[Interview G4E] Cédric Hengbart (Avranches) : “Force est de constater que le changement d’entraîneur et le fait de mettre Rio, ça a redynamisé un peu le groupe”

    Avant la rencontre entre l’US Avranches et les Girondins de Bordeaux, comptant pour la 30ème et dernière journée du championnat de National 2, nous nous sommes entretenus avec son entraîneur Cédric Hengbart. Ancien défenseur professionnel, que l’on identifie à un football qui pourrait nous rendre, nous, nostalgiques, Cédric Hengbart a pris la tête de l’US Avranches l’été dernier et se voue corps et âme à sa passion, le football. Samedi, il sera l’entraineur d’en face, celui du club normand. Nous évoquons la saison, son équipe, cette dernière ligne droite, le duel La Roche – Bordeaux, les Girondins, le match à venir et plein d’autres sujets…

    Bon ça y est, c’est la dernière ligne droite !

    Ouais, ouais (sourire), un championnat qui aura été rapide quand même. Ça se termine plus tôt que d’habitude. C’est vrai que le 15 Mai c’est assez rapide. Premier match contre Bordeaux, dernier match contre Bordeaux.

    Nous avions démarré cette saison 2025/2026 ensemble et nous la terminons donc. Vous êtes à la 7ème place avant cette dernière journée, est-ce une petite déception de ne pas être plus haut ? 

    On espère toujours être plus haut. Maintenant sur notre classement, il reflète notre saison. On a alterné le bon, le moyen, le moins bon. Ça fait que si on regarde un peu les équipes qui sont au-dessus de nous, elles méritent d’être au-dessus de nous. Il y a vraiment un petit championnat dans ce championnat et je pense qu’on est à notre place.

    Quel bilan pouvez-vous déjà tirer de cette saison à la tête d’Avranches ?

    Déjà un bilan de première saison pour moi dans ce club. J’ai eu un état des lieux, j’ai découvert un petit peu comment il fonctionnait. Un effectif que je ne connaissais pas donc j’ai appris à le connaître. Maintenant je suis content de ce qu’on a fait, même si à un moment donné je pensais qu’on aurait pu progresser un peu plus dans le jeu et dans les résultats. Il y a eu un cap qui n’a pas été passé et c’est comme ça.

    Qu’a t’il manqué à votre équipe pour rivaliser sur le long terme avec le TOP 5 ?

    Je pense qu’il nous a manqué un nombre de joueurs. On était quand même juste en nombre de joueurs d’expérience. On avait beaucoup de joueurs d’expérience mais de niveau N2 on était 14-15 et après c’était que des jeunes. Donc la concurrence n’était pas spécialement là ce qui fait qu’à un moment donné on est moins performant. Il y a eu la Coupe de France qui nous a pris beaucoup, beaucoup d’énergie jusqu’en Janvier et le contre-coup a fait un peu mal. Et puis on n’a pas été assez efficace dans les deux surfaces de réparation. Si la profondeur a joué à un moment ? Ouais, mais après c’est comme toutes les équipes aujourd’hui de National 2. La Roche a bien fonctionné mais en termes de nombre il doit être quasiment identique. Ils n’ont pas eu de blessés du tout quasiment. Après il y a eu une dynamique qui était un peu différente mais je pense qu’on est tous un peu dans le même cas. Comme je l’ai dit, techniquement je trouve qu’on a fait beaucoup, beaucoup d’erreurs défensives donc il y a eu beaucoup, beaucoup de buts.

     

    Vous allez arbitrer cette dernière journée avec un résultat face aux Girondins qui pourrait avoir une incidence sur la montée. Est-ce qu’on prépare cette dernière ligne droite différemment ? 

    Non, enfin on les prépare depuis quelques semaines. On est un petit peu moins professionnels. On va dire qu’il y a un mois on jouait encore le maintien. Là maintenant c’est vrai qu’on est moins sur le détail de chaque équipe. On est plus concentré sur notre jeu à nous et sur ce qu’on a à faire, ce qui fait que maintenant on joue libéré. On a joué à Granville comme ça. On a été aux Herbiers, on a fait match nul. On a joué libéré. Ça fait qu’on ne s’occupe pas de qui est en face. On essaie de jouer notre jeu.

    Les Girondins ont besoin de s’imposer et espérer un faux pas de La Roche, voire de faire un nul si les vendéens s’inclinent à Locminé. Cela risque donc d’amener un match très ouvert ?

    Ouais. Depuis quelques matchs j’ai pas mal de jeunes. On ouvre le jeu, on n’est pas là pour défendre, on n’est pas là pour essayer d’accrocher un match nul en défendant. Moi je suis là pour ouvrir, c’est ma philosophie de jeu depuis le début. Je suis là pour ouvrir, pour essayer de marquer un but de plus que l’adversaire et puis c’est ce qu’on continuera de faire contre Bordeaux.

    Vos joueurs vont aussi jouer de façon libérée puisqu’il n’y a plus le stress d’une montée à jouer ou un maintien, de quoi confirmer que le match pourrait être très ouvert ?

    Ouais, ouais. Après, l’inconvénient de ça c’est qu’on ouvre le jeu pour marquer mais par contre défensivement c’est vrai que quand c’est un match important, peut-être qu’on ferme tout et on fait tout pour ne pas prendre le but. Là, on est toujours un petit peu moins concentré, ce qui fait que comme à Granville, on prend le but à la 88ème, aux Herbiers on prend un but à la 92ème. C’est la fin de saison qui donne ça.

    Au match aller c’était le contraire et on a assisté à un 0-0 au Stade Atlantique. Que retenez-vous de cette rencontre ?

    Un match où tout le monde se regardait un peu, tout le monde avait un peu peur. Les deux équipes avaient peur l’une de l’autre. Il y avait un terrain qui était catastrophique… C’était un match assez fermé, pas beaucoup d’occasions. Les défenses avaient pris le pas sur les attaques. Ce qu’on avait fait, c’était vraiment cohérent. On avait réalisé quand même un bon match dans l’ensemble, aussi bien défensivement, même si offensivement c’était un peu plus léger. Mais on a été quand même assez cohérents. Je retiens un match équilibré entre deux équipes.

    Ce dernier match de championnat devrait attirer du monde et de nombreux bordelais vont vouloir venir mais Avranches connaît ce type de rencontre. Comment préparez-vous cette dernière avec votre club ? 

    C’est un bazar (rires). On a eu la Coupe de France cette année qui nous a permis de travailler ça. On a reçu Brest, on a reçu Strasbourg. Ça reste quand même des équipes de Ligue 1. On a fait 4000 personnes donc le club sait s’organiser face à des événements. Maintenant c’est la capacité à accueillir tout un groupe de supporters et la sécurité qui va avec. Aujourd’hui ils se sont organisés sur 600, maintenant peut-être que ça peut être plus le jour du match. Aujourd’hui le club le gère assez sereinement. Il n’y a que le jour du match où on verra s’il y a peut-être plus de supporters que prévu. C’est là où ça peut coincer mais pour l’instant on n’en est pas là. Après il n’y a pas de vente de billets le jour du match. Maintenant, soit tout est organisé et on accueille les supporters et on sait qu’il y en a qui viendront le jour du match en place et qu’on prévoit quelque chose. Soit on essaie de tout faire pour que ça se passe bien pour ne pas que les supporters soient bloqués à l’entrée et que ça soit un bazar. Ça reste quand même une fête, le football ça doit être une fête. On voit trop d’endroits maintenant où il n’y a plus de supporters, où on interdit. Ce qu’il faut vraiment c’est que les supporters arrivent à comprendre qu’il faut arrêter de mettre le bazar partout où on passe et que les clubs comprennent qu’à un moment donné il y a des supporters qui sont bien, qui ont envie de faire la fête du foot et de porter leur équipe. Je pense qu’il faut au niveau France réussir à trouver un juste milieu entre les deux.

    Vous sortez de deux matchs nuls à l’extérieur aux Herbiers (3-3) et à Granville (1-1). Qu’a t’il manqué pour empocher la victoire ?

    Comme je l’ai dit, la justesse défensive. Prendre trois buts aux Herbiers c’est cher payé parce que je trouve qu’on fait un très très bon match. Après on marque trois buts c’est aussi cher payé mais je trouve qu’à la mi-temps on était menés et on n’a vraiment pas eu de réussite. En fait c’est toujours des petites erreurs défensives qui nous coûtent des buts et aujourd’hui pour gagner un match il faut au moins marquer deux buts parce qu’à chaque fois on en prend un et on ne remonte quasiment jamais. C’est la force je trouve qu’à Bordeaux cette année, c’est que le nombre de fois où ils ont réussi à gagner 1-0. C’est impressionnant. Nous on n’arrive jamais à faire ça. On arrive toujours à craquer à la fin peut-être par manque de concentration, peut-être par manque, je ne pense pas physique parce que les joueurs physiquement sont bien mais c’est vrai que j’ai des joueurs qui peut-être, dans la pression d’un match, à un moment donné, relâchent la concentration et ça coûte des buts.

    Cette dernière journée verra donc le duel à distance entre La Roche et Bordeaux. Vous auriez pensé ça en début de saison ?

    Oui quand même. On savait que Bordeaux allait être là-haut. La Roche, ça fait quand même quelque temps qu’ils sont souvent en haut donc ils flirtent avec la montée. On avait prédit aussi Saint-Malo, mais si Saint-Malo n’avait pas raté complètement leur départ ils seraient peut-être aussi à la lutte aujourd’hui. Bayonne a été l’équipe surprise un peu du groupe, qui est une très très belle équipe. Les Herbiers ont freiné mais Les Herbiers pareil, c’est un groupe où il leur manque un nombre de joueurs. Ils leur manquent beaucoup de joueurs enfin en nombre pour durer sur toute une saison. Ils ont eu beaucoup de blessés, ça reste jeune autour. Donc non, c’était un petit peu prévisible quand même qu’il y allait avoir ces deux équipes-là et qu’il y allait avoir une équipe un peu trouble fête et aujourd’hui ça a été Bayonne qui l’a été sur une partie

    Comment avez-vous trouvé cette équipe vendéenne quand vous les avez croisés (défaite 1-0 à chaque fois) ?

    Deux équipes différentes entre le match aller et le match retour. Au match aller j’ai trouvé qu’on était quasiment identique à eux, on avait à peu près le même niveau, ça s’est joué sur un coup de pied arrêté. Au match retour ils nous ont surclassés, surclassés dans la maîtrise du ballon, dans les intentions, dans l’intensité, techniquement, tactiquement. En fait, on est passé de deux équipes quasiment identiques à deux classes d’écart. J’ai trouvé une vraie belle équipe qui veut beaucoup, beaucoup conserver le ballon, donc qui manque à un moment donné de tranchant offensif, surtout quand il n’y a pas Alexis Araujo. C’est ce qui s’est passé ces dernières semaines. Mais par contre, franchement je suis content parce que le football est récompensé dans notre poule au moins. Les équipes qui jouent au ballon se retrouvent devant.

    Les Girondins ont eux continué d’y croire malgré un passage compliqué en début d’année. Comment avez-vous trouvé leur saison par rapport à la précédente ?

    J’ai trouvé qu’elle était un peu la même que la dernière sauf que le changement d’entraîneur a fait que ça a redynamisé. Mais j’ai trouvé qu’il y a eu des résultats et puis ça s’est essoufflé, que les performances n’ont pas toujours été au rendez-vous au niveau qualité. Il y avait des victoires par moments mais ce n’était pas tranchant, c’était à l’arraché à un moment donné, un peu comme l’année dernière. La roue tourne à un moment du mauvais côté quand on ne surclasse pas les équipes et que les mauvais résultats qu’il y a eu de suite en début d’année, ont été un peu la conséquence de ce qu’il y a eu aujourd’hui. Force est de constater que le changement d’entraîneur et le fait de mettre Rio, ça a redynamisé un peu le groupe. Il a relancé des joueurs qui jouaient aussi un petit peu moins, qui sont performants. Et il y a aussi ça, c’est que les joueurs qui ont peu joué sont frais aujourd’hui mentalement et physiquement donc ils apportent beaucoup plus. Peut-être que si l’autre entraîneur était resté, Bruno Irles, peut-être qu’il aurait gardé son équipe et que les joueurs frais n’auraient pas apporté ce qu’ils apportent aujourd’hui. Encore une fois, c’est ce qu’on voit aujourd’hui. Maintenant ça aurait peut-être été pareil avec Bruno Irles mais c’est vrai que c’est un petit peu comme ça que je vois leur saison. Un peu comme l’année dernière sauf que là il y a eu un petit truc en plus du changement d’entraîneur. Des joueurs comme Soufiane Bahassa ? Ouais, il y a des joueurs de talent dans le football et aujourd’hui Bahassa, à notre niveau, en fait partie. C’est vrai que quand il est à 100% et qu’il est bon, il dynamite le jeu. Ce sont des joueurs créatifs, il y en a très peu et c’est vrai que quand ils sont frais, totalement en confiance avec leur coach, donc avec Rio là en ce moment, c’est sûr que ça fait quelques différences.

    Ce dernier match va être à enjeu mais surtout une belle fête pour terminer la saison. Elle aura été une fois de plus difficile et longue ?

    Ouais, ouais, après toute saison est difficile et longue. Il n’y a jamais de saison facile j’ai l’impression dans le football. Même en tant que joueur je n’ai jamais eu de saison où je me dis ça va être tranquille, il y a toujours des choses qui se passent dans la saison. Maintenant c’est une saison qui a montré aussi que le niveau National 2 progresse, il y a beaucoup de joueurs qui aujourd’hui dans ce championnat, mériteraient d’aller en pro. Il y en a de plus en plus qui franchissent le pas. Je suis content même si nous en termes de performance collective on a été moins bons, mais je suis content du groupe, des équipes qu’on a rencontrées, des mentalités aussi des entraîneurs, des clubs. Je crois qu’aujourd’hui le football commence à prendre un bon tournant même s’il y a encore un peu de gens qui ne mériteraient pas d’être dans le football aujourd’hui. Je trouve que football aujourd’hui, je le dis haut et fort tout le temps, grâce à ce que fait Luis Enrique au PSG, reprend son sens un peu collectif, où on est là pour les autres. On est là pour un club et non pour soi. Je trouve qu’à notre niveau ça se ressent encore un peu.

    Quelles seront selon-vous les clés du match ?

    L’arbitrage. Pourquoi ? Je n’ai pas peur de le dire, aujourd’hui encore une fois, j’ai regardé le match des Herbiers, il y a eu des décisions qui sont quand même litigieuses et qui tournent souvent en faveur de Bordeaux. Je ne sais pas combien ils ont de penaltys dans la saison mais je crois qu’on en a eu un. Alors peut-être qu’ils rentrent beaucoup plus dans la surface, mais je trouve qu’à un moment donné c’est un tout petit peu plus vite sifflé. Donc l’arbitrage, j’espère qu’il va être à la hauteur, et pour les deux équipes aussi parce que des fois on voit des arbitres qui désavantagent aussi Bordeaux. Maintenant je trouve que cette année… Alors ce n’est pas avantagé parce que je n’aime pas ce mot là mais quand il y avait des décisions à 50-50 ça tournait souvent du bon sens pour eux. Puis la clé du match ça va être les côtés parce qu’aujourd’hui, tactiquement Bordeaux leur force est quand même sur les côtés avec des dédoublements, avec du jeu à deux, à trois sur les côtés, avec des centres qui viennent et de la présence aujourd’hui dans la surface de Villette. Pour eux ça va être la gestion peut-être de notre attaque parce qu’on est quand même assez performant. On marque toujours des buts.

    De votre œil d’entraîneur et en vue de la saison prochaine, est-ce qu’il vaut mieux que ce soit La Roche qui monte, Bordeaux ou les deux ? 

    Aujourd’hui je ne veux pas rentrer dans une polémique mais ce qui me dérange c’est qu’on attend pour la deuxième place que des clubs descendent à cause de la DNCG alors qu’eux n’ont pas encore réglé toutes leurs dettes. Je trouve ça un peu malsain dans le système puisqu’aujourd’hui un club qui n’est pas encore clair et qui n’a pas tout réglé, se permet de remonter peut-être grâce à des clubs qui n’ont pas les moyens de payer. Cette deuxième place me dérange vraiment et pas que pour Bordeaux, mais pour toutes les autres équipes. Aujourd’hui s’il faut taper au niveau financier, par rapport aux finances des clubs, je pense que dans la saison c’est des retraits de points régulièrement pour que les autres équipes finissent dans les derniers comme ça au moins… Ce qui me dérange aussi c’est qu’on nous parle que le 17ème en National est obligé de descendre parce qu’il en faut un qui descende obligatoirement vu que le 18ème n’est pas dans le championnat. Aujourd’hui quand tu finis 17ème tu ne finis pas dernier, tu finis avant-dernier, mais vu qu’il n’y a plus de club… En fait aujourd’hui il n’y a rien qui est clair dans plein de choses à cause des problèmes de DNCG à chaque fois en début de saison. Mais encore une fois ce n’est pas pour faire de la polémique et pour critiquer, c’est juste qu’à un moment donné il faut que ça soit plus clair de partout en début de saison et qu’on parle sur des choses beaucoup plus claires. Aujourd’hui les deux équipes méritent de monter entre guillemets. La Roche a été peut-être un peu plus consistante tout le long même si là elle peine depuis 4 matchs, mais parce qu’il y a eu beaucoup, beaucoup de joueurs suspendus qui leur ont fait très très mal. La Roche a toujours mené donc c’est vrai qu’on se dit qu’elle mériterait. Maintenant aujourd’hui Bordeaux a eu la force de ne pas lâcher malgré en plus sa défaite contre Lorient qui fait mal, alors que ça aurait pu faire du bien. Donc je pense que les deux équipes aujourd’hui méritent d’y être de par tout ce qu’elles ont fait dans la saison.

    Puis de toute façon, première place ou meilleur deuxième, il y aura tout de même le passage devant la DNCG.

    En fait tout n’est pas clair mais c’est ce que j’avais dit au match aller, c’est à dire qu’aujourd’hui on a un club, et encore une fois sans animosité, sans rien, qui a eu beaucoup de dettes. Une partie a été effacée mais tout n’est pas effacé, ils sont dans un plan de sauvegarde. Sauf qu’aujourd’hui ils ont des budgets qui sont 8 fois plus que nous donc on n’est pas du tout dans la même cour et on a l’impression qu’en fait on repousse un peu l’échéance en priant qu’un jour Bordeaux remonte en Ligue 1 pour éponger les dettes. Mais ça c’est hypothétique et je trouve ça bizarre parce que d’habitude l’hypothétique dans le foot, surtout au niveau des finances, on évite d’y aller et on sanctionne assez rapidement. Maintenant, encore une fois c’est accepté c’est comme ça mais je trouve qu’aujourd’hui quand on voit l’effectif de Bordeaux et quand j’entends que tous les postes ne sont pas doublés, j’aimerais tellement avoir cet effectif de Bordeaux. Tous les clubs de N2 aimeraient avoir l’effectif de Bordeaux. Les joueurs qu’ils ont, je ne peux jamais les avoir à Avranches. Il y a plein de clubs qui ne peuvent jamais les avoir, on n’est pas dans la même catégorie. Maintenant ça a été accepté c’est comme ça. Aujourd’hui c’est juste un constat, encore une fois je n’en veux pas du tout aux gens, tant mieux pour le club de Bordeaux parce qu’on a envie que ça reste un club mythique français, on a envie qu’ils restent. Mais encore une fois tout le monde n’est pas à la même égalité. Je sais qu’il y a Wasquehal qui a 400 000 euros ou 500 000 euros, ils vont tomber en R1 je pense. Bergerac est tombé en R1 l’année dernière (R3 au final)… Mais encore une fois tant mieux parce qu’il y a des lois en France aussi qui font ça. Bordeaux n’a pas réussi à monter l’année dernière ‘bon c’est pas grave, on attend encore un peu’, puis cette année si ça ne monte pas, qu’est-ce qu’il va se passer ? En fait j’ai l’impression sur ça que si le plan fonctionne, si ça remonte en National puis Ligue 2, c’est bien, on dira bravo. Mais on a l’impression que si ça ne fonctionne pas, du jour au lendemain on met la clé sous la porte. Tu te dis qu’en fait tu ne peux pas faire un tout ou rien, et ce n’est pas qu’à Bordeaux. Il faut qu’on arrête avec ça sur les clubs français, le tout ou rien, et tous les clubs que ce soit français en National 2 et même en National 3. Il y a des clubs qui font ça, c’est-à-dire qu’à un moment donné ils vont payer tous leurs joueurs, ils vont s’endetter pour monter et puis ils n’y arrivent pas bon on arrête, on s’en va du club et puis on arrête tout et on laisse le club en R2, en R3… Ca ne peut pas continuer comme ça, ce n’est pas la gestion des grands présidents de l’époque, comme il y a eu à Bordeaux, à Marseille, à Lens. Ce n’est pas la gestion des anciens présidents, c’est une gestion un peu on jette la pièce en l’air, on attend de voir et puis voilà. Maintenant c’est encore une fois un constat, c’est un avis personnel il n’y a pas de jugement.

    Est-ce que vous serez toujours à la tête d’Avranches la saison prochaine ?

    Oui, oui je suis pris en formation du BEPF, c’est le brevet d’entraînement professionnel. Je suis parti pour une session d’un an pour avoir mon diplôme dans un an, pour pouvoir entraîner tous les clubs professionnels. Mon but c’est de rester à Avranches, de performer à Avranches, de créer une équipe pour jouer le haut de tableau l’année prochaine et pour progresser.

    Un Grand Merci à Cédric pour sa disponibilité, son franc parler mais toujours dans la bienveillance, et que le meilleur gagne !