Benoit Costil : “A Bordeaux, ça a été chaud. Je signe tous les jours pour ne pas vivre ce que j’ai vécu, et avoir moins de salaire…”
Auprès de Théo Leguerrier, l’ancien gardien et capitaine des Girondins de Bordeaux, Benoit Costil, s’est remémoré les moments difficiles de sa carrière. C’est à ce moment-là qu’il expliqua que malgré un salaire élevé en Gironde, il accepterait aujourd’hui d’être beaucoup moins payé pour ne pas subir ce qu’il y a subi.
« J’ai connu des moments où c’était chaud, très chaud… Déjà, à Caen, ça a été très dur, et après à Bordeaux, ça a été chaud. Oui, c’était un ensemble de choses, un climat, un environnement, et des choses… Ça a été vraiment tendu, et pour se relever… Tu as les médias, les réseaux sociaux, les supporters ne savent pas forcément la vérité et ils sont sur les réseaux… Ils vont lire ce qu’il se dit dans la presse, mais ils ne sont pas dans le vestiaire. Et tout ça… Au tout début, la puissance des réseaux, des médias, ce n’était pas aussi important que maintenant […] A Bordeaux, c’était mes meilleurs salaires. A la fin, j’étais à 170000€ brut. Mais la vérité, j’aurais préféré sur cinq mois avoir ça, et ne pas vivre ce que j’ai vécu. Je signe tous les jours pour ne pas vivre ce que j’ai vécu à Bordeaux, et avoir moins de salaire… L’argent, c’est tabou en France. Je trouve que l’argent, c’est quand même important, mais à un moment donné tu as des choses qui dépassent l’oseille. Je peux comprendre que quand tu fais partie des gros contrats d’un club, cela signifie que tu as un statut, et là je comprends que tu puisses avoir plus de responsabilités, que tu doives assumer certaines choses : sinon on ne te paye pas ce tarif-là. Je considère que c’est normal. Pour autant, tu as des choses, malgré le fait que tu gagnes autant d’argent, qui sont tellement violentes… Et je peux te dire qu’à ce moment-là tu ne penses pas à ta fiche de paie, à la fin du mois… Je n’ai jamais été pollué ou déconnecté par l’argent, jamais, je ne pense pas. Ce n’était pas un moteur, même si à un moment donné tu veux gagner plus. A la fin, j’avais la possibilité de gagner de l’argent si j’allais en Italie à Palerme. J’aurais gagné entre 20 et 40000€ brut, et j’ai préféré rester chez moi pour mon bien-être. J’étais en Bretagne, avec peanuts. Si j’avais voulu faire de l’argent, encore de l’argent, je serais parti là-bas. Mais pour être heureux et épanoui, je suis resté en Bretagne ».


