JL Triaud « Il est élégant »

Jean-Louis Triaud, le président des Girondins de Bordeaux, a livré ses impressions après la désignation du lauréat pour le projet de Grand Stade, remporté par Vinci et dessiné par Herzog et De Meuron.

 

 

 

 

M. Alain Juppé vient d’annoncer le premier choix pour le nouveau stade de Bordeaux. Quel est votre sentiment sur ce premier choix ?

C’est un choix comme l’a indiqué M. le Maire sur lequel étaient impliqués 9 ou 6 choix. Ce qui importait pour le Club était d’avoir un stade moderne. Nous avions la sensation qu’un nouveau stade s’imposait sans jamais avoir été demandeur. M. Juppé a eu la bonne idée de la proposer. Certaines collectivités locales ont eu la bonne idée de nous accompagner. L’Etat aussi. Nous les en remercions. M6 a donné des garanties sans lesquelles rien n’aurait pu se faire. Le choix de l’esthétique du projet est extrêmement séduisant. Bordeaux a la réputation d’être une ville connue pour son architecture et la qualité de ses bâtiments. Ce nouveau stade d’Herzog et de Meuron s’inscrit dans la modernité et tout à fait dans ce schéma esthétique. Les autres projets avaient des qualités. Ce projet-là a su allier l’esthétisme et le coût total qui était un critère important. Ce critère représentait 50% des critères de choix.

 

Les architectes Herzog & de Meuron sont les créateurs de l’Allianz Arena de Munich. Cela a-t-il joué dans le choix ?

Je ne sais pas. Nous n’avons pas participé au choix. C’est une garantie de connaissance et d’expérience. Ces architectes ont également conçu le stade olympique de Pékin. Ils savent ce qu’est un bâtiment sportif.

 

Représente en terme de développement pour le club ?

L’obligation de remboursement conséquents tous les ans (rires). Il faudra prendre en compte ce facteur. C’est également un facteur de développement, de confort pour notre public et de motivation supplémentaire. Tous les spectacles qui méritent d’être vus sont beaux à voir mais quand on peut les voir dans des conditions adaptées, confortables et moderne, c’est un plus.

 

C’est donc une bonne chose de faite ?

Tout à fait. Il fallait. On peut toujours discuter des urgences au niveau des projets dans une cité. A Bordeaux, nous étions arrivés à un moment où l’urgence se faisait sentir. La conjoncture a fait que l’Euro et le financement de l’état, la présence des collectivie. Il aurait été dommage de manquer le train. En d’autres circonstances, d’autres villes l’ont manqué et l’ont toujours regretté. Notre stade, s’il a toujours du charme, a le poids des ans. Un stade de 70 ans n’est plus tout à fait adapté.

 

En quoi ce stade vous plait ?

Il est aérien. Léger. Cette coursive périphérique fait que la pelouse est visible de partout. Nous avons une double vision intérieure et extérieure. L’esthétique générale est superbe. Sans se voiler la face, il y a quelques défauts sur la fonctionnalité. Nous allons pouvoir en parler avec les architectes. Nous avons donné les éléments qui reflètent nos attentes et ce qui nous paraissait être les qualités d’un stade. Nos demandes ont été inclues dans un cahier des charges complémentaire à celui de l’UEFA. Le Maire a décidé seul du choix final.

 

Vous semble-t-il atypique ?

J’aime bien le principe des bâtiments classiques avec des escaliers périphériques. Il est aérien pour qu’il y ait une ambiance autour d’une équipe avec une perspective sur l’environnement. Il n’est pas oppressant ; il est élégant. Il est à la croisée des chemins entre l’élégance du XVIIIème siècle et le classicisme des bâtiments grecs.

 

 

 

Annonçant le lauréat de ce projet, Alain Juppé revient plus particulièrement sur les différentes propositions des 3 constructeurs/architectes, et évoque notamment les raisons qui l’ont convaincu de prendre cette décision.

 

 

 

 

Quel a été le classement des offres ?

La 3ème offre, celle d’Eiffage, était un peu hors-concours, car elle était beaucoup plus chère que les 2 autres. Les 2 premières se valaient sur le plan financier mais l’une d’entre elles s’est imposée pour sa qualité architecturale. Il s’agit de l’offre Vinci concession- Vinci construction- Fayat avec les architectes Herzog & de Meuron. Les 3 projets étaient de grande qualité et je salue le travail des équipes. Maintenant, il s’agit de mettre définitivement au point le projet avec le lauréat pressenti pour pouvoir signer définitivement le contrat au mois d’octobre lorsque toutes les vérifications auront été faites.

 

C’est l’allure générale de l’architecture qui vous a plu ?

C’est un bâtiment très élégant, entouré par une forêt de minces colonnes. La grande coursive est également très séduisante. Elle court tout au long du stade, et elle donne vue sur le stade d’un côté, et le ciel et le paysage de l’autre. Enfin l’intérieur de ce que l’architecte appelle lui-même le « bol », c’est-à-dire le stade lui-même, est assez compact, de façon que les spectateurs puissent être dans un lieu de convivialité où ils sont le plus proche possible du terrain. Le projet est aussi très performant sur le plan énergétique, et sur le plan du développement durable. L’aménagement du parvis est d’une très grande qualité environnementale.

 

Il a été annoncé une participation de 85millions de M6. L’enveloppe était de 100 millions au départ…

100 millions dont ce que nous appelons le naming, c’est-à-dire le droit de vendre le nom du stade. Ce naming a été retiré de l’offre du club. Nous trouverons les recettes dans la participation du partenaire privé. La ville en bénéficiera naturellement. Cela ramène l’investissement du club à 85 millions, dont 20 millions tout de suite. Cela est une bonne chose, car cela permet d’alléger les frais financiers. Il s’agit d’argent qui rentre cash, dès 2015. Le reste sera sous la forme d’un loyer annuel qui sera versé pendant 30 ans.

 

Au-delà de l’architecture, le budget est tenu à priori…

Nous avions dit que le coût de construction lui-même devrait se tenir dans une enveloppe de 165 millions, en valeur 2010. Nous sommes à 168 millions, ce qui, en valeur d’achèvement du projet 2015, représente à peu près 180 millions. A cela s’ajoutent les frais de maintenance, de grosses réparations, d’exploitation du stade, puisque le partenaire assure la totalité des prestations. C’est la ville qui paye un loyer duquel sera déduite la participation du club.

 

 

Source: Girondins.com