InterviewG4E. Philippe Fargeon : “C’est la base pour un club comme les Girondins, redonner une image et l’envie de porter le maillot au scapulaire”

Quelques jours après la mi-saison des Girondins de Bordeaux, il est temps de recueillir le bilan de Philippe Fargeon. L’ancien attaquant bordelais nous donne son avis sur les derniers sujets d’actualité, et avant la rencontre charnière face au SCO d’Angers. Un grand merci à Philippe pour sa disponibilité et sa sympathie habituelle. Interview.

 

On commence l’interview par la mauvaise nouvelle de la semaine : rupture du tendon d’Achille pour Otávio… coup dur ! Otávio est un joueur essentiel de l’équipe et il n’y a réellement personne pour le remplacer. Un recrutement est obligatoire, d’après vous ?

Otávio, c’était effectivement quelqu’un qui avait une bonne assise sur le terrain. On avait tous l’impression que l’on avait trouvé enfin un système qui correspondait à ce qu’ils recherchaient, avec un bon milieu défensif et on ne prenait pas de buts. Et là, d’un coup, il y en a un qui part, on est pris de court et ça risque de durer longtemps. Effectivement, cela va devenir peut-être une priorité, même si on peut toujours trouver quelqu’un pour le remplacer. On peut modifier légèrement le système de jeu et faire confiance à des gens qui jusqu’à maintenant n’ont pas été forcément à la hauteur. Il y a toujours une solution, personne n’est irremplaçable dans une équipe.

 

La dernière fois que nous vous avions interviewé, c’était en août dernier. Depuis beaucoup de choses se sont passées depuis. De manière globale, comment on se sent en tant que supporter des Girondins, après cette première partie de championnat ?

Tout d’abord, je réitère ce que j’ai déjà dit : je suis content que Jean-Louis Gasset soit arrivé avec son équipe et qu’Alain Roche ait pris les rênes du staff. Je trouve que c’est une excellent idée, pour moi, c’était la meilleure solution. De ce côté-là, ils ont réussi à faire ce qu’il fallait à mon avis. Après, on est toujours sur une période un peu compliquée parce que l’entraîneur est parti juste avant le championnat, tout ce qui s’est passé n’était pas de tout repos. Je ne pense pas que ça a été les meilleures conditions pour débuter un championnat et par dessus, il y a eu la crise du Covid. On va effacer tout ça, on a un entraîneur qui est arrivé, il évolue avec des joueurs qu’il n’a pas choisis, avec un système de jeu qu’il a dû adapter. Mais aujourd’hui, je pense qu’on est dans le vrai.

 

D’après vous, qu’apportent Jean-Louis Gasset et son staff au club et au groupe, que ses prédécesseurs n’avaient pas réussi à amener jusque-là ?

Jean-Louis Gasset, c’est l’expérience, la sérénité, c’est la réflexion… On n’est pas dans la catégorie des entraîneurs qui veulent aller à Bordeaux pour trouver mieux après. Je crois que c’est important. On sait qui est Jean-Louis Gasset, on a pris Alain Roche, qui connaît le club. Il y a des efforts à faire. Le changement de propriétaires du club a eu des conséquences, avec la première équipe qui a embauché à tout-va et puis derrière, il faut payer les pots cassés et licencier. Voilà, ça semble logique parce que c’est une période difficile. Les droits TV ne sont pas là, ce n’est pas évident aujourd’hui de gérer un club de foot.

 

Justement, le président Longuépée a fait un communiqué à ses salariés, le 8 janvier dernier expliquant le virage pris par le club. 28 salariés ne seront plus au club d’ici quelques semaines, une fois que les instances compétentes auront validé cette décision. Et comme vous le disiez, lors de leurs arrivées, ils avaient recruté à tout-va, parfois en doublant certains postes. Le départ de ces  salariés ne laisse pas indifférent. Quel regard portez-vous sur cela ?

Je ne sais pas si cette décision est légitime, mais il y a de l’argent qui devait rentrer qui n’est pas rentré, aussi bien des droits TV que des supporters. Toutes les entreprises connaissent des difficultés aujourd’hui et je suis bien placé pour le dire. Quand vous travaillez, vous êtes en attente de savoir si vous pourrez continuer. C’est compliqué, c’est une situation qui est complètement incroyable. A mon niveau, j’ai la chance de pouvoir continuer à travailler, mais pour d’autres, ce n’est pas le cas, comme dans la culture ou d’autres secteurs. Je ne vais pas me plaindre mais malheureusement face à certaines situations, on est obligé de faire des efforts financièrement, quand il n’y a plus de rentrées d’argent et que malheureusement pour les dirigeants, ça leur échappe. Les droits TV ce n’est pas eux qui les ont négociés et les stades ne sont toujours pas ouverts… Il faut donc trouver une solution.

 

A travers ce communiqué, Frédéric Longuépée a également annoncé un déficit potentiel de 80M€ en fin de saison. Pour expliquer cela, il y a bien évidement la crise économique actuelle, mais aussi une mauvaise gestion du club. Est-ce que le club peut y survivre ?

Je ne connais pas les fonds des américains. Ils ont annoncé devant les instances qu’ils pouvaient assumer ça donc j’y crois et j’espère. Mais c’est vrai que c’est compliqué. Autant, c’est vrai qu’il y a eu une mauvaise gestion, il y a eu un certain nombre de breloques. Je ne suis pas là pour les défendre, mais quelles autres structures peuvent supporter des dettes aussi importantes ? Ils les ont créées, mais pas que. Je crois qu’il faut faire très attention à ce qu’on dit sur cette équipe, j’ai fait partie des premiers à dire qu’ils faisaient n’importe quoi. Aujourd’hui, je me dis qu’heureusement qu’ils sont encore là peut-être. Pour le moment, ils tiennent à peu près la route : je n’ai pas entendu un seul joueur qui n’avait pas été payé, etc. Il y a des licenciements à faire et malheureusement c’est ce qui se passe un peu partout.

 

Vous disiez que cela faisait 10 ans que vous souhaitiez qu’Alain Roche revienne aux Girondins. Les conditions actuelles sont difficiles pour lui. Que pensez-vous de ces premiers mois à Bordeaux ?

Quand on arrive sur un poste comme ça et qu’on espère perdurer, ce que j’espère pour lui, il faut d’abord faire un constat. Et ce constat, il ne se fait pas en quelques mois. Bien évidemment, on veut des chiffres mais il y a des réorganisations à faire, depuis des années. Au niveau sportif, il y a peut-être des modifications importantes à apporter. Aujourd’hui, on est dans une situation où on ne va pas avoir beaucoup d’argent pour les transferts, on se retrouve plus avec des clubs comme les Girondins en France, à part le PSG et Lyon. On va sûrement devoir aller plus dans la formation, puiser dans le tiroir local. La Ligue de Nouvelle-Aquitaine est la plus grande Ligue de France, on se doit de financer un maximum d’actions qui permettent d’attirer les jeunes du Pays Basque à la Dordogne. Je crois que c’est la base pour un club comme les Girondins, redonner une image et l’envie de porter le maillot au scapulaire. Tout cela est un travail de fond qu’il faut mettre en place et je pense qu’Alain l’a bien compris. Ce ne se fait pas du jour au lendemain. A côté de ça, il y a des postes qui vont être supprimés, d’autres qui n’ont pas donné satisfaction. Là, il n’y a que lui qui sait exactement ce qu’il peut faire.

 

Nous sommes actuellement en période de mercato et nous avons vu partir Pablo, pour 2,5 M€ en Russie. Il lui restait 6 mois de contrat et malgré les négociations entre le club et le joueur, ils n’ont pas trouvé d’accord. D’après vous, est-ce une perte ou un bon choix de l’avoir vendu ?

Il lui restait 6 mois de contrat, le vendre 2,5 M€, je trouve que c’est une bonne opération. On récupère 2,5M€ sur un joueur que l’on aurait pu très bien voir faire banquette jusqu’à la fin de la saison et qui serait parti libre. S’ils n’ont pas trouvé d’accord, c’est qu’ils n’avaient peut-être pas tant d’envie que ça de le garder non plus. Je crois que ça a été assez intelligent de le vendre.

 

En parallèle, Paul Baysse a prolongé au club. C’est un joueur qui incarne le club et qui après des mois de galère, a finalement repris une place centrale dans la défense et l’équipe. Pour vous, est-ce important d’avoir des joueurs comme lui dans le groupe ?

C’est très important ! Quand il est arrivé, j’étais un peu déçu. Rappelez-vous qu’il s’est fait suspendre dès son premier match et on l’avait transféré 1M€ alors qu’il allait être libre à la fin d’année. Il s’est fait expulser pour le premier match, ce n’était pas une faute d’envie mais derrière, il a pénalisé l’équipe à ce moment-là et il s’est pénalisé tout seul. Après, il n’était plus en confiance avec certains entraîneurs. Mais je crois qu’il faut savoir reconnaître un certain nombre de choses : un joueur de son âge, avec ce qu’il s’est passé, se permet de revenir au haut-niveau, sans n’avoir jamais rien dit sur les situations dans lesquelles il se trouvait, sans se plaindre, en ayant été écarté, avec des périodes batardes, il ne dit rien ! Le garçon n’a rien dit, il continue à travailler et le mérite lui revient. C’est un joueur à l’image des Girondins. Ca fait très plaisir pour lui et pour le club d’avoir des joueurs comme ça, qui dans la difficulté, ont su montrer l’exemple.

 

Des joueurs sont en fin de contrat en Juin, à savoir De Préville, Sabaly, Jovanovic et Poundjé. Quelle stratégie le club doit adopter d’après vous ? Les prolonger pour garder une continuité dans le groupe ou les laisser partir ?

C’est un choix de l’entraîneur par rapport à la capacité de son équipe et aux joueurs qu’il peut utiliser. C’est lui qui pourra vous répondre. Ce que j’espère c’est que quand on a des joueurs qui sont bons et qui commencent à faire parler d’eux, si on pouvait les garder une ou deux années de plus, pas comme ce qu’on a l’habitude de faire jusqu’à maintenant, ça nous permettrait d’avoir plus de joueurs compétents, d’avoir plus de spectacle et de les vendre plus cher. Je suis complètement contre le fait qu’un joueur qui fait 12 matchs en Ligue 1 de bonne qualité, on se retrouve à le vendre pour 3M€. Il devrait y avoir un contrat moral et j’espère qu’Alain arrivera à le mettre en place. Un contrat qui serait signé avec le joueur à qui on permet d’émerger, de jouer en Ligue 1 et de se faire connaître, de rester quelques temps dans le club. Après, il y des joueurs qui sont arrivés, certains ont été bons, d’autres moins. Est-ce que l’entraîneur a besoin d’autant de joueurs ? Je ne sais pas. A mon avis, il ne faut garder que ceux qui ont une bonne mentalité, qui représentent le club, qui ne posent aucun problème. Quand on fait signer un joueur, c’est aussi une masse salariale supplémentaire. Dans une période où il faut serrer les boulons, il va falloir se séparer de joueurs qui ont pu être de bons soldats mais qui malheureusement n’ont plus leur place aujourd’hui.

 

Dans la mesure où le club est limité en termes financier, il est possible de se tourner vers les jeunes du centre de formation pour renforcer l’équipe, tout en gardant à l’esprit que les jeunes ont besoin de continuer à se former. Jean-Louis Gasset essaie de les intégrer sans les «cramer». Certains ont montré de belles choses cette année, comme Zerkane, Traoré. Que pensez-vous de ces jeunes qui toquent à la porte de l’équipe première ?

Quand on a un centre de formation, avec des jeunes que l’on a depuis des années et qui ont l’âge pour pouvoir s’entraîner avec l’équipe première, je suis d’accord avec Jean-Louis Gasset, il ne faut pas les cramer. Mais à 19 ans, ils peuvent jouer en pro quand même. Je ne parle pas de ceux de 16 ans, là je suis d’accord, il faut faire attention même s’ils sont très talentueux. Mais un gamin qui a été en Espoirs, en U19, à un moment, soit il a le niveau pour rentrer dans l’équipe, soit il ne l’a pas. C’est peut-être là le problème, dans certains choix, certains joueurs n’ont pas été concernés. C’est un peu la loterie, soyons clairs. Mais c’est vrai que si on pouvait avoir chaque année, un ou deux joueurs qui montent et s’imposent en équipe première, ça ferait plaisir à tout le monde, que ce soit à ceux qui les forment, comme à l’entraîneur qui peut compter sur ces joueurs plus jeunes mais qui peuvent aider le club. Dans des clubs comme Barcelone, on ne se pose pas la question. A Barcelone, depuis l’âge de 14 ans, il y a un système de jeu qui est mis en place et quand le gamin de 17-18 ans joue en pro, il a l’impression de jouer avec ses copains. C’est peut-être sur cet axe qu’il faut avoir une réflexion à l’heure actuelle pour affronter le problème d’argent.

 

Pour le moment, en termes sportif, le club est dans les objectifs fixés en début d’année, à savoir la 8ème place. On sait que pour survivre économiquement, il va falloir dégraisser l’effectif. Est-ce possible de garder cet objectif de 8ème place tout en dégraissant l’effectif ?

Les objectifs sont là pour essayer d’être atteints. Quand on ne les atteint pas, on dit que l’année prochaine, on les atteindra. Si on se fixe des objectifs difficiles, on ne va jamais réussir à y aller. C’est comme tout, si vous fixez un objectif de ne pas descendre, vous êtes 12èmes et contents. Si vous espérez être dans les 10 premiers, ça motive tout le monde, ça va s’activer. Il y a des clubs qui ne jouent peut-être qu’avec 15 joueurs pro et ça ne les empêche pas d’atteindre leurs objectifs. Ce n’est pas la quantité de joueurs mais la qualité qui compte.

 

La seule recrue de cet été a été Hatem Ben Arfa. Beaucoup avaient des incertitudes quant à sa forme physique et sa capacité à se réintégrer au groupe. Quel bilan faites-vous de son arrivée aux Girondins et son apport à l’équipe ?

Déjà, il est arrivé aux Girondins parce qu’il y avait Jean-Louis Gasset. Hatem Ben Arfa, sans Jean-Louis Gasset, il ne serait pas là. A partir de là, c’est important de comprendre qu’effectivement, on a cette chance de l’avoir. C’est un joueur talentueux, qui a besoin d’être en confiance aussi. Et aujourd’hui, il a tout ça à Bordeaux. Il a fait des belles rentrées, de bons matchs, il a tenu à des moments importants et il a marqué. Donc, je pense qu’il est dans le vrai. Malheureusement, là, il y a une blessure qui met un peu fin à tout ça. Pour l’instant, même sans lui, le club gagne. C’est une bonne chose aussi, ça veut dire que l’on n’est pas Ben Arfa dépendant. Mais c’est quand même une solution pour le jeu, c’est difficile de trouver un joueur qui peut créer comme lui. Il faut qu’il puisse trouver sa place d’électron libre mais ça, l’entraîneur et son staff le savent mieux que moi. Mais c’est un très bon coup !

 

Benoît Costil est à son 11ème clean-sheet de la saison, en 20 matchs. Une performance énorme de la part d’un joueur important dans le groupe. Que pensez-vous de lui et de sa saison ?

Rappelez-vous qu’en début de saison, il y a eu des discussions et qu’il était un peu discuté à un moment. On annonçait l’arrivée de Ruffier. Mais à Bordeaux, on a toujours eu la chance d’avoir de grands gardiens. Si vous regardez tous les gardiens, on a une très bonne formation des gardiens et je rends hommage à Dominique Dropsy aujourd’hui. Et on a toujours eu de très bons gardiens à Bordeaux et c’est super. C’est quelqu’un qui prend confiance, on le sent bien dans le groupe. Il a été discuté, il a eu une période de doute et là, il revient et il est très bon.

 

Bordeaux a enfin enchaîné deux victoires d’affilée le weekend dernier, face à Nice, chose qui n’était pas arrivée depuis plus de deux ans. L’irrégularité des résultats est un problème à Bordeaux, que Jean-Louis Gasset cherche à rectifier. Selon lui, c’est un problème de confiance de la part des joueurs mais en parallèle, Laurent Koscielny évoquait des manques de concentration et d’investissement de certains joueurs. Quelle explication vous paraît la plus réaliste ?

Je crois que c’est propre à toutes les équipes aujourd’hui. Quand on a des résultats en dents de scie comme ça, c’est peut-être parce qu’on peut prendre des matchs plus à la légère que d’autres. Quand on fait un bon match contre le PSG et qu’on perd à la maison derrière, c’est peut-être qu’on a envie de jouer les grands matchs plutôt que les plus petits. Ca, c’est une question de concentration, d’ambition mais surtout d’expérience. Les plus beaux matchs que vous faites c’est ceux que vous gagnez, ce n’est pas uniquement que contre la plus grande équipe. Après, les résultats en dents de scie, ça peut montrer une fragilité mais si on regarde de façon globale, il serait intéressant de savoir le nombre de clubs qui n’ont pas des résultats en dents de scie. Je pense qu’il n’y aura pas que Bordeaux. C’est un peu le propre de beaucoup de clubs aujourd’hui. Les clubs sont de plus en plus proches des autres, au niveau technique, au niveau sportif. N’importe quelle équipe est capable d’aller gagner chez une autre aujourd’hui. Cela vient de là aussi. Pour éviter cela, il faut avoir une très bonne structure et il semble que c’est ce qu’est en train de mettre en place Jean-Louis Gasset. Gagner 3-0 à Nice, c’est un très bon résultat, surtout sans prendre de buts. Je pense que ça démarre par une tranquillité défensive et ensuite grâce à ça, on est plus à l’aise offensivement pour tenter des choses.

 

Dimanche, Bordeaux accueille Angers, qui est juste devant Bordeaux au classement à un point. C’est un match crucial pour les Girondins, à domicile, qu’il ne faudra pas manquer pour continuer cette bonne série. Comment vous le voyez ce match ?

Angers est un peu la bête noire des Girondins, c’est un peu compliqué par rapport à ça. On est sur une dynamique de deux victoires de suite, si vous en rajoutez une troisième, vous pouvez passer 6ème. C’est très important, ça fait partie des matchs à gagner, surtout à la maison. C’est le match qui peut permettre de démarrer ou remettre tout en cause. Il ne faut pas passer à côté de ce match-là, il faut savoir lui donner une importance, donner la motivation aux joueurs de comprendre qu’ils soient présents pour ce genre de match. C’est ce qui peut leur permettre d’avoir une fin de saison agréable.

 

Après ce match, Bordeaux enchaîne 15 jours très importants, en affrontant Lyon, Lille, Brest et enfin l’OM à domicile. Il va falloir que l’équipe soit dans les meilleurs conditions pour engranger le maximum de points. Comment aborder cette période d’après vous ?

En gagnant déjà contre Angers ! Il n’y a rien de mieux qu’un capital confiance quand on gagne. Vous avez trois victoires d’affilée et vous voyez Lyon et Lille, vous pouvez vous dire que déjà vous avez fait le maximum et s’ils sont meilleurs que nous, ils nous battront, et préparer tranquillement Marseille derrière. Si vous gagnez contre Angers et que vous recevez Lyon qui vient de vivre une mauvaise expérience, dans une période qui n’est pas forcément la meilleure pour eux… C’est une période où il faut être bon et Bordeaux l’est pour l’instant.

 

On l’a dit, le 14 février, l’OM vient jouer à Bordeaux, dans un stade vide. On sait l’importance de ce match pour les supporters bordelais, qui tiennent plus que tout à cette invincibilité à domicile face aux marseillais. Chaque année, on se dit que ça sera difficile, mais cette année, sans supporters, ça l’est encore plus. Même si ce match se joue dans 3 semaines et que beaucoup de choses peuvent arriver, comment voyez-vous ce match ?

Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui que les joueurs voient la différence entre jouer à l’extérieur ou à la maison, vu qu’il n’y a pas les supporters. Effectivement, les supporters sont très présents lors des matchs contre Marseille. Mais en dehors de cela, vous avez quand même une obligation : ne pas être l’équipe qui perd contre Marseille. Ca fait tellement longtemps que ça dure, que chaque année on a peur et chaque année qui passe. On veut faire partir Marseille de Gironde sans les voir gagner. Quel que soit le nombre de supporters qui sont là, c’est un challenge énorme pour les joueurs.

Merci Philippe !