Sophie Istillart : “Le jour où je me suis fait les croisés, ça a répondu à tout ça. Je me suis dit que c’était fini, que mon corps me donnait la réponse”
Pour « Pas sage » de Maylène Itçaina, l’ancienne capitaine des Girondins de Bordeaux, Sophie Istillart, s’est exprimée sur le moment où sa carrière de joueuses professionnelle s’est arrêtée, des suites d’une seconde rupture des ligaments croisés. Mais plus que la blessure, c’est un ras le bol qui lui fit prendre cette décision, entre charge mentale et besoin de voir plus loin.
« On jouait contre Levante, et je m’en rappellerai toute ma vie. Ce jour-là, je faisais un bon match, on joue la première mi-temps, et ma coache dans le vestiaire demande à tout le monde, une par une, si on se sent bien. Et moi, elle ne me demande pas, et ça interpelle mes coéquipières. Je me suis dit que ce n’était pas grave, car je ne dis jamais rien et je fais tout à fond tout le temps. Mes coéquipières me regardent et demandent à la coache ‘mais, tu ne demandes pas à Sophie ?’. Ma coach dit ‘pas besoin de lui demander, je sais qu’elle va bien, vu le match qu’elle fait, elle va super bien’. J’étais ok, c’est cool, elle pense ça de moi… On reprend la seconde mi-temps, et dix minutes après je me fais les croisés. Là, je me suis dit que c’était fou… J’ai tout de suite compris que c’était les croisés et à ce moment-là, dans ma tête, c’était clair et net : c’était un signe de la vie. Je me demandais avant si je devais arrêter, je ne prenais plus de plaisir, j’étais loin de ma famille. Le jour où je me suis fait les croisés, ça a répondu à tout ça. Je me suis dit que c’était fini, que mon corps me donnait la réponse, que c’était un signe. A partir de ce moment-là, dans ma tête, c’était clair : j’arrêtais tout. Après, entre le dire et le ressentir, et de le faire… Il faut aussi accepter, l’annoncer, et on se demande si on est vraiment sûre… Ça a été tout un processus. Ce jour-là, ça a été vraiment le déclic ».
Puis il y a eu un second événement…
« Je me posais énormément de questions sur mon avenir, et je décide d’appeler un conseiller en formation et reconversion de l’UNFP. Je veux me reprendre en main, reprendre mes études, pour préparer mon après carrière. J’étais vraiment dans le processus où je continuais le foot, mais j’anticipais en reprenant mes études. Au moins, là, j’allais être rassurée et soulagée mentalement. Je suis emballée, et j’ai un accompagnement. Je suis passée de vouloir reprendre mes études, à arrêter le foot car je ne prenais plus de plaisir. Ma place n’était plus là, elle était ailleurs ».
Retranscription Girondins4Ever



