Vladimir Petkovic, ou le tâtonnement permanent

(Photo by Romain Perrocheau/FEP/Icon Sport)

 » Je suis encore l’homme de la situation »

Devons-nous et pouvons-nous croire Vladimir Petkovic après ce nouveau revers à Strasbourg ?

Un exemple parmi tant d’autres, le cas Timothée Pembélé. Il ne joue pas à droite alors qu’Enock Kwateng semble meilleur dans l’axe, dépassé à droite et n’apportant pas offensivement. Alors (s’il ne joue pas à droite, ce qui est déjà difficile à comprendre) pourquoi ne joue t-il (Timothée Pembélé) pas dans l’axe où les blessés sont nombreux et où Edson Mexer est en perte de vitesse ? Alors que Laurent Koscielny semble sur le flanc et n’est pas épargné par les blessures ?

Après le match de Paris où la tactique en 3-5-2 semblait un peu mieux assimilée, on repasse au 4-4-2 à Metz, quelle est la continuité ? Les joueurs peuvent changer mais le système doit-il changer ?

Les 3 rencontres les plus abouties des Girondins de Bordeaux, cette saison, ont été réalisées avec ce système en 5-3-2 ou 3-5-2. La présence de Ricardo Mangas (défenseur central gauche ) et Gideon Mensah (arrière gauche) contre Marseille et Angers semblaient complémentaires. Ils ont également joué ensemble lors du fiasco à Nice (4-0) mais nous nous souvenons également que Fransérgio avait effectué des débuts catastrophiques au milieu qui avait déséquilibré le reste de l’équipe.

Saint Etienne - Bordeaux (1-2)
Saint Etienne – Bordeaux (1-2)
Marseille – Bordeaux (2-2)
Bordeaux – Angers (1-1)

 

Plus intéressant encore, avec l’étude des statistiques, contre Angers, Marseille et à un degré moindre contre les stéphanois, nous trouvons les trois rencontres où Bordeaux a concédé le moins d’occasions (signe d’une plus grande solidité) tout en proposant un nombre d’occasions égal ou supérieur à l’adversaire.

Aucune victoire avec une défense à 4. La victoire contre Reims est survenue dans les 20 dernières minutes avec le passage à 3 derrière.

Aucune victoire non plus avec 3 attaquants au coup d’envoi, Bordeaux marque plus mais encaisse également beaucoup plus de buts.

Des résultats trompeurs

Quand on regarde nos matches à domicile, même nos résultats nuls, les statistiques sont édifiantes sur la domination adverse.

Deux exemples avec un score final de 1-1 :

 

Des remplaçants qui n’ont pas leur chance malgré les résultats décevants

Tom Lacoux et Samuel Kalu font de bonnes rentrées mais sans lendemain. On continue à mettre sur le terrain Otávio ou Fransérgio, perdus depuis plus d’un mois, ou on cautionne la présence de Rémi Oudin par des bouts de matches satisfaisants (au milieu d’un vide abyssal) ou grâce à 2 buts face à… Metz. Gideon Mensah est passé à côté de son match mercredi, mais comment donner confiance à un joueur qui est mis au placard depuis des semaines malgré des débuts encourageants ?!

Après les rencontres face à Metz, Nantes, le coach indiqua que l’équipe avait tout fait pour gagner mais au stade ou dans notre fauteuil, le sentiment de frilosité à tous les étages demeure.

Vladimir Petkovic parle souvent de manque de chance alors qu’on a le sentiment de n’avoir mérité aucune victoire même celles de Saint-Etienne et Reims qui ressemblent plus à des miracles quand on voit les statistiques ou le contenu.

Le sentiment finalement de ne rien maitriser !

Dans la première partie de saison sous Jean-Louis Gasset (lui aussi arrivé tardivement), nous étions souvent agacés par la production de notre équipe mais avec 12 clean-sheets, l’équipe semblait reposer sur des bases plus solides. Sur certains matches, nous avons même ressenti une certaine maitrise (à Angers 0-2, Dijon 3-0, Nîmes 2-0, Rennes 0-1, Strasbourg 0-1, Paris 2-2, Nice 0-3).

Cette année, à part la seconde mi-temps à Marseille et peut-être la rencontre contre Angers (1-1) malgré le nul, l’équipe a semblé bien peu solide, trop peu, voire inquiétante même. De souvenirs de supporter, on a du mal à se rappeler une seule saison où Bordeaux a été à ce point balayé sur ses terres. Le Matmut Atlantique est devenue une enceinte où nous n’avons finalement jamais été complétement respectés, encore plus cette année.

Tous ces éléments posent la question : le coach a t-il été une seule fois vraiment à la hauteur depuis son arrivée en Gironde ? Est-ce qu’on n’aurait pas plutôt besoin d’un entraineur avec une poigne de fer puisque les discussions n’aboutissent à rien ?

Enfin, on parle de nouveaux joueurs intéressants (Stian Gregersen, Alberth Elis, Jean Onana, Ricardo Mangas) et d’anciens qui ont pris de l’épaisseur (Hwang Ui-Jo, Yacine Adli). Pourtant la mayonnaise ne prend pas du tout et le jeu entre ces joueurs est d’une pauvreté déconcertante.

Bordeaux marque beaucoup mais souvent des buts anecdotiques (2 buts contre Paris alors que nous sommes menés 0-3 ou le 2ème but face à Strasbourg alors que nous sommes menés 4-1) ou face à des équipes désastreuses (la première mi-temps de Metz face à Bordeaux fut d’une horreur absolue, chose confirmée par les joueurs et l’entraineur messins).

Une nouvelle déconvenue dimanche et on se demande comment Vladimir Petkovic pourrait continuer à défendre un bilan comptable et en termes de jeu catastrophique. Pour dire vrai, on se demande encore comment il peut être encore en place après les humiliations répétées depuis le mois d’août. Bien entendu, en tant que supporter, on espère avoir tort, mais à ce jour tous les signaux sont au rouge… vif !

La sécurité de son contrat

Il y a peu, Vladimir Petkovic aurait certainement déjà été remercié. Mais la pandémie est passée par là, et le club a été racheté dans une situation financière catastrophique. Surtout, l’ex-sélectionneur de La Nati est venu dans le cadre d’un projet sur le moyen-long terme. Alors, il est évident que jamais cette possibilité de se séparer de Vladimir Petkovic n’a traversé l’esprit de la direction. Cette situation ressemble pourtant beaucoup à ce qu’a connu Gérard Lopez au LOSC avec l’arrivée de Marcelo Bielsa, et également de nombreux joueurs d’horizons divers.

Sous contrat jusqu’en 2024 et avec un salaire d’1,3 million d’€uros par an, Vladimir Petkovic est probablement, dans l’état actuel d’un club surveillé par la DNCG, quasiment protégé. Son licenciement pourrait coûter la bagatelle de 3 millions d’euros avec son staff, et porterait atteinte au niveau de l’image du club et de son projet. Encore plus au niveau du championnat car à cet instant, aucun coach de Ligue 1 n’a été remercié, ce qui constitue une grande première depuis pas mal de saisons.

Les avis des différents consultants

« On a un Petkovic qui tâtonne complètement » (Nicolas Paolorsi)

« Peut-être qu’à un moment donné il va falloir changer. Peut-être avec un entraineur de Ligue 1 avec de l’expérience, qui va leur apporter quelque chose… » (Mickaël Madar)

« Quel entraineur aujourd’hui, sur le marché, est capable de cristalliser et d’emmener cette équipe sur une nouvelle dynamique ?! » (Geoffroy Garétier)

« Est-ce que les joueurs sont les seuls responsables, je ne pense pas. Je pense que le coach l’est aussi » (Clément Carpentier)

« Dans cette situation, clairement, le fusible, même si je n’aime pas trop ce terme, c’est lui… Sur le papier, oui. Après, ça a un coût » (François Grenet)

« Vladimir Petkovic a un long contrat, et ça ne fera pas avancer le schmilblick. Ce n’est pas forcément lui le responsable » (Christophe Monzie)

« Si on sent qu’il y a une distance entre lui et les joueurs, dans ce cas-là, c’est sûr qu’il faut changer » (Johan Micoud)

« Je pense qu’il est urgent de sortir l’ex-sélectionneur de la Suisse et prendre un meneur d’hommes » (Karim Bennani)

“Il faut aller chercher Jean-Marc Furlan, lui faire un pont d’or, lui donner une possibilité de rejoindre Bordeaux” (Lassina Diabaté)