs à vendre ou à libérer contre un pourcentage à la revente, puisque c’est la mode. Mais ce mercato a avant tout confirmé que King Street et son représentant, n’en avaient – pardon pour ces mots – rien à foutre du sportif, et donc du football. C’est un peu con, quand tu achètes ou finances un club de foot… Au lendemain de son 139ème anniversaire, le Football Club des Girondins de Bordeaux est dans un piteux état, comme jamais nous ne l’avons connu depuis 2004, date où Girondins4Ever est né.

 

Alain Roche désabusé

Que des départs, aucune arrivée : Bordeaux est le seul club des cinq grands championnats européens dans ce cas (à son niveau, car le Real Madrid et Valence n’on pas recruté non plus). Au-delà de ce nouveau record dont on se serait bien passé – mais peu importe, on les cumule désormais et on s’y habitue presque, résignés que nous sommes – Alain Roche a bien réussi sa première (et seule ?) mission, à savoir dégraisser l’effectif bordelais. En fait, sans le savoir, le nouveau directeur sportif du club, dépouillait tout simplement l’effectif professionnel, enlevant des solutions à son entraineur. Si à son arrivée l’ancien défenseur central semblait enjoué, répondant allègrement aux médias, cela s’est tassé au fil du mercato car… il n’avait pas grand-chose à dire. Au Haillan cette dernière semaine du mercato, salariés et partenaires l’ont trouvé nettement moins fringuant, désabusé même, ne pensant pas que le mercato bordelais ne ressemblerait qu’à ça. Bien sûr, il avait été prévenu, que ce soit par King Street, comme de nombreux observateurs et proches des Girondins, qu’il n’aurait quasiment aucune marge de manœuvre pour recruter. Mais inconsciemment, ou peut-être parce qu’il croyait que rien n’était réellement figé par l’actionnaire à ce niveau, il a longtemps cru pouvoir « faire des coups », « être malin » comme il l’avait d’ailleurs clamé lors de sa présentation. Bienvenue dans l’American Dream à la bordelaise, bienvenue dans la froideur des décisions, dans une réelle entreprise, et non plus dans un club de foot. Telle est la réalité qui lui a sauté aux yeux.

 

Jean-Louis l’agacé

Au tour de Jean-Louis Gasset de faire place à la déception. S’il n’avait eu de cesse de rabâcher cette phrase – en étant qui plus est convaincant – ‘Je sais dans quel contexte je viens, et je sais que je dois faire avec les moyens du bord’, Jean-Louis Gasset y a cru, lui aussi en secret, avant de se confronter à la triste réalité. Vendredi dernier, le coach des Girondins de Bordeaux a lâché les mots, avec une grande classe, mais surtout avec une très grande précision. « Quand je parle d’arrivées, on me parle de sorties… On parle plus de compta que de football ». Evidemment, ce qui motive l’entraineur bordelais est uniquement le sportif. D’ailleurs, son salaire pour rejoindre les Girondins n’a jamais été réellement un sujet. Les miracles de Saint-Etienne ont été accomplis avec l’arrivée de plusieurs joueurs cadres et d’expérience, chose dont il sait pertinemment que Bordeaux a besoin pour encadrer sa jeunesse. Faire jouer des jeunes n’est pas si simple, et l’on retrouva le discours de Laurent Blanc en 2009, à savoir « pour lancer des jeunes, il faut y aller doucement, pour qu’ils soient lancés dans de bonnes conditions », ce qui n’est évidemment pas le cas pour le Bordeaux version 2020-2021.

 

Un trou au milieu

Jean-Louis Gasset a récupéré un effectif qu’il n’a pas façonné, et qu’il n’a même pas pu retoucher. Beaucoup de joueurs d’axe, que ce soit en défense centrale ou en attaque, et un seul ailier de débordement en la personne de Samuel Kalu. Alors, bien sûr, le dégraissage, avec de trop nombreux contrats professionnels pour des postes identiques, était obligatoire sportivement. Mais des arrivées étaient essentielles à certains postes. On pense à ce poste de latéral gauche, complètement abandonné sportivement depuis le départ de Benoit Trémoulinas. Et on pense bien évidemment au milieu de terrain. Lors des annonces des groupes, les supporters bordelais, et d’autres clubs, se lamentaient ou se moquaient ouvertement du nombre de milieux de terrain à disposition, sans même parler de qualité intrinsèque, c’est dire. Inclure des jeunes, d‘accord, mais lesquels ? Déjà, Mehdi Zerkane peut être considéré comme une recrue mais il n’a à l’heure actuelle que deux matches de Ligue 1 à son actif (même si évidemment ce qu’il a démontré laisse augurer de bonnes choses). Ce qui démontre surtout le manque d’ambition sportive, voire même d’intérêt pour le sportif de King Street, est qu’Aurélien Tchouaméni n’a jamais été remplacé. Youssef Aït Bennasser non plus. Et nous ne parlons bien évidemment que numériquement. Là où tout se joue dans le football, le cœur du jeu, Bordeaux est dépeuplé. Otávio n’a aucun substitut, même en réserve. Et que dire d’un Wylan Cyprien, contraint de s’engager en faveur du dernier de Serie A, sous la forme d’un prêt. Définitivement, le sportif est mort.

 

Une masse salariale nettement allégée, des rentrées d’argent

Evidemment, on n’effacera pas les contrats en or distillés sous GACP. On pense évidemment à Laurent Koscielny, Loris Benito, ou encore Edson Mexer. Mais Bordeaux s’est tout de même allégé avec les salaires de Ruben Pardo, lui aussi surpayé grâce à son ex-compatriote Eduardo Macia, ou encore celui de François Kamano. A cela l’on ajoute ceux de Paul Bernardoni, Yassine Benrahou, Michaël Nilor, Aaron Boupendza, Youssef Aït Bennasser, Naoufel Khacef, Albert Lottin, Alexandre Mendy, puis les prêtés que sont Thomas Carrique, Alexandre Lauray, Raoul Bellanova et Abdel Medioub. Au total, Bordeaux a encaissé 14.5M€, et quelques futurs pourcentages à la revente. Mais cela reste bien loin des 30M€ injectés par King Street pour passer devant la DNCG (avec qui il y avait un accord de baisser la masse salariale et de vendre cet été), pour qui un sou est un sou.

 

King Street, OUT !

Girondins4Ever a pris position sur le rachat du club, et a été, avec les Ultramarines, au départ du mouvement King Street Out. Jamais notre position n’a bougé d’un iota et pour cause, nous avions pertinemment conscience de ce qui allait se passer, de par les nombreux échos que nous avions, et que nous avons toujours. Ne vous y trompez pas, même si RMC et Daniel Riolo se targuent aujourd’hui d’avoir fait une belle semaine de dénonciation(s) sur les incohérences et dossiers douteux aux Girondins de Bordeaux il y a quelques mois (des « révélations »), Girondins4Ever a œuvré à vous révéler tous ces dossiers bien avant, faisant clairement bouger les lignes dans la sphère bordelaise, avant que les médias nationaux ne prennent le relais pour donner une importance médiatique encore plus forte. Nous avons joué notre rôle, nous qui sommes complètement exclus de toute relation avec le club que nous suivons, et ce depuis le rachat. Nous avons également pris part au mouvement NousLesGirondins, et nous continuons de soutenir les Ultramarines avec qui nous avons de nombreux combats communs, dans l’unique but de retrouver notre vrai club. Aujourd’hui, le constat est sans appel : notre club est mort. Il est mort dans son histoire et dans sa chair, dans son identité, dans son côté familial et, pire que tout, sportivement. La direction actuelle a beau rejeter la faute sur GACP, sur toutes les personnes qu’elle a couvert ces derniers mois pour finalement les licencier, elle est coupable, ou au minimum responsable. Il ne faut surtout pas oublier que de nombreuses décisions ont été prises en dehors du cadre GACP, que ce soit au niveau de la relation avec les supporters, le changement de logo, mais également vis-à-vis du personnel. Rejeter la faute sur les autres est la meilleure preuve d’une méconnaissance du football et surtout de la volonté d’œuvrer pour sa petite personne et son salaire confortable. Pas pour ce club de 139 ans maintenant.

 

Vous nous faites honte !

Nous sommes tous supporters parce que nous avons vécu des émotions avec les Girondins de Bordeaux, parce qu’un membre de notre famille nous a transmis cette passion, parce que nous sommes nés ici. Nous avons appris à aimer ce club, avec ses hauts, ses bas. Les émotions sont mortes pour nous, même si nous sommes sûrs que notre groupe de joueurs est un groupe de bons gars. Nous avons pertinemment conscience du gouffre financier créé par GACP, conscience aussi de la situation sanitaire. Quelle ironie du sort d’avoir voulu développer le marketing aux dépens du sportif, pour finalement ne rien encaisser – et même perdre de l’argent – des suites de la crise du Covid… Pourtant, on vous avait averti, sans présager de cette énorme crise qui nous toucherait : le sportif est et doit rester central. C’est l’essence même d’un club de football. Là aussi, vous avez perdu. Vous vous êtes mis les supporters à dos car vous ne les avez jamais respectés, considérés. Vous êtes partis sur des théories mercantiles sans avoir l’intelligence de prendre en considération ce qu’est un club de football, et surtout son fort environnement, qui vous fait vivre. Vous nous faites honte. Nous vous combattrons et dénoncerons tous vos agissements amateurs et contreproductifs jusqu’à votre départ. Nous savons que des tractations sont en cours et que des pourparlers existent pour que vous passiez la main, et nous nous garderons de tout commentaire supplémentaire pour que cela se fasse au plus vite. Surtout, faites vite, et bien, pour une fois. Car comme le sportif doit être la locomotive du club, et que nous savons pertinemment que cette saison sera la troisième mauvaise consécutive, votre « bien », votre « produit » Bordeaux Girondins, sera encore déprécié, et connaitra de nouveau d’énormes pertes. Vous nous faites honte, partez vite. Plus que jamais King Street Out, Longuépée démission.