Nguemo « A moi de m’adapter »

Se confiant  dans une interview pour RFI, Landry Nguemo revient sur son arrivée aux Girondins de Bordeaux. Arrivé libre de tout contrat, l’international camerounais pourra profiter de ses performances à Bordeaux pour se faire une place en sélection, malgré la position délicate durant les qualifications pour la CAN 2012.

 

 

 

 

Vous venez à peine d’arriver à Bordeaux, quelles sont vos premières impressions?

Bordeaux est un très gros club, avec de belles infrastructures. Il y a tout ce qu’il faut pour bien travailler. Mon arrivée ici coïncide avec un changement de staff, donc tout le monde est motivé. Par rapport à ce qui s’est passé les dix derniers mois, on sent que les joueurs ont envie de bosser, ils ont envie de montrer quelque chose de différent, de faire quelque chose de bien, de montrer au nouveau staff de quoi ils sont capables. J’estime que j’arrive au bon moment.

 

Pourquoi avez-vous choisi Bordeaux plutôt qu’un club étranger ?

J’ai choisi Bordeaux, car j’aime bien ce club, j’aime bien le discours du coach, qui est sérieux, direct et franc. J’ai discuté avec lui, le courant est passé, et j’ai dit que Bordeaux devenait ma priorité.

 

Vous étiez en fin de contrat avec Nancy. Avez-vous été en contact avec d’autres clubs avant de vous engager à Bordeaux ?

Oui, j’ai eu des propositions en Espagne, en Turquie. Mais comme je l’avais dit, dès que j’ai eu le coup de fil du président de Bordeaux, j’ai tout de suite affiché ma priorité de venir à Bordeaux.

 

La dernière saison, Bordeaux s’est classé septième de Ligue 1, est-ce que cela vous a un peu fait hésiter tout de même?

Non, pas vraiment. Ce n’est pas seulement la dernière saison qui a été compliquée, ce sont les deux dernières. Mais je l’ai dit, il y a eu un changement de staff, et nous repartons de zéro. On va essayer de retrouver notre position, celle d’un grand club du championnat français.

 

Dans quel registre allez-vous jouer à Bordeaux ?

Dans le registre que le coach décidera et ce sera à moi de m’adapter.

 

Mais vous vous voyez jouer plus dans le registre d’un Alou Diarra ou d’un Fernando, a priori ?

(rires) Alou Diarra et Fernando sont de bons joueurs. Je suis là avec mon jeu. Le coach aura ses exigences, et ce sera à moi de répondre à ses exigences.

 

Dans quel domaine espérez-vous progresser à Bordeaux?

J’estime que le coach va m’apporter beaucoup là-dessus. Je travaille avec un coach qui sait ce qu’il veut, qui donne des consignes précises et c’est très important. J’espère que je vais progresser dans tous les domaines possibles.

 

Quels sont les objectifs du club cette saison?

On n’en a pas encore discuté avec le président. Mais à mon avis ce sera le haut du classement.

 

De bonnes performances avec Bordeaux vous aideront-elles à devenir un titulaire inamovible en équipe du Cameroun?

(rires) C’est une bonne chose de venir ici mais avant d’arriver je jouais déjà avec le Cameroun. Je ne suis peut-être pas un titulaire inamovible, mais je jouais pas mal. Bien sûr, venir à Bordeaux permet de franchir un palier de plus. De toute façon, jouer en sélection passe par de bons matches en club. A moi de faire de bons matches en club, et je continuerai à jouer en sélection.

 

Alexandre Song, Jean II Makoun, Stéphane Mbia, Georges Mandjeck, Nicolas N’Koulou, Modeste M’Bami, Joël Matip … La concurrence est rude en milieu du terrain en équipe du Cameroun…

C’est vrai. Mais c’est une très bonne chose pour le pays, et cela veut dire que pour jouer au Cameroun il faut être performant car il y a la concurrence derrière.

 

La concurrence est rude, les joueurs sont de qualité, mais comment expliquez-vous les difficultés actuelles de cette équipe du Cameroun?

Il y a des choses qui ne s’expliquent pas. On essaie tant bien que mal de résoudre les différents problèmes. Pour le moment cela ne passe pas. Mais il faut modérer ce constat. Quand je vois le match du Sénégal, on a essayé de mettre les choses au clair. On n’a pas pu gagner. C’est toujours à des petits détails près. Il va falloir qu’on continue à se serrer les coudes, à bosser ensemble. Mais je suis sûr que cela va aller. Je ne suis pas du tout inquiet. Je sais que cela va repartir. Quand ? Je ne sais pas. Mais toujours est-il qu’il va falloir qu’on bosse tous ensemble, qu’on regarde tous dans la même direction.

 

Bosser ensemble, oui, mais pourquoi toutes ces petites tensions entre certains joueurs depuis la Coupe du monde de 2010 ?

Dans un groupe il peut y avoir des tensions. S’agit-il vraiment de tensions? Il y a eu plutôt des divergences d’opinion, ce qui est tout à fait normal dans un groupe. Cela peut arriver à n’importe quel groupe. Le plus important c’est de pouvoir se remettre en question, de pouvoir travailler ensemble, de se serrer les coudes, d’être unis, solidaires et d’aller de l’avant.

 

Est-ce qu’il est trop tard pour aller de l’avant et se qualifier pour la CAN 2012 ?

Non à mon avis ce n’est pas trop tard. Il reste encore deux matches, mathématiquement c’est possible et on fera tout. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir, on fera tout pour aller chercher la qualification.

 

Qu’est-ce qui manque actuellement à cette génération pour, comme celle de ses aînés, franchir le premier tour d’une Coupe du monde, imiter le Ghana notamment lors de la dernière Coupe du monde?

Je ne pense pas qu’il manque grand chose. Mais justement, il manque ce truc qui fait que l’on gagne des matches. C’est peut-être la chance, peut-être plus d’assiduité. Ce sera vraiment à nous d’aller chercher ce qu’il nous manque.