InterviewG4E. Olivier Quint : “Quand on est joueur, par rapport à l’histoire de Bordeaux, on doit être à la hauteur”

( Photo by Alain Gadoffre / Onze / Icon Sport )

Il aurait pu s’engager aux Girondins de Bordeaux après sa belle ascension à Sedan, mais Olivier Quint a choisi de disputer la Ligue des Champions avec le FC Nantes en 2001, démarrant une aventure de cinq années sur les bords de Loire. L’ancien ailier gauche, aujourd’hui entraîneur à Basse-Goulaine et à la tête d’un Macron Store, s’est exprimé pour Girondins4Ever sur le derby de l’Atlantique de ce dimanche, mais également sur l’image qu’il a de notre club. Un grand merci à Olivier pour le temps qu’il nous a accordé. Interview. 

 

“Quelle image avez-vous des Girondins de Bordeaux en général ?

C’est un club que j’appréciais et que j’apprécie toujours. J’avais été en contact avec Bordeaux avant de signer à Nantes. J’ai l’image d’un club qui a gagné des titres, qui a eu de grands joueurs, et il y en a un paquet. Bordeaux n’est pas à sa place, à mon avis, depuis trois-quatre saison.

 

Pourquoi avoir choisi Nantes à l’époque ?

Nantes jouait la Ligue des Champions. Oui, Bordeaux est un club dans lequel j’aurais aimé signer, il faisait partie des trois-quatre possibilités. Après, la Ligue des Champions a un peu dirigé mon choix.

 

Bordeaux est un club qui aurait pu disparaitre si Gérard Lopez ne l’avait pas repris l’été dernier…

Ca aurait été dramatique pour le football français, oui, bien sûr, on a besoin d’un club comme Bordeaux en Ligue 1. On a besoin des matches entre Bordeaux et Nantes, on a besoin que Bordeaux retrouve le haut de l’affiche, un peu comme Nantes. Il faut que ce club retrouve les sommets parce que c’est un club historique du championnat de France. A l’image d’Auxerre. Depuis qu’Auxerre n’est plus là, c’est un club mythique qui a disparu de la Ligue 1, et ce serait dommage que d’autres disparaissent, et que Bordeaux disparaisse, forcément.

 

Le FC Nantes ressemble beaucoup au Bordeaux des dernières saisons sur plusieurs points… Un logo changé, des supporters en conflit avec la direction, un manque d’ambition… On peut faire ce comparatif ?

On peut faire ce comparatif, oui, et on peut y ajouter le stade même si d’un côté il a été fait, et de l’autre il a été refusé. Les deux clubs suivent un peu la même trajectoire. C’est décevant car comme je l’ai dit auparavant, ces deux équipes devraient lutter pour les places européennes tous les ans, comme ça a été le cas pendant une époque. C’est dommage, c’est clair.

 

Qu’est-ce qu’il faudrait changer pour que ces deux équipes reviennent au premier plan, puisque ce sont tout de même deux clubs historiques ?

Ce n’est pas évident dans le football moderne, quand on voit ce qui se passe… Les clubs qui n’ont pas de gros investisseurs sont en difficulté et ont du mal à retrouver leur lustre d’antan. Après, à Bordeaux, il y a eu un changement de propriétaire, et on a vu le travail qu’a fait Gérard Lopez à Lille, même si par moment ça a été compliqué. A Nantes c’est pareil, il y a un investisseur qui a mis beaucoup d’argent, mais qui n’a pas fait les meilleurs choix sur le plan sportif, donc c’est un peu différent. Maintenant, il faut que ça prenne à Bordeaux. Il y a un nouvel entraineur, un nouvel effectif, mais ce n’est pas le cas depuis le début de saison. Il faut du temps, être patient. Le problème, c’est qu’on n’a pas de temps dans le foot. Et la patience forcément, les supporters n’en ont pas non plus.

 

On parle souvent de derby de la Garonne pour les confrontations entre Bordeaux et Nantes, mais existe-il vraiment pour les joueurs ?

Non, c’est plus un truc de supporters. Nantes-Bordeaux, ou Bordeaux-Nantes, entre nous, on n’en parlait pas forcément. On parlait plus d’un Nantes-Rennes par exemple. Après, cela reste une affiche de Ligue 1, ça c’est clair, mais pour moi ce n’est pas un vrai derby.

 

Est-ce que, dans vos souvenirs, un match contre Bordeaux vous a marqué ?

Il y a un match qui me revient, c’est le dernier match de ma carrière à La Beaujoire qui était l’avant-dernier de ma carrière, où on avait perdu 0-1. Celui-là me marque forcément parce qu’il avait été très compliqué à gérer en termes d’émotions. Il y a le premier match avec Nantes aussi où je viens juste d’arriver. On perd 0-2… Cette même année, on gagne cependant au match retour et je fais deux passes décisives. C’est un mélange. Il n’y a pas de match particulier, si ce n’est le dernier match à La Beaujoire de ma carrière.

 

Vous aviez déclaré votre étonnement concernant le départ libre de Nantes d’Enock Kwateng. Chez nous, il connait des hauts et des bas. Il semble meilleur au poste d’axe droit dans une défense à trois. Quel est son poste selon vous ?

C’est, pour moi, un latéral droit. J’avais dit ça à l’époque parce qu’un pur produit de la formation, il faut essayer de le valoriser, le vendre ensuite. Il y a eu exactement la même chose avec Leo Dubois qui est parti à Lyon et qui a une toute autre trajectoire. Si vous laissez partir libres vos joueurs, c’est compliqué… Et c’est encore le cas pour Nantes parce que c’est ce qui va se passer avec Randal Kolo Muani en fin de saison. C’est que la gestion sportive n’est pas bonne. On en arrive à laisser partir Léo Dubois libre, à vendre Valentin Rongier 1.5M€ alors qu’on pourrait le vendre beaucoup plus cher, on aurait pu vendre Randal Kolo Muani et il partira libre. C’est quand même difficile. C’est vraiment la gestion sportive qui pose problème.

 

Est-ce qu’il y a un joueur qui vous plait dans notre équipe ?

Il y a forcément Benoit Costil parce qu’il est passé par Sedan (rires). Bon, pour lui c’est compliqué parce qu’il en prend, des buts… Sur ces dernières saisons, il n’est pas aidé. Après, cette équipe a du mal à me faire rêver dans le jeu depuis quelques temps. Lorsque j’ai vu des matches de Bordeaux, ce n’était pas flamboyant. Il n’y a pas grand-monde à ressortir sur les dernières saisons. Mais Benoit Costil a remporté la Ligue des Nations et fait partie du groupe France.

 

Cette rencontre de dimanche sera particulière car c’est un derby, que Bordeaux n’a toujours pas gagné à domicile, et surtout car ce sera la rencontre choisie pour les 140 ans du club. Est-ce que cela peut jouer sur ce match, et transcender les joueurs ?

Ca DOIT transcender les joueurs, évidemment. Ce sera un moment historique, un match spécial. Quand on est joueur, par rapport à l’histoire de ce club, on doit être à la hauteur. Si ça ne les transcende pas, je me demande ce qui pourrait les transcender. Nantes doit s’attendre à une équipe surmotivée, qui va tout donner, et qui va faire en sorte de gagner un match qui se joue lors d’une journée spéciale.

 

Comment voyez-vous cette rencontre ?

C’est compliqué… Nantes est dans une phase intéressante quand même, même si elle est passée au travers sur l’avant-dernier match à Reims (3-1). Ca a été moins bon dans le jeu face à Troyes, mais elle s’est imposée 2-0. Nantes est capable d’aller chercher un résultat à Bordeaux s’ils sont efficaces et solides défensivement. Après, je pense que ce sera un match équilibré. Bordeaux sera obligé de faire le jeu, sera obligé de se découvrir, et cela peut être à l’avantage de Nantes. De là à donner un pronostic… Allez, un match nul, même si cela n’arrangera personne.

 

Pour en revenir à vous, quelle est votre actualité aujourd’hui ?

Je suis coach à Basse-Goulaine, un club qui évolue en R1 dans la banlieue nantaise. Et au mois de juin 2020, on a ouvert un Macron Store, Macron étant le nouvel équipementier du FC Nantes. On travaille avec les clubs amateurs, tous sports confondus, de la région. On travaille aussi avec le FC Nantes puisque Macron fait toutes les collections du club”.

 

Macron Store
Votre magasin ORHON Sports est situé au 32 place du bois du Roy 49240 Avrillé
Horaires d’ouverture : Du Lundi au Vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h. Le Samedi uniquement sur RDV.
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