Julien Bée : “À force de gérer plutôt que d’aller chercher la victoire, on finit par s’exposer… et on se fait logiquement punir”

    Au lendemain de la rencontre entre La Roche et les Girondins de Bordeaux (1-0), comptant pour la 22ème journée du championnat de National 2, Julien Bée, journaliste et commentateur sur ForEver, est revenu sur ce match au sommet.

    “Je suis à froid, et je vais vous livrer une analyse que je veux la plus honnête possible de ce qu’il s’est passé hier soir à La Roche. Nous avons réalisé 25 très bonnes premières minutes, avec un pressing intense, de l’envie et une vraie volonté d’imposer notre rythme. Mais cette domination n’a pas été concrétisée au tableau d’affichage, et c’est là que le match bascule. À ce niveau, quand on ne marque pas dans ses temps forts, on s’expose forcément. Ensuite, il y a cette deuxième mi-temps qui laisse un goût amer. Malgré notre supériorité numérique, nous n’avons pas su en profiter. Pire encore, l’équipe a progressivement reculé, comme si la peur de perdre prenait le dessus sur l’envie de gagner. On a senti un bloc moins haut, moins d’initiatives, moins de prise de risques. À force de gérer plutôt que d’aller chercher la victoire, on finit par s’exposer… et on se fait logiquement punir. Ce qui ressort clairement, c’est qu’on n’a pas joué ce match pour le gagner. On l’a joué pour ne pas le perdre. Et dans ce genre de rencontre, avec de tels enjeux, cette approche se paie presque toujours. Concernant le staff, j’estime aussi que Bruno Irles a sa part de responsabilité. Son coaching n’a pas permis de changer la dynamique du match. Les choix effectués n’ont pas apporté l’impact attendu, ni dans le rythme, ni dans l’animation offensive. Là aussi, on a senti une forme de prudence excessive, comme si le match nul était finalement acceptable. Mais encore une fois, avec l’ambition affichée, ce n’est pas suffisant. Enfin, je veux terminer ce message en apportant tout mon soutien à Samuel Vaslin, journaliste titulaire de la carte de presse, qui n’a pas été autorisé à couvrir la conférence de presse. Qu’on soit d’accord ou non avec ses prises de position — et cela m’arrive souvent de ne pas partager ses analyses — cela ne peut en aucun cas justifier qu’on l’empêche de faire son travail. La liberté de la presse n’est pas une option, ni une variable d’ajustement selon les circonstances ou les personnes. C’est un principe fondamental. Empêcher un journaliste d’exercer, c’est envoyer un très mauvais signal. Et à mes yeux, c’est tout simplement inconcevable.”