Maître Alain Larrea : “Si la palpation de sécurité peut se faire sous les vêtements ? Non, elle se fait sur les habits. Généralement à l’abri des regards”
Samedi dernier, les Girondins de Bordeaux disputaient la 28ème journée du championnat de National 2 sur la pelouse de Jean Dauger, face à l’Aviron Bayonnais. Si les hommes de Rio Mavuba se sont imposés deux buts à un et ont mis la pression à La Roche, c’est en dehors du terrain que tout n’a pas été rose…
En effet, comme vous avez pu le lire un peu partout, il y a eu des problèmes liés à la sécurité qui entourait cette rencontre. De nombreux supporters bordelais ont fait le déplacement et pas mal de forces de l’ordre étaient donc présentes. Certaines pour encadrer, d’autres pour sécuriser les lieux. Mais ce sont celles-ci qui sont vraiment pointées du doigt après des récits de plusieurs femmes victimes de palpations abusives à l’entrée du stade… Des personnes choquées, d’autres en larmes ou tétanisées par ce qu’elles avaient subi. Des récits qui font froid dans le dos puisque ces palpations ont mal tourné. Mains dans le soutien-gorge, t-shirts relevés devant tout le monde, mains entre les fesses et sur les parties intimes… Les personnes en charge des palpations ont visiblement été trop loin, ce qui est scandaleux.
Nous soutenons bien entendu toutes les personnes victimes de ces gestes et encourageons celles et ceux qui n’oseraient pas en parler. Vous pouvez d’ailleurs contacter l’association Her Game Too pour apporter vos témoignages aux autres déjà enregistrés.
En attendant, la préfète n’a visiblement pas été émue de cette situation puisqu’elle a plutôt rappelé le contexte de tension avec les supporters, plutôt que ce qui s’est véritablement déroulé au Stade Jean Dauger… Le quotidien Sud Ouest a interrogé Maître Alain Larrea, bâtonnier du barreau de Bayonne, concernant ces palpations. Et il a était très clair :
“Si la palpation de sécurité peut se faire sous les vêtements ? Non, elle se fait sur les habits. Généralement à l’abri des regards. La personne qui la pratique passe ses mains sur les épaules, les aisselles, les bras, le buste, la ceinture, les jambes… La palpation est faite pour, par le toucher au-dessus des vêtements, repérer des reliefs qui pourraient trahir la présence d’un objet dangereux. La fouille est un degré supérieur de vérification, qui permet le déshabillage partiel ou complet. La seule entrée à une rencontre sportive ne relève pas de la fouille. Mais une palpation qui aurait révélé un relief pourrait amener une fouille. Là encore, par une personne du même sexe, à l’abri des regards.”
Il est évident que cela ne doit pas rester sans suite, sous peine que cela se reproduise.



