Sophie Istillart : “Il m’a demandé ce que je voulais, ce dont j’avais besoin, qu’ils me prolongeaient de trois ans… Je l’ai remercié, mais je n’avais pas besoin de ça à ce moment-là”
Pour « Pas sage » de Maylène Itçaina, l’ancienne capitaine des Girondins de Bordeaux, Sophie Istillart, s’est remémorée la discussion qu’elle a eu avec son club, Bilbao, lors de sa seconde rupture des ligaments croisés, moment où elle décida d’arrêter sa carrière.
« Quand je me suis fait les croisés en janvier, j’étais en fin de contrat à ce moment-là. J’étais focalisée sur le fait qu’il fallait que je me soigne correctement, parce que je m’étais déjà fait un croisé. En fait, les choses se sont faites naturellement. C’est pour ça que ça a été une très bonne décision d’aller à l’Athletic, parce qu’ils ont des valeurs… Je n’en ai même pas les mots car ils sont humainement incroyables. Dans le milieu professionnel, c’est difficile d’avoir des clubs qui ont ce côté humain. Le directeur sportif est venu me voir et m’a dit de ne pas d’inquiéter car ils allaient me prolonger. Le club avait aussi un chirurgien privé… A ce moment-là, je savais que j’allais arrêter le foot, donc je lui ai dit. Il me regarde et il n’y croyait pas. Je lui ai dit que c’était vrai, que j’en avais marre, que je n’en pouvais plus, que j’étais fatiguée. A ce moment-là, c’était une période compliquée avec le confinement, le Covid, et j’ai connu des décès dans ma famille, et ça a aussi été un déclic pour me dire que ma place n’était plus là, mais auprès de ma famille. La vie ne tient qu’à un fil, tout peut basculer du jour au lendemain. Dans ma tête, c’était clair, je savais que j’allais arrêter. Il m’a demandé ce que je voulais, ce dont j’avais besoin, qu’ils me prolongeaient de trois ans… Je l’ai remercié, mais je n’avais pas besoin de ça à ce moment-là. C’est là où il a été incroyable parce qu’il m’a compris. Il ne m’a pas forcé, il a compris dans quel état j’étais et il a voulu m’aider pour que j’aille le mieux possible ».
Mais cette décision ne fut pas si facile à annoncer à tout le monde.
« Ma peur, c’était de l’annoncer à ma famille, mes amis… Mais en fait, je n’étais plus heureuse, je ne prends plus de plaisir. Mes parents ont été attrapés dans le sens où ils étaient tristes pour moi, ils avaient les boules, parce que c’est ma passion, et je réalisais un rêve. Ils ne comprenaient pas vraiment mon choix, mais ma mère a bien vu dans quel état j’étais. Tout ce que je voulais c’est que ça s’arrête, je ne réfléchissais même pas à ce que j’allais faire après ».
Retranscription Girondins4Ever


